SAOU: NAISSANCE D’UN NOUVEAU « BAR-CULTUREL ».

Bonjour les Brillantes, bonjour les Brillants. Faire des reportages comme lebrillant.fr vous en propose désormais trois fois par semaine, c’est donner la parole aux habitants de la région (le mardi), ce sont des reportages photo (le jeudi), et c’est aussi mettre en avant des initiatives locales qui dynamisent le Val de Drôme. Et puis… il y a parfois l’inattendu. Une porte franchie sans vraiment savoir se qui se cache derrière pour découvrir des hommes de bonne volonté qui sont à l’œuvre pour restaurer et transformer un lieu.

Lors de l’un de nos déplacements à Saou, c’est la curiosité et l’attirance vers des sonorités qui sentaient bon la rénovation qui m’attirèrent vers cet ancien garage à l’entrée de la commune. J’y pénètre donc, je me présente et me voilà en présence d’un lieu qui va bientôt ouvrir ses portes : « Le Gasoline Palace », alors bien sûr, le lieu est en devenir et c’est au beau milieu de travaux de réfections que je me retrouve pour en savoir plus.

Bien que nous ayons un temps d’avance sur l’ouverture du lieu, nous avons pensé que mettre à l’honneur un endroit qui a pour objectif de nous rassembler autour d’un verre, de nous régaler avec de la petite gastronomie locale, et de nous détendre avec l’organisation d’activités culturelles était une façon comme une autre de précipiter la venue de la chaleur des beaux jours.

L’itinéraire est simple : dès que vous entrez dans Saou depuis Crest, vous prenez la première rue à droite, vous faites 300 mètres, et vous êtes devant le futur « Gasoline Palace ».

Rencontres.

  • Bonjour, je m’appelle Bertrand, j’ai 56 ans, je suis donc né en 1965, un très bon cru (rire), et donc je suis nouvellement arrivé à Saou depuis quelques jours, mais, pour tout vous dire, j’ai habité la région il y a une douzaine d’années, j’habitais à Bourdeaux, un village à dix kilomètres d’ici, et là je suis revenu «  sur mes terres », j’allais dire, à l’occasion de ce projet qui se monte, de ce bar qui va ouvrir d’ici le printemps, au mois de mars / avril, et puis donc, pour participer à cette aventure qui est un nouveau lieu de rencontre, de vie culturelle, de concerts, de petite restauration… voilà, mes amis m’ont proposé de prendre part à ce projet, et bien sûr, j’ai accepté…
  • Alors puisque j’imagine que ce futur « Gasoline Palace » ne va pas s’adresser qu’aux saôniens, les habitants de Saou, comment vous résumeriez la philosophie de ce lieu aux propositions multiples ?
  • Alors dans un premier temps bien sûr que les habitants de Saou seront les premiers concernés, parce qu’ils sont là autour de nous en permanence, mais évidemment ça s’ouvre à tous et à toutes. Puisque c’est un endroit très touristique en saison… donc bien sûr, nous sommes appelés à nous développer aussi bien pour les locaux que pour les gens de passage, les vacanciers… donc on souhaite faire un lieu vraiment à l’image des gens qui l’ont créé, c’est à dire plutôt sympathique, un endroit où on a plaisir à se retrouver, un endroit de vie, de rencontre, d’expos, de culture… donc au-delà de simplement boire une bière, d’élargir tout ça, et puis après, l’appétit venant en mangeant, de développer des choses peut-être auxquelles on ne pense pas aujourd’hui et qui vont être appelées à voir le jour dans le futur.

Je m’apprête alors à poser une question dirigée vers l’accueil que la municipalité de Saou a réservé à la création de ce lieu si singulier, mais Bertrand me dirige alors vers l’autre responsable de cette création.

