QUAND MAYOTTE AMÈNE DU RÊVE AU COEUR DE CREST.

Bonjour les Brillantes, bonjour les Brillants.

Pour introduire cet article, je vous propose de procéder en quatre temps.

1/ Unité de lieu : Mayotte. Océan Indien. Une population estimée entre 350 et 400 000 habitants.  Le 101ème département Français, un archipel au bout du monde, proche de Madagascar qui s’est récemment fait connaître par la visite de Gérald Darmanin, qui voudrait inscrire là-bas le droit du sang et ainsi créer une exception nationale. Il faut dire que Mayotte est ravagé par une délinquance endémique, une immigration venue principalement des Comores qui est hors de contrôle (près de la moitié de la population de Mayotte ne possède pas la nationalité française, mais un tiers des étrangers sont nés sur l’île), et pour finir, en 2017, l’âge moyen des habitants de Mayotte s’élevait à 23 ans.

2/ Unité d’action : Crest. Chapelle des Cordeliers. Pour une exposition « LES LUMIÈRES DE MAYOTTE », d’une artiste habitante de l’île de Mayotte. Une mahoraise.

3/ Unité de temps : L’exposition est à voir depuis le 3 septembre et jusqu’au 2 octobre du mercredi au dimanche, relâche le lundi et mardi.

