TOUT CE QUE VOUS AVEZ TOUJOURS VOULU SAVOIR SUR LE MEDIEVAL*

*Sans jamais oser le demander.

Heureux de vous retrouver.

Cette semaine lebrillant.fr va s’intéresser à « La fête médiévale de Crest », ou plutôt au médiévalisme qui eu cours de 476 à 1492 et premier constat : « La fête médiévale » n’a de sens que parce qu’elle est surplombée, dominée, par la Tour de Crest. Permettez-moi donc, d’évoquer l’histoire de cette Tour.

La Tour de Crest a 900 ans (c’est bête, ni vous ni moi, ni Hervé Mariton fêterons son millénaire). Sa construction débute au XIIème siècle, Au départ elle est un élément majeur d’un imposant château que vont se disputer les comtes de Valentinois et les évèques-comtes de Die. (…) Au XIVème siècle les comtes de Valentinois agrandissent la Tour. Cinq niveau, quinze salles, c’est une véritable sentinelle moyenâgeuse. 32 mètres de long, 20 mètres de large et surtout 52 mètres de haut font de la Tour de Crest le plus haut donjon de France (…). En 1419, le château de Crest devient propriété des rois de France, mais Richelieu fait détruire toutes les forteresses qui ne défendent pas nos frontières. Toutes les forteresses ? Non, le château de Crest conservera sa tour pour la transformer en prison ! On ne s’échappe pas de la Tour, des gens de bonnes familles comme des protestants, des prisonniers de guerre, de droit commun, voir certains détenus politiques… Tout le monde a sa place dans la Tour qu’on surnomme « la Bastille du sud », elle restera une prison jusqu’à Napoléon III (…). On recense quelques tentatives d’évasion, on notera notamment celle de Philippe Rivoire, enfermé dans la Tour depuis douze ans, qui avec deux autres prisonniers, ont tressé une corde avec des draps, après avoir descellé les barreaux de la fenêtre de leur cellule, mais « la corde » est trop courte et Philippe Rivoire se tue après une chute de plus de dix mètres, ses deux compères restèrent désespérément accroché aux draps, suspendus dans le vide, et durent appeler les gardiens avant d’être réincarcérés.

Allez ni photo, ni micro, un article à la mode médiévale, ça vous dit ?

Dimanche 4 juillet de bon matin : Mordiable, il pliou !

Mais nous le savons, la rédaction du brillant.fr est sûre que vous avez tous fait votre tour et vu de nombreux spectacles et ateliers proposés. Des médiévales très riches, pleine de beaux spectacles et de bonne humeur.

Nous en profitons pour saluer la reprise pour les intermittents du spectacle et souhaitons à tous les intervenants et compagnies présentes que cela perdure.

Lebrillant.fr a donc décidé de vous parler des pratiques médiévales qui ne seront pas représentées durant ce week-end à Crest. Le médiéval sale, violent, et croyant.

Et oui, nous allons nous la jouer historique mais avec le sourire… et vous parler des citadins durant cette période moyenâgeuse.

Alors prêts pour les médiévales crasses ? Commençons par l’hygiène au moyen âge.

Au moyen âge, les WC étaient suspendus et réservés à la population citadine. Il s’agissait d’une sorte de cabane qui émergeait des façades des diverses constructions. De petite dimension, cette cabine reposait souvent sur des cordeaux. Individuelles ou collectives, ces guérites offraient le luxe d’un siège pour déféquer avec un système d’évacuation gravitaire.

Des WC dotés d’une ventilation naturelle !

En tombant, les déjections sont « collectées » dans un fossé à même la rue. A défaut d’égouts et de chasse d’eau, c’est l’eau de pluie qui nettoie les excréments. Cela dit nous avons pu lire sur des articles que les plus pauvres avaient déjà mis en place un bac de récupération pour en faire du compost et amender leurs cultures.

Très écolo, mais il paraît que cet écoulement générait une pollution non seulement visuelle mais surtout olfactive. Crest n’était sûrement l’exception à la règle et je vous laisse imaginer…

Ce fut le premier exemple de la représentation d’un moyen âge crasseux. Et c’est pas fini !

Pour se laver le corps, nos ancêtres utilisaient fréquemment un linge humide, c’était la norme. L’immersion totale du corps était plus exceptionnelle. Bon, forcément l’absence d’eau courante compliquait les mesures d’hygiène.

Mais en ville, il existait les bains publics. Très rudimentaires, ces bains étaient toutefois très fréquentés pour d’autres raisons. En effet, à mesure que les bains publics se sont développés, les filles de joie les ont de plus en plus investis.

Ainsi les bains publics devinrent de joyeux endroits dédiés au libertinage ou toutes les franges de la population allaient se laver, manger et « se divertir » .

Et non ! Ce n’était pas très bien vu et les gérants de bains publics se retrouvèrent accusés de trouble à l’ordre public et immoralité.

Ces bains appelés aussi étuves furent également les vecteurs de nombreuses maladies autant sexuellement transmissibles que bactériennes ou virales.

Les deux épidémies qui ont porté un coup fatale à la pratique sont la peste et la syphillis.

Question épidémie, on peut aussi s’y reconnaître maintenant avec la Covid ! D’ailleurs au moyen âge, déjà, et oui ! La théorie du complot faisait son chemin. Ainsi la majorité de la population pensait que la peste était une punition de Dieu. Le vaccin était donc tout trouvé en évitant tous les péchés. J’ajoute que les personnels de santé étaient tous masqués de ces immenses becs d’oiseau contenant diverses herbes (plus aromatiques que prophylactiques mais qui était sensés les protéger de la propagation de cette peste mortifère).