  • Bonjour, je m’appelle Laurent, je viens d’avoir 51 ans, voilà, par rapport à Bertrand je suis un gamin (rire), et c’est tant mieux… ! Alors pour vous répondre, la municipalité de Saou a très bien accueilli notre projet, et a mis tout en place pour qu’on puisse le faire. Il y a eu bien sûr des dossiers qui ont été montés, avec notamment la Communauté de Communes du Val de Drôme, et nous avons reçu un accueil exceptionnel, avec également le Service de Sécurité, et la Mairie, pour l’accessibilité, la mise en place des normes de sécurité etc…
  • Est-ce que l’idée, puis le projet du « Gasoline Palace » vient d’un diagnostic, un constat ? Est-ce que vous vous installez pour combler un manque ?
  • Pas du tout. C’est pas du tout notre fil conducteur. Nous on est plutôt partis sur un coup de cœur, et un coup de tête, une envie de partager des émotions avec les gens. Ce n’est pas du tout un besoin, parce qu’ici à Saou -alors je parle de Saou, parce que je vis à Saou- il y a toujours eu une fibre de fête, d’accueil, donc il y a beaucoup de lieux qui sont déjà installés, et ce n’est pas du tout un besoin qu’a Saou d’avoir un bar en plus, ou un plateau d’événementiel, mais c’est plutôt nous et notre désir de partager des choses avec des gens et de créer un lieu qui nous ressemble et nous rassemble.
  • Dans ce cas… Je vais devoir vous taquiner, mais quelle est alors « votre valeur ajoutée » ?
  • Notre valeur ajoutée ? C’est donner du plaisir en se faisant plaisir… Comme l’a dit très justement Berthie…
  • Berthie c’est Bertrand…
  • C’est ça.
  • Donc c’est le plaisir de créer un lieu à la croisée entre événementiel et ce besoin de partage dans le village, et peut-être d’autres lieux qui n’ont pas la surface que nous possédons, pour faire des événements, travailler en collaboration avec les gens du coin, mais aussi avec les lieux qui accueillent déjà du public, pour leur faire partager notre lieu à nous, afin qu’ils puissent faire des événements ici, s’ils ont besoin de plus de place… voilà, quoi.
  • La place… Vous soulevez là un problème logistique d’importance, parce que souvent mettre la culture en avant, littéralement, ça prend de la place… par nature la culture doit être vue et exposée, comment vous avez pensé cette contrainte ?
  • Ce problème, on y pense tous les jours, là on est en train de mettre en place un lieu dédié à l’événementiel, sur une partie du bâtiment, et par la suite nous allons dégager le hangar qui est à côté pour pouvoir accueillir des spectacles, des expos, de la musique, des artistes, donc c’est un lieu que nous sommes en train de développer. Et déjà, nous avons eu beaucoup de demandes pour des expos… mais nous ne pouvons pas consacrer cette partie du bâtiment pour une seule expo, donc nous allons essayer de mélanger et de faire cohabiter tous types d’événements et surtout nous allons essayer de rester en accord avec ce que nous avons envie de faire.
  • Un lieu multi-culturel à Saou, c’est comme un message lancé à d’autres communes, le petit Saou voudrait-il rivaliser avec Crest la grande ?
  • Pas du tout, pas du tout… ça ne nous a même jamais traversé l’esprit la concurrence, nous c’est plutôt la collaboration. Vraiment, c’est sincère…
  • Ah, il y a Bertrand qui veut prendre la parole…