Enfin, quatrième et dernier temps, l’unité de personne…

  • Bonjour, Maféda est mon nom d’artiste depuis 23 ans, tout simplement parce que ma fille s’appelle Féda, et à Mayotte, on prend le premier prénom de l’enfant et on y accole le préfixe « Ma », pour « Maman » ce qui donne donc Maféda, et ce principe est le même avec le papa, mais là on y ajoute le préfixe « Ba », donc si j’avais été le papa de ma fille Féda, sans doute que je me serais fait appeler « Baféda » (sourire), vous voyez, tout ça tient à peu de chose (rire)… Donc, après avoir gravi les 124 marches qui nous séparent du centre-ville de Crest, vous savez que nous sommes donc ici à la Chapelle des Cordeliers, et moi je viens de Mayotte, donc voilà, de tout ça il résulte un petit métissage entre Mayotte et la France, précisément ici à Crest… Crest comme crest-ation…(sourire). Alors je vous remercie d’avoir situé ma petite île en début d’article, donc oui, l’archipel se trouve entre l’Afrique de l’Est et Madagascar, c’est une île qui a voulu rester française suite à un référendum qui a été un plébiscite en faveur de la métropole, et donc nous sommes le 101ème département français depuis 2011.
  • Quel écrin pour vos peintures ! Je suis entouré de vos toiles, de toutes ces couleurs, et au fond je me pose la question du pourquoi. Pourquoi ce désir de vouloir nous faire partager votre culture mahoraise ?
  • Donc, voici mon parcours : je suis arrivée à Crest parce que ma sœur habite ici depuis trois ans, et à chaque fois que je venais ici en vacances, j’ai adoré… j’ai adoré Crest, donc ensuite ma curiosité d’artiste-peintre m’a amenée à découvrir tous les différents lieux artistiques de la région, et quand j’ai visité la Chapelle des Cordeliers, je suis tombée amoureuse et je me suis dit « Oh, whouaaa… ! Il faut que j’expose ici ! ». J’ai vraiment trouvé que c’est un lieu magique, et même si c’est désacralisé, ça reste pour moi un lieu sacré qui correspond bien avec ma peinture qui parle des esprits. Il y a les esprits des ancêtres de Mayotte qui rejoignent tous les esprits qui restent présents ici, et donc oui, vous parliez d’écrin, et c’est vrai que la réunion de mon travail artistique colle très bien avec cette Chapelle.
  • Vous parlez d’esprit, de spiritualité, or nous sommes dans un lieu chrétien et Mayotte ne compte qu’une faible minorité de chrétiens…
  • C’est vrai, Mayotte et c’est assez surprenant est à 99% musulman, mais c’est au XIIème siècle que la religion est arrivée dans l’île, alors qu’à l’origine il s’agit d’un peuple animiste depuis toujours, donc il en résulte un mélange d’animisme et de religion musulmane qui fait que c’est très tolérant, et qu’il y a des concepts qui se contredisent, mais qui cohabitent ensemble, et le résultat de ce vivre-ensemble est réellement merveilleux.
  • Maféda, vous concernant, il se situe où votre Dieu ?
  • Alors justement, depuis trois ans je suis devenue thérapeute-énergéticienne, et je demande beaucoup de choses à l’univers. Et pour vous avouer un petit secret : dans l’un de mes tableaux, j’ai fait un petit gri-gri pour le montrer en métropole, et donc si je vous dévoile ce petit secret c’est parce que ça a fonctionné, donc oui… je fais beaucoup appel à l’univers pour m’inspirer, pour m’aider, et ça marche très bien. En fait, il s’agit de ce tableau là…
  • Mayotte / Crest… quels sont les points de convergences, les passerelles entre ces deux mondes ?
  • Donc ça fait 27 ans que j’habite et que j’expose à Mayotte. Et là, j’ai eu envie de montrer ce que je faisais ici, en métropole… Vous savez, j’ai vraiment eu le besoin de partager, de faire découvrir les belles lumières de Mayotte… et avec lebrillant.fr, ça colle bien, non ? (rire), parce que parfois, trop souvent, on ne fait que montrer les côtés sombres de cette île, et moi je veux mettre en avant les côtés lumineux de cette île. Et Mayotte, c’est une population très lumineuse, comme à Crest d’ailleurs, parce qu’ici comme à Mayotte, je rencontre des gens qui sont libres dans leur tête, et donc voilà… ma démarche c’est aussi de montrer que partout il y a des gens lumineux, et puis… moi j’adore partager. Vous savez, quand j’expose, il y a ces moments d’échanges, où des personnes différentes se rencontrent et échangent sur des points de vues qui sont universels. Ce que je fais, je le fais loin d’ici, et pourtant ces créations touchent des gens d’ici et je vous promets, ça créé des échanges whouaaa… qui sont vraiment lumineux !
