TERRASSES À CREST: RETOUR A L’AVIS

J’en avais des fourmis dans le micro. Après plus d’un an de confinement, de déconfinement de couvre-feu et de “découvre-feu”, cette journée du mercredi 19 mai allait être l’opportunité de savoir comment les crestois allaient appréhender la réouverture des terrasses de bar, brasseries et autres restaurants. Je partais donc en balade avec mon assistant Noé vers celles et ceux qui dégustent plein soleil. Et vous savez quoi ? Dans un premier temps, nous avons voulu, lui et moi nous promener sur les bords de Drôme, le bucolique avant le dialogue, mais le dialogue nous a vite rattrapé.

  • Bonjour Alexandre, quelle est votre fonction ici sur les bords de la Drôme ?
  • Je suis encadrant technique pour l’association AIRE, c’est une association d’insertion pour des gens en difficulté qui leur permet de trouver du travail, en fait nous avons une convention avec la municipalité de Crest, et on travaille deux jours par semaine pour la municipalité
  • Qu’est ce que vous faites ce matin ?
  • On est en train de débroussailler les berges de la Drôme, pour que ce soit plus joli et que les gens puissent se promener, déjeuner ou pourquoi pas se baigner. On dégage les rejets d’acacia, et d’autres différents végétaux, et puis on passe un coup de débroussailleuse partout…
  • Est-ce que vous pensez que votre travail va avoir un impact sur le déconfinement ?
  • Ecoutez, si nous pouvons permettre aux personnes de profiter de cet environnement pendant le déconfinement, ce sera une satisfaction pour nous, mais nous n’en sommes qu’au début pour débroussailler l’ensemble des berges nous en avons pour environ 3 semaines.
  • Vous pensez qu’il faut « domestiquer » les berges de Drôme avec l’installation notamment de poubelles, où vous vous dites que c’est la responsabilité des promeneurs qui est en jeu ?
  • Oui, c’est plutôt ça que je préconise, car le problème des poubelles c’est que plus on va en mettre, plus les gens vont laisser leurs détritus, alors qu’en l’absence de poubelle, logiquement, ils ramènent leurs poubelles chez eux. Et puis rester sauvage c’est aussi admettre qu’il ne faut pas mettre trop de tables ou de choses comme ça, les gens aiment bien s’asseoir dans l’herbe aussi.
  • Est-ce que le crestois est écolo-compatible, est-il discipliné ?
  • Moi ça va faire cinq ans que je suis là et je vois une amélioration, les gens respectent plus la nature. En revanche au delà des canettes de bière, de soda et des mégots de cigarette, il y a un autre fléau, c’est les crottes de chien. Ce serait bien que les gens puissent les ramasser, parce que nous quand on passe la débroussailleuse, on ne les voit pas forcément et ça nous éclabousse.
  • CLIC CLAC

Noé et moi décidons de remonter la rive gauche des bords de Drôme, nous nous dirigeons à présent vers le brasseur bien connu des crestois, en face de la passerelle piétonne bleue, le lieu s’appelle « Les Gens sérieux », sérieux nous le sommes, même devant un verre de bière… Hum, hum…

  • Eliott, vous êtes le responsable de ce que l’on pourrait appeler un troquet / brasserie, les cuves nous font face, vous distillez votre propre bière, pourquoi pas de terrasse aujourd’hui, c’est le jour J…
  • Parce que nous on veut aussi pouvoir en profiter, et on va faire la tournée des bars, et on va faire honneur aux voisins, mais nous ouvrons nos terrasses demain jeudi 20.
  • Vous la vivez comment cette réouverture des terrasses ?
  • C’est une libération, c’est une bonne nouvelle, je pense que ça va être comme un mini jour de l’an.
  • En temps que professionnel, vous l’avez vécu comment ce confinement ?
  • On a pas mal de clients qui sont restaurateurs, barmans, donc oui, on a du subir une baisse de notre chiffre d’affaire très significative… J’ajoute qu’on n’a pas pu bénéficier des aides de l’état parce que nous sommes en plein développement, mais pour vous donner un chiffre ce sont 30% de nos clients qui sont des professionnels qui ont des bars ou des restaurants, car nous sommes producteurs et distributeurs.
  • Comment on s’en remet de ces 30% perdus ?
  • On s’en remet pas, c’est un retard de croissance.
  • Ce que vous me dites à mi- mots, c’est qu’il ne fallait pas que la crise dure plus longtemps.
  • Oui, c’est clair. L’été représente la moitié de notre chiffre d’affaire annuel, si on devait fermer cet été ce serait la cata…
  • Les crestois apprécient les bières que vous produisez ?
  • Oui, on a une bonne clientèle locale, les gens savent où on est… Ça va le faire…
  • Puisque la météo nous empêche de faire des bonhommes de neige, nous continuons a faire notre bonhomme de chemin, direction le centre de Crest, Place du Général de Gaulle, les terrasses sont dressées devant l’église, et (pour la rime), nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