  • Non, ce que je veux dire c’est que c’est un « plus », tout simplement. Un plus à ce qui existe déjà, faire autre chose, ou différemment, avec l’esprit du lieu, des gens qui l’ont créé… donc, non, notre démarche n’est absolument pas concurrentielle, c’est une proposition supplémentaire pour que les gens aient le plus de choix possible. Derrière notre démarche il n’y a pas cet esprit de concurrence « eux ils ne le font pas, on va le faire… ou : on va faire mieux »… Non, non, on va le faire comme on le sent, le mieux possible, avec notre cœur, et puis ce lieu, nous voulons qu’il ressemble à ceux qui l’ont imaginé, et les trois personnes à l’origine de ce projet : Laurent, Nicolas et Mick, les gens les connaissent ici, et espèrent retrouver tout ce qu’il y a en eux dans le lieu, et ça, j’ai aucun doute là-dessus, c’est une évidence… et rien que pour ça, ça peut marcher, des gens auront plaisir à venir parce qu’ils connaissent les gens qui sont à l’origine de la création du lieu, et ils se doutent bien que le lieu ressemblera aux gens qui l’ont créé, et comme ce sont des gens qu’ils aiment, ils aimeront aussi leur lieu… tout ça paraît d’une fluidité… d’une évidence totale. Ensuite, les choses vont se faire petit à petit, et sans esprit de concurrence… il y a de la place pour tout le monde, avec des idées que les uns n’ont pas forcément, qui peuvent donner à d’autres des idées différentes, c’est une effervescence générale !
  • Donc, j’en déduis que s’il n’y a pas concurrence, il peut y avoir complicité…
  • Bon, moi j’ai un peu de mal à répondre parce que comme je vous l’ai dit, je ne connais pas la région aussi bien que Laurent et mes deux autres amis, mais je pense qu’il peut y avoir une collaboration et un total esprit de rencontre entre nous, tout ça dans un bon esprit qui tend à donner du plaisir aux gens, de la culture, des concerts, de la joie, de la bonne humeur… donc, on ne peut pas se concurrencer sur des domaines comme ça, me semble t-il en tous cas…Voilà, on n’est pas dans des grandes villes, comme Paris, avec des grosses subventions, où il faut se battre pour avoir tel ou tel budget, nous c’est pas du tout l’esprit.
  • Laurent, je reviens vers vous, vous abondez dans le sens des propos de Bertrand ?
  • Ah mais carrément ! C’est tout à fait la philosophie du lieu et oui, on ne veut pas du tout un esprit de concurrence, juste du partage et vous parliez de Crest… Alors nous on n’est pas encore très connus, parce qu’on n’a pas encore ouvert, on n’a pas communiqué sur l’ouverture du lieu, qui s’appelle « Gasoline Palace ». Alors en fait on a fait un brainstorming pour tomber d’accord sur ce nom, et en fait, on voulait qu’il y ait une référence au bâtiment, parce que c’est un ancien garage que l’on rénove, c’est le garage historique de Saou, et donc on l’a racheté là, il y a un an, et donc on voulait qu’il y ait une référence… une référence mécanique, voilà.
  • A vous entendre, et au-delà des vertus culturelles et désaltérantes du lieu, il y a aussi dans votre projet un côté social, est-ce que je me trompe ?
  • Un lieu de rencontre crée forcément du lien entre les gens, même si les gens n’en manquent pas ici, il y a déjà plein de choses ici ou alentours, donc oui, ce sera un lieu supplémentaire qui ira dans ce sens de toutes façons, oui bien sûr, ce sera l’objectif, nous on est là pour que les gens soient bien quand ils viennent ici, qu’ils aient plaisir à venir, à en parler…
  • Donc la principale vertu n’est pas économique ? Vous me le confirmez…
  • Ah, je dirais même que ce n’est pas la vertu du tout première, mes amis ont monté ça pour se faire plaisir, l’idée de monter quelque chose entre amis, et après si la réussite vient, personne n’est contre que les caisses soient pleines, (rire), évidemment que tout le monde en profite, mais on ne fait pas ça pour s’enrichir, surtout pour eux, qui sont à l’origine du projet… ils ont conçu le lieu en commun, un lieu d’amitié, et ils se sont dit « si un jour, il y a moyen de faire un truc ensemble, ce serait très bien… le moment est arrivé il y a quelque temps, quelques mois, quand ils ont racheté l’espace, ils se