  • Vous me parlez de luminosité, or quand le métropolitain que je suis entends parler de Mayotte, ce n’est que violences et affrontements… Alors pourquoi, vous vous refusez à intégrer le côté sombre de Mayotte dans vos peintures, c’est un peu comme si vous étiez une sorte de peintre-antidote….
  • Ah merci, car c’est justement c’est ce que je veux transmettre. Chaque artiste est différent et il existe ceux qui oui, montrent ce côté sombre que vous évoquez, or moi, et je pense que c’est dans ma nature, j’ai toujours voulu montrer le côté lumineux de mon île, mais vous avez raison… Souvent on m’en fait la remarque « il n’y a jamais de noir dans ta peinture », et bien, c’est vrai… je n’utilisais jamais le noir, sauf dernièrement, j’ai fait des œuvres en noir, mais des toutes petites ! (rire), et ceux qui ont pu les voir ont fait whouaaa… ! C’était magique pour eux, mais vraiment, je ne pense pas que je vais continuer à utiliser beaucoup ce noir (sourire)… Et puis, moi, je suis une artiste, et vous autres les journalistes, vous n’arrêtez pas de le faire : montrer le côté sombre de notre si belle île !
  • C’est une très belle réponse. Maféda, quand vous êtes arrivée dans ce lieu si singulier qu’est la Chapelle des Cordelier, avec ses voutes, son architecture du XIème siècle, vous avez certainement du vous poser la question du dispositif. Quelle toile ? Et où la placer ?
  • Alors j’y ai beaucoup réfléchi… pour vous dire la vérité ça été des nuits blanches, et finalement j’ai compris, et quand j’ai compris je me suis dit whouaaa… Jean-Marie, mon commissaire d’exposition qui m’a épaulé dans cette installation, m’a conseillé de mettre des dates et là j’ai compris pourquoi la temporalité, la chronologie étaient importantes… voilà, mes peintures sont disposées en rapport avec leur date de création, et donc j’ai commencé par « les chatouilleuses »… et ça c’est vraiment une histoire que j’adore…
  • … les chatouilleuses, alors là nous remontons aux années 1960, au moment de la décolonisation, ces femmes avaient décidé que « non, Mayotte devait rester française », et comme elles n’avaient pas d’arme, elles ont littéralement chatouillé les soldats, jusqu’à ce qu’ils disent « c’est bon, c’est bon, laissez-nous tranquilles, on accepte tout ce que vous voulez »… Et cette histoire vraie, je la trouve absolument merveilleuse. Sur ce sujet des livres ont été écrits, je pense notamment à celui qui s’appelle « Les chatouilleuses de la république », un récit qui explique formidablement cette histoire incroyable des chatouilleuses. Voilà, donc je pars des chatouilleuses, mais ensuite je propose une promenade dans le lagon, la mer bien-sûr parce que c’est le deuxième plus grand lagon au monde avec des coraux à couper le souffle, et ensuite il y a le jaguar… Alors là, c’est assez particulier, parce que ça me ramène à Crest. Quand j’étais sûre de faire cette exposition, nous étions alors en mars, je suis revenue à Mayotte et le jaguar m’est apparu… Cette toile je l’ai réalisé d’une seule traite, et aujourd’hui je sais que je l’ai peinte pour me donner cette énergie, cette force de venir ici à Crest, parce que je dois vous l’avouer, au départ, venir à Crest ce n’était pas pour moi si facile que ça…
  • Ce jaguar a été un guide pour vous ?
  • Oui, exactement, vous avez tout compris. C’est lui qui m’a aidée à avoir la force de persévérer, de continuer malgré mes doutes « mais qu’est-ce que tu fais ? Tu es prof d’art plastique à Mayotte, tu es fonctionnaire, il faut rester ici… » et ce jaguar, m’a intimé cette démarche « non, je suis une artiste à plein temps, et je veux, je dois exposer à Crest », et j’ai réussi et j’en suis très fière.
  • Mayotte, je le disais en début d’article a une population très jeune…