  • Bonjour Xavier, bonjour Laetitia, ma première question est simple : quel plaisir vous procure la possibilité d’enfin pouvoir bénéficier du soleil en terrasse ?
  • Laetitia : Le plaisir de revivre, de pouvoir faire les choses dans la normalité.
  • Xavier : Moi je n’aurais qu’un mot : le bonheur retrouvé.
  • Est-ce que pour vous, être assis ici aujourd’hui n’a pas des allures d’acte militant ?
  • Xavier : Moi je pense que oui. Déjà je pense que pour le Covid tout a été manipulé depuis le début, et nous on est des marionnettes, on voit qu’à Wuhan le Covid ils l’avaient depuis 8 ans, et puis il y a des trucs pas cohérents : le Pfizer, le Moderna, j’ai appris que Macron faisait parti du groupe Pfizer, ça fait un peu flipper…
  • Ok, imaginons que vous ayez raison. Ce serait quoi le but final de cette manipulation ?
  • Nous faire peur pour prendre le pouvoir. Avec un QR Code, si aujourd’hui on n’a pas les deux vaccins on ne pourra pas aller en terrasse, il faudra absolument se faire vacciner, alors quelque part les droits de l’homme sont bafoués, la liberté d’expression, de tout, de tout… On n’entend plus parler des gilets jaunes, le droit d’expression n’existe plus, et personne dit rien…
  • Laetitia : Oui, je partage les propos de Xavier, nous sommes des jouets dans les mains de l’état, on nous conditionne on veut nous contenir…
  • Xavier : Oui c’est tout à fait ça, contenir les gens. Les gens qui se seront pas vaccinés ne pourront pas se rendre à l’étranger, le vaccin n’est pas obligatoire, mais le pass sanitaire va l’être, le QR Code va l’être… Alors il y a un gros problème, il faut chercher l’erreur, et l’erreur elle vient du gouvernement, des gouvernements… Et puis Monsieur Macron, je peux dire un gros mot ? Lui c’est un… (censuré NDLR), il faut qu’il dégage, c’est terminé, il a fait assez de mal à la France.
  • Alors c’est quoi l’alternative ? Marine Le Pen ?
  • Xavier : Je pense que oui.
  • Laetitia : Moi je dis oui, Marine Le Pen.
  • Mais pour quelle raison ? Parce que Marine Le Pen elle constate des choses, elle dénonce des choses certes, mais elle propose pas grand chose…
  • Xavier : Mais elle revient aux droits de l’homme. C’est ce que tout doucement on est en train de perdre. On n’a plus de droit . Marine Le Pen va revenir à La Gaule, nous serons comme les gaulois.
  • Celui qui résiste contre l’envahisseur ?
  • C’est ça, tout à fait, et on est bon pour ça, l’histoire l’a prouvé.

Nous en resterons là, chacun son avis….

ENTRACTE SANS PHOTO

  • Je m’appelle Jean-Hugues, et j’avais envie de dire qu’après -avec jeu de mot- « la pression » qu’on nous a mise, c’est agréable d’en boire une.
  • Est-ce que vous vous sentez comme la « Reine de Neiges » : « Libéré, Délivré… » ?
  • Je n’ai pas vu ce film.
  • Moi non plus (rires).
  • RIDEAU.