sont dit « pourquoi pas si… pourquoi pas ça… », et puis c’était parti mais, c’était pas du tout l’idée de casser la baraque, de devenir des entrepreneurs avec une idée de rentabilité, alors bien-sûr l’argent est nécessaire pour faire vivre un lieu, mais ce n’est pas la notion première qui est recherchée… je le répète, c’est vraiment eux… pour se faire plaisir, avec un projet commun entre amis, et après l’aventure « Gasoline Palace » vivra en espérant le mieux, donc plus il y aura de clients, plus nous on sera contents parce que, effectivement, il faut vivre aussi, c’est pas bénévole, évidemment, il faut quand même gagner des sous, c’est une entreprise de toute façon, mais ce n’est pas l’objectif premier, c’est vraiment la notion d’avoir un lieu où les gens pourront venir partager des trucs avec nous, entre eux, et c’est ça vraiment quoi…
  • Et avec tout ça, vous avez prévu une date d’ouverture ?
  • Ah…! (rire).
  • (rire), j’aime beaucoup le silence qui précède votre réponse !
  • Non, il n’y a pas une date dans le calendrier qui a été arrêtée… Ce sera un mardi peut-être… (rire) , non, on ne peut pas pour l’instant vous donner de date précise… On fait tout nous-même, on est dans un esprit de récupération, de transformation, et de modification, avec des créations de meubles, donc voilà, on a beaucoup de travail encore à faire pour que le lieu soit bien pour accueillir du monde, donc pour l’instant on ne peut pas encore donner de date précise, on espère au printemps, voilà ce que je peux dire…
  • Au niveau de la programmation des artistes qui vont venir exposer ici ou se produire sur scène, vous comptez privilégier les artistes locaux ?
  • Oui, bien sûr, nous allons mettre en avant les artistes locaux. Vous savez, c’est assez culturel dans le coin, il y a beaucoup de personnes qui sont des acteurs du quotidien, dans le monde de la culture, et évidemment c’est aussi une plate-forme qui va pouvoir les aider à se présenter, à faire des représentations, et voilà quoi…
  • Laurent, je reviens vers vous, vous êtes face à moi assis dans un fauteuil roulant, vous êtes donc ce qu’on appelle « une personne à mobilité réduite », j’imagine que vous avez pensé aux personnes qui comme vous, sont en fauteuil ?
  • Oui, effectivement, on a mis tout en œuvre pour que ce soit accessible pour toutes les personnes, que ce soit pour tous types de handicaps, oui bien-sûr, c’est important, y compris pour moi, pour y travailler. Tous mes collègues ont été bienveillants, ils ont vérifié qu’à chaque fois, chaque poste qui a été mis en place soit accessible, bon il y a forcément des choses que je ne pourrais pas faire, mais je vais faire au mieux…
  • Parlons gastronomie. Là encore, vous allez privilégier les filières locales ? Laurent… ?
  • Effectivement nous allons développer notre petite gastronomie avec les circuits courts, mais c’est quand même compliqué parce qu’il faut aussi se rendre compte que tous les produits ne sont pas présents dans les villages voisins, et par rapport aux saisons, il faut aussi qu’on prenne en compte ce paramètre là qui est important. On va effectivement faire du circuit court, mais dans la mesure du possible quoi.
  • Votre démarche se situe aussi au niveau de l’écocitoyenneté, et donc d’une économie responsable ?
  • Oui, on va essayer au maximum… parce que ça nous semble nécessaire et maintenant avec ce qu’il se passe dans le monde, sans forcément entrer dans les détails, disons que c’est dans l’air du temps, que ça va dans le sens de l’histoire. Les gens y sont de plus en plus sensibles : de bons produits qui ne viennent pas du bout du monde alors qu’on peut les trouver à côté de chez soi.
  • Ce serait vingt ans, ou trente ans en arrière, on aurait peut-être pas ce discours là, parce que ce n’était pas d’actualité, mais aujourd’hui on est tous vachement sensible à ça, la nature, la pollution, donc oui, autant faire travailler des gens du coin, en fonction, comme le disait Laurent, des saisonnalités, ce qu’on trouve ici en priorité, ce qu’on ne trouve pas ici on ira le chercher ailleurs, mais oui, des bons produits, parce qu’aujourd’hui les gens ont envie de savoir ce qu’ils mangent, ils sont sensibles à ça, ils font attention à eux, à leur santé, encore plus aujourd’hui avec tout ce qu’il s’est passé au niveau sanitaire. Mais vous savez, nous sommes aussi des consommateurs avant tout, donc on se situe au même niveau que tout le monde, donc nous on a aussi envie de se faire du bien, de faire du bien aux autres, et encore une fois, c’est le sens de l’histoire et c’est l’air du temps donc on s’inscrit dans ce courant de mieux manger, de ne pas manger n’importe quoi, et donc faire travailler des gens qui se donnent du mal pour faire de bons produits, et pas de gros groupes, de grosses chaînes, et encore une fois, on est dans une région où les gens sont particulièrement sensibles à cette démarche, donc oui, c’est très important oui.
  • « Le Gasoline Palace » a une capacité de réception de combien de personnes ?
  • 193 personnes exactement, plus les 7 personnes qui vont y travailler. Après, évidemment il y a des normes à respecter, de sécurité, il y a une jauge à respecter, mais oui, on peut accueillir du monde… Et puis avec un peu de chance, au moment de l’ouverture le Covid sera derrière nous, c’est sûr qu’il y a, ne serait-ce qu’un an en arrière, là ce n’était pas la même chose, mais aujourd’hui on a l’air de s’en sortir de cette saloperie, donc tant mieux… on arrive à point nommé, en plus les gens vont retrouver l’appétit des sorties, en pleine liberté, sans masque, sans tous ces machins… (rire), on colle à une espèce d’actualité sanitaire, et c’est bien…
  • Vous pouvez nous dire de quoi la carte du restaurant sera faite ?
  • Il y aura de la petite gastronomie, type tartines, pizzas et donc produits locaux, parce qu’il y a une demande… après, tout n’est pas encore calé au niveau de ce qu’on va proposer, mais voilà, ce n’est pas un restaurant à proprement parler. Bon, nous avons la licence IV, donc on pourra commander une bière, une pizza, à déguster sur place ou à emporter. Voilà… maintenant, ne le prenez pas mal, mais si ça a été un vrai plaisir de discuter avec vous, là on va devoir s’y remettre, on a encore beaucoup de boulot (rire). Mais avant que vous nous quittiez je tiens à remercier toutes les personnes qui nous ont aidés, soit en nous donnant un coup de main, soit en nous prêtant du matériel, c’est une aventure qui ne compte pas seulement quatre personnes, Berthie, Mick, Nico et moi, mais aussi avec tous les gens qui nous entourent.
  • Oui, comme nous le disions, il y a un fort courant de sympathie à l’égard des trois personnes qui sont d’ici donc voilà, il y a vraiment un bon esprit et ça c’est important pour démarrer. Les gens ont hâte de venir et d’avoir un nouveau lieu, même s’ils n’étaient pas en attente, mais le fait d’avoir un nouveau lieu ça créé une sorte d’effervescence, de dynamisme, et donc tout le monde est content !

Donc, et en ces temps où la géopolitique envahit notre vie, je me permets ce mot : il va falloir s’armer… de patience !

Merci à toute l’équipe du futur « Gasoline Palace » à Saou d’avoir interrompu leurs travaux pour répondre à mes questions, et donc… à très bientôt !

Textes et photos : Mathias Deguelle.

Une réflexion sur “SAOU: NAISSANCE D’UN NOUVEAU « BAR-CULTUREL ».

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