  • Absolument, Mayotte c’est le pays des enfants, 60% a moins de 12 ans, donc ce sont des collèges à plus de 1800, voir 2000 élèves, et si j’ai été très contente de faire ce métier, j’ai aujourd’hui envie de peindre, et de faire des ateliers où je vais pouvoir apporter encore plus à tous ces enfants qui viendront me voir, parce que nous allons passer des heures ensemble à produire des œuvres, c’est une initiative que j’ai impulsé depuis deux ans maintenant, à ce propos je ne peux que vous inciter à visiter la page projetdugong… Pour l’anecdote le gong est un animal qui existe encore à Mayotte, mais il n’en resterait plus que cinq ! Et donc oui, pour revenir sur ces ateliers dédiés aux élèves, ce qui est amusant c’est qu’au départ, certains ne voulaient pas trop s’y consacrer, et petit à petit ils se sont pris au jeu et depuis il sont trop enthousiastes et ne cessent de me dire qu’ils veulent revenir peindre avec moi ! Et ça, ça me rend très contente, et je veux continuer à créer avec les enfants.
  • Quand mes yeux opèrent une vision circulaire à 360 degrés sur l’ensemble de vos œuvres présentes ici dans l’enceinte de la Chapelle des Cordeliers, on y voit la palette multicolore de vos œuvres, mais il émerge tout de même la couleur bleu. Le bleu de la mer de Mayotte, le bleu du ciel de Mayotte, mais est-ce que ce bleu symbolise autre chose ?
  • Ah… du coup, vous me faites réfléchir… Il me faudrait prendre du temps pour vous répondre, mais c’est une très bonne question, qu’il va falloir que je creuse parce que c’est vrai que j’utilise beaucoup l’énergie de la couleur, notamment lors de mes ateliers à destination des petits et des grands… Vous savez, je pense que j’avais besoin de ce bleu pour ce qu’il est : entre douceur et force. Si je reviens au jaguar que nous évoquions, il s’agit là d’un bleu très puissant, mais d’ailleurs vous me faites réaliser que les peintures qui sont présentes ici à la Chapelle des Cordeliers, sont plus dans des couleurs chaudes, et elles sont très fortes aussi pour moi, parce que ce sont les mains qui guérissent, les pieds dans la terre de nos ancêtres, cet ancrage dans le sol, pouvoir transmettre depuis Mayotte jusqu’à Crest toute l’énergie que transmettent mes tableaux. L’art est avant tout une histoire de transmission.
  • Vous semblez vouloir dire qu’au-delà de vos toiles, ce sont aussi vos ancêtres que vous amenez ici à Crest ?
  • Mais oui, absolument, puisque ma mère, mes frères et mes sœurs ont habité Crest pendant cinq ans, alors pour moi c’était une période où j’ai connu mes premières amours, donc j’ai fait beaucoup de rencontres… alors, et ça c’est incroyable, le parrain de ma sœur Élise que je n’avais pas vu depuis 45 ans, c’est Jean-Marie, le commissaire de l’exposition !
  • C’est un formidable hasard !
  • Oui, mais je ne crois plus trop aux hasards. Parce quand on écoute attentivement l’univers, ce dernier nous amène tout ce dont nous avons envie, tout ce dont nous avons besoin. Il faut savoir écouter les signes de l’univers, alors soit on les voit… soit on ne les voit pas, et moi je les vois de plus en plus, et du coup tout s’éclaire, tout devient lumineux.
  • Mais Maféda, si l’Homme est une partie intégrante « d’un grand tout », comment vous expliquez la haine et toutes les guerres ?
  • Alors ça, ça m’a toujours posé question. Mais en fait, vous savez, pour qu’il y ait la lumière, il faut qu’il y ait l’ombre, donc il faut accepter l’ombre. Alors, comme tout le monde, j’ouvre les yeux, je me confronte à l’ombre, mais en tant qu’artiste ce n’est pas ce que je veux montrer moi, mais je reste lucide. Parfois c’est difficile, parfois je pleure, parfois je suis en colère par rapport à tout ce qu’il se passe à Mayotte, je suis très triste par rapport à la souffrance des enfants, et c’est justement pour cette raison que je veux montrer et transmettre la lumière. Vous savez, les enfants à Mayotte, ils participent aux ateliers que je leur propose pour exprimer leurs sentiments artistiques, mais je ne suis pas dupe, ils viennent aussi pour oublier la faim qui tenaille leur ventre, alors voilà… pour un instant, ils oublient la faim dans ce département de la France. Et vous voyez, ces ateliers dédiés aux enfants sont aussi conçus avec un accompagnement alimentaire, parce qu’on ne peut créer si on a le ventre vide, et on ne peut vouloir créer sans avoir manger. Si seulement vous pouviez voir leurs yeux quand tous ensemble nous nous rendons dans des « snacks », eux ils ne connaissent pas ce qu’est un snack, et voilà… on fait de la peinture, on va manger, on pratique aussi la méditation, et moi, modestement, je fais mon possible pour leur apporter un peu de lumière.
  • À Crest comme à Mayotte, les enfants qui viennent vous voir ont la même lumière dans les yeux ?
  • Alors, oui ils ont tous la même lumière, mais ils n’ont pas la même souffrance. Les enfants crestois ont de la chance, s’ils voyaient les difficultés à Mayotte, tous ces enfants qui ne mangent pas et qui évidemment ne connaissent pas la pratique de l’art. Mais, moi, ma fierté c’est d’amener de belles choses à tous et partager du plaisir… Et franchement, c’est mieux de faire ça que de faire la guerre, non ? Mais oui, objectivement, à Mayotte, les petits enfants sont très en souffrance, c’est vrai. Et ça, je ne peux, et personne ne peut s’y résoudre. Ces enfants sont tous nos enfants.
  • Maféda, aujourd’hui vous êtes à Crest, les enfants de Mayotte sont restés sur l’île, il vous arrive parfois de vous sentir coupable de les avoir abandonnés ?
  • Oui… je me suis beaucoup posé la question en arrêtant d’être professeur, parce que je sais que je leur amenais du soleil, mais je fais confiance à tous ceux qui sont sur place, et moi je veux leur amener d’autres lumières, donc oui, j’ai le devoir de rester pour tous ces autres enfants, et c’est pour ça que je n’aurais de cesse de revenir à Mayotte.
  • Maféda, j’aurais peut-être dû commencer notre rencontre par cette question : « Vous-même, vous êtes maman, à part Féda je veux dire » ?
  • Oui, je suis maman de deux enfants qui sont actuellement en métropole, et c’est vrai que parfois, je me pose cette question « ais-je l’envie d’exposer pour me rapprocher de mes enfants ? ». Mais eux ils acceptent ma « diaspora », ils la regardent, et vraiment c’est pour moi un immense bonheur qu’ils acceptent mon chemin, oui… c’est beau, au même titre que j’accepte leurs chemins également. Vous savez mes enfants m’apprennent aussi la tolérance, ils sont sains et les parents apprennent beaucoup de leurs enfants.
  • Maféda, vous avez quel âge ?
  • 50 ans.
  • Comment vous imaginez le cordon ombilical qui vous lie à Mayotte ? Il est définitif ?
  • Oui je le crois. J’aurais, j’en suis certaine, ce lien indéfectible avec Mayotte. Même si je pouvais imaginer venir habiter ici en métropole, je conserverais toujours ce lien merveilleux avec Mayotte, d’ailleurs vous savez, j’ai eu l’occasion ici à la Chapelle des Cordeliers de rencontrer des personnes qui ont vécu deux ou trois ans à Mayotte, et tous me rapportaient les moments rares et intenses qu’ils ont vécu sur place, et tous me le disaient, ils sont heureux de retrouver ces moments de bonheur dans mon exposition. Donc puisque cet après-midi nous nous disons tout, c’est mon mari qui est mahorais et quand on nous connait, il me croient plus mahoraise que mon mari (rire), parce que j’aime cette culture, je chante, je danse, je cuisine mahorais, tout ça est dans mon corps.
  • Ce sera ma dernière question. Après votre dernier souffle, vous comptez vous faire enterrer en France ou à Mayotte ?
  • Ah je me suis toujours dit à Mayotte. Mon cœur est à Mayotte.

Pour conclure cette exposition qui est donc visible à la Chapelle des Cordeliers, un site : mafeda.mypixieset.com

Nous avons évoqué Jean-Marie, le très pudique commissaire de l’exposition, et je vous le dis, lui et moi « ça a matché », deux sensibilités, deux sincérités, deux vérités… Donc Jean-Marie, m’invite à grimper au fait de la Chapelle des Cordeliers, je lui emboite le pas, et inévitablement je pense à la chanson de Elli Médeiros « Toi mon toit » quand je vois les Crest-toits…

Enfin, et pour conclure cet article, retenez que Mayotte est à Crest du mercredi au dimanche jusqu’au 2 octobre, avec des ateliers de dessins, des danses, et des repas mahorais, c’est donc à la Chapelle des Cordeliers et qu’enfin, à la demande générale, je vous présente une photo de mon sexe…

Hum, oui c’est promis, j’arrêterais d’être immature, le lendemain de ma mort.

Textes et Photos : Mathias Deguelle.

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