  • Bonjour je m’appelle Maxime.
  • Maxime parlez nous de votre rôle dans cette cabane rouge qui jouxte les bords de Drôme, une cabane crépière que tous les crestois connaissent… La Roselle…
  • Maxime : Moi je suis issu de Nantes, j’ai une formation de crépier et je suis tombé amoureux du cadre et de la région.
  • Si je résume votre parcours Maxime, vous avez fait trois saisons ici, et la quatrième a été marquée par le Covid.
  • C’est ça. Et si je parle des conséquences il y a eu un manque de visibilité, on ne savait pas trop où aller, le temps était comme suspendu… Il était question de la fermeture des frontières, donc va t-on avoir de la fréquentation cet été ? Car nous avons une clientèle qui vient de l’étranger, les flamands, les Pays-Bas, la Belgique, les années hors-Covid on a eu des canadiens, des australiens…
  • Nous sommes aujourd’hui mercredi, c’est le jour de la réouverture des terrasses, comment le vivez-vous, ce Jour J ?
  • On est super content. Il était plus qu’urgent de revenir à cette vie normale pour tout le monde, parce que dans la vie il n’y a pas que la maladie, il y a aussi vivre… ! Et on ne peut pas passer notre vie planqué entre quatre murs, c’est pas possible.
  • Le Covid vous pose t-il des problème d’embauche ?
  • On est quasiment au complet, mais oui… On va devoir chercher des forces vives, mais nous sommes impactés comme l’ensemble du milieu de la restauration qui est touché par un manque de main d’œuvre, le personnel s’est réorienté pendant la crise, du coup, il va nous falloir chercher dans les « jeunes pousses ». Mais vous savez je tempère mon enthousiasme, on a juste récupéré l’essentiel, on n’a rien gagné dans l’histoire, et vraiment, j’espère que cette fois on est reparti pour de bon, et qu’on va pas encore se faire bouffer des libertés, que ce soit de vivre, de travailler, ou d’exister…

CLIC CLAC

Les terrasses pour le déjeuner font le plein, les gens sont souriants mais quand je leur tends le micro du brillant.fr, le vernis craque.

  • Bonjour je m’appelle Issam. On nous a enfermé pendant combien de temps ? Ils nous ont perturbés pendant combien de temps ? Ils nous ont déboussolé, ils nous ont pas donné de travail. Pourtant nous on est des travailleurs, on est sur les chantier de la SNCF et regardez nous sommes en terrasse, il y a des chanteurs, des buveurs et il y a nous… les travailleurs… Il est où le Covid là ? Il est où le Covid ? Moi depuis que ça a commencé je ne suis jamais tombé malade, on a mis les malades à l’hôpital, et on a laissé les survivants dehors. Voilà, c’est tout pour moi…

CLIC CLAC PAS DE PHOTO

Retour sur nos pas, Noé et moi traversons à nouveau l’inévitable place du Général de Gaulle et notre attention se pose sur deux hommes, José et Xavier, je dégaine mon micro, c’est José qui attaque et parle de Liberté :

  • Je veux dire que le mot « liberté » est démesuré par rapport à ce qu’il désigne, ce n’est qu’un acte de consommation. La liberté c’est quelque chose de politique, de moral, mais ce n’est pas la liberté de choisir des petits pois dans un rayon ou des carottes dans un autre ?
  • Mais vous ne pensez pas que la liberté doit être accolée au libre arbitre ?
  • La liberté aujourd’hui fait partie de l’ultra libéralisme, c’est pas pareil. Faites un peu de philosophie et comme ça vous pourrez distinguer ce qui différencie l’ultra libéralisme du libre-arbitre. La seule liberté que je peux vous concéder c’est d’être un peut moins surveillé par les forces de l’ordre.
  • Selon vous, nous serions donc dans une société sécuritaire, et sécurisée ?
  • Bah évidemment.
  • Xavier : Ca ne ferait pas un an et demi que nous serions dans cette merde si nos dirigeants avaient été cohérents dès le départ.
  • Quelle est la plus grande incohérence de nos dirigeants selon vous ?
  • Nier la maladie et en avoir l’inconnaissance. S’en est suivi des décisions politiques qui n’ont pas été prises parce que dans la mesure où il n’y avait pas de remède, ce n’était pas une réponse de science, c’était une réponse technique face à un virus incontrôlable. C’était des réponses mécaniques. Ca veut dire qu’au 30 janvier on avait des mesure pour fermer les frontières ce qui est fait un an et demi plus tard.
  • Vous prônez l’étanchéité dès l’apparition du virus… ?
  • J’aurais été un dictateur total pendant un mois et demi. Ce que je constate c’est que d’entrée il y a eu soit une absence de cerveau, soit une absence de connaissance, en tous cas une incohérence absolue qui a laissé le virus s’étendre, on n’a pas surveillé les clusters, on n’a pas suivi la cohérence mécanique vu qu’il n’y avait pas de réponses scientifiques.
  • Vous pensez qu’il est contre-nature, ce mariage politiques / scientifiques ?
  • Là en l’occurrence oui. Mettre des scientifiques en première ligne alors qu’ils ne possédaient pas de réponses a amener des décisions mécaniques.
  • Rassurez-moi, vous n’êtes pas de ceux qui complotent et imaginent un but inavoué à cette crise ?
  • Je pense que la connerie dépasse le complotisme.
  • CLIC-CLAC demie-photo puisque Xavier refuse d’être shooté. On respecte.