Mortifère ? Oui, car rappelons-le, la peste noire appelée aussi grande peste a tué entre 30 et 50% des européens en cinq ans soit environ 25 millions de morts. (La covid compte quelques dix millions de morts dans le monde en seulement un an et demi).

Aujourd’hui la peste des rongeurs sauvages reste endémique dans plusieurs régions du monde notamment, l’Asie centrale, Afrique, Madagascar…) Elle peut être traitée par antibiotique mais cette peste humaine reste redoutable dans sa forme pulmonaire, qui pour l’anecdote serait déjà d’origine chinoise.

Par analogie, nous pourrions aussi appeler d’autres maladies à fortes morbidité : des pestes. En effet, la peste aviaire qui touche les volailles existe bel et bien, vous en avez sûrement entendu parler avec une autre appellation comme grippe aviaire, H1n1…

Qu’on se rassure, la covid est juste un coronavirus, tout comme la grippe.

Mais revenons à notre week-end médiéval crestois ! Vous ne verrez pas non plus d’arracheurs de dents sur la place publique parsemée de crottin de cheval. Si on ne note pas de découverte médicale importante durant ce millénaire moyenâgeux, on sait que le mal de dents était toutefois « soigné ». Des arracheurs de dents, qui promettaient une extraction sans douleur (d’où l’expression « mentir comme un arracheur de dents »), offraient leurs services sur les places et dans les foires. S’en suivra la mise en place d’enseignement universitaire avec par exemple la création de la première faculté de médecine à Montpellier en 1229, mais la chirurgie restera exclue de ces universités bien que le phénomène chirurgical prenne son essor vers 1268. Des querelles incessantes existaient entre les médecins et les chirurgiens, empêchant la médecine de progresser. Tiens, tiens… Là encore, ça ne vous rappelle rien ?

Cela dit, le moyen âge est une période durant laquelle le poids de la religion est très fort et les institutions religieuses œuvrent dans multiples domaines, les soins, l’éducation… Ainsi dès le milieu du moyen âge, l’église s’est employée à régir le mariage avec l’instauration du sacrement en 1181.

Alors le mariage médiéval, c’était comment? Ce n’est qu’à la fin de l’ère médiévale que les femmes ont pu se marier vers l’âge de 17 ans, avant c’était plutôt entre 12 et 14 ans. Et donc, inutile de préciser que l’obéissance était pour la femme un impératif et que le mari possédait tous les droits sur son épouse. Difficile de savoir vraiment quel était le degré d’intimité d’un couple médiéval. Mais ce que les textes canoniques nous indiquent c’est que la religion avait des positions sur la sexualité et interdisait la femme sur l’homme ou que celui-ci se place derrière sa partenaire. Bien loin du Kama sutra, il était même assuré aux chrétiens que s’ils adoptaient ces positions et copulaient, ils donneraient naissance à des enfants infirmes et contrefaits. D’où l’invention de la ceinture de chasteté pour les femmes et pour, on l’oublie souvent, les adolescents qui voulaient se livrer à l’onanisme

Pour continuer sur cette période de notre histoire, sachez que jusqu’au XIIIème siècle, le droit fiscal ne repose que sur des coutumes orales ignorées de la majorité de la population. Ah que de changements parce qu’aujourd’hui le droit fiscal est partout, pour tout et touche tout le monde ! Mais ne nous y trompons pas, ce manque de droit n’a fait que laisser place à de l’arbitraire et des abus, au moyen âge les habitants étaient soumis à des impôts plus inégalitaires les uns que les autres, en fonction du seigneur sous l’autorité duquel ils étaient. Nous noterons le cens qui est une redevance fixe que le possesseur de terrain payait au seigneur du fief. La taille qui est un impôt qui sert à payer la protection du seigneur, très impopulaire et qui pouvait être levée plusieurs fois par an. A cela s’ajoutent diverses taxes pour se servir du moulin, du four à pain ou du charriage pour transporter les céréales. La gabelle était un autre impôt sur le sel, versé au roi, le sel étant le seul condiment indispensable à la conservation des marchandises. Bon finalement, je vous entends penser trop fort que seules les modalités ont changé, non ?

Cette période nous a laissé de magnifiques sites et ce n’est pas à Crest que nous allons penser le contraire. L’histoire a cette prépondérance à se magnifier avec le temps et à nous faire oublier les formes les plus ostentatoires de sa part craspouille.

Bien sûr, lebrillant.fr vous a proposé aujourd’hui l’antithèse des médiévales que Crest a célébré ce week-end où il faisait bon déambuler dans la ville pour y trouver tout ce que nous ne vous avons pas dit et tout ce que cette époque féodale a de plus beau. Vous avez vu, les costumes sont magnifiques et les animations sont chouettes, un bon divertissement dans une grande logistique et de la grandeur nature sur le site de la tour. Comme vous, nous y avons passé une bonne journée mais pour en profiter comme il se doit, il ne faut toutefois pas oublier sa carte bleue et ne pas se fondre dans le superbe décor en oubliant la réalité du siècle qui se résume en consommation mais avec un grand clin d’œil, nous préciserons que pourtant, à Crest il semble que le lien soit supérieur au cours de l’euro et du dollar.

Mathias Deguelle.

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