Décidément, l’ouverture des terrasses n’a pas fini de nous surprendre…

  • Bonjour Eloi, bonjour Anaïs, racontez-nous ce que vous faites ici à Crest parce qu’à l’instar d’Ulysse, vous faites un grand voyage…
  • Alors nous sommes ici à Crest parce que nous avons cassé un rayon de notre tandem, et donc là on profite de l’ouverture des terrasses pour prendre un café, en attendant la réparation de la roue de notre tandem.
  • Anaïs, racontez-nous votre périple, vous venez d’où ?
  • On est partie des Contamine-Montjoie en Haute Savoie, on a fait le tour des amis, on est passé par l’Ain, les Gorges de l’Allier, l’Ardèche et maintenant la Drôme, avant de remonter en Haute-Savoie.
  • Eloi : En fait au début nous ne pensions pas à la réouverture des terrasses, on était posé sur un parking, et en déposant le vélo chez le réparateur, on en a profité, et nous en sommes à deux tournées de chocolat chaud…
  • Anaïs : C’est vrai qu’on y pensait pas trop, on a roulé dans des coins un peu sauvages, mais pour le retour ça va être super agréable de pouvoir faire des pauses et une fois rentrés se mettre à la terrasse d’un bar, c’est chouette.
  • Votre voyage aurait été différent sans le Covid ?
  • Non, pas trop, nous avons dormi une fois à l’hôtel, une fois dans un Airbnb, donc ça n’a pas changé grand chose, une fois on a voulu dormir chez l’habitant, et là ça a peut-être du jouer, sinon hormis le fait qu’il y avait moins de monde sur les routes, ça n’a pas affecté notre périple, c’était plaisant…
  • Anaïs : en fait ici à Crest, c’est le point médian de notre voyage, maintenant on remonte vers le nord, on va retrouver la neige de chez nous. Et c’est vrai qu’on risque de fréquenter les terrasses avec les amis qui vont nous recevoir sur la route du retour, on va fréquenter les bars…
  • CLIC CLAC PHOTO.
  • Tels des chasseurs de moulins, Noé, mon Sancho Pansa et moi dans le rôle de Don Quichotte, décidons de visiter une nouvelle terrasse pour conclure notre promenade. Mais cette fois il s’agissait d’une terrasse cachée aux yeux de la rue, une sorte de patio, nous entrâmes dans la cours du restaurant « L’esprit Gourmand »… Une table de 6 personnes, (les règles sont les règles), a immédiatement attiré notre attention.

  • Bonjour, alors je ne vais pas vous demander de vous présenter les unes et les autres, quoiqu’il y ai un homme et trois femmes, ce que je vais faire en revanche, puisque vous m’avez l’air d’être des collègues de travail, c’est vous demander quelle société ou quel service vous représentez…
  • Nous travaillons pour le centre social de Crest…
  • Ca vous fait quoi de pouvoir déjeuner entre collègues et de pouvoir retrouver la joie des terrasses ?
  • Ca fait du bien, parce qu’on se voit tous les jours au boulot, et là, cette liberté nous permet de nous retrouver et de parler d’autre chose que du boulot…
  • C’est une liberté retrouvée… Alors, de quoi vous parlez ?
  • De tout… Même de foot… !
  • Ah oui, le retour de Benzema !
  • Ah non, là nous étions sur Saint Etienne, Rocheteau 1976…
  • Mon Dieu… ! L’ange vert !Un voyage spacio-temporel !

(Eclats de rires).

« Je nous souhaite de ne plus attendre de nos maîtres qu’ils nous laissent la liberté, et de la prendre nous même. De marcher au soleil, et d’être sur les terrasses quelques soient leurs décisions, quelques soient leurs avis. Le soleil est sur les méchants comme sur les gentils, sur les riches comme sur les pauvres, donc la liberté est pour tout le monde ».

Paroles d’un poète anonyme rencontré au centre ville de Crest.

Mathias DEGUELLE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *