“LE TOUR” DE CREST

Après être né en Seine et Marne et y avoir fait ses preuves, lebrillant.fr tel un Phoenix, a bien l’intention de renaître depuis CREST pour couvrir l’actualité du Val de Drôme. Pari risqué mais qui ne tente rien…

Son responsable éditorial, c’est moi, un drômois revenu aux sources après plus de trente années parisiennes. Grâce ou à cause de la crise sanitaire ou tout simplement parce que ce chemin était écrit? Je pourrais vous parler du bonheur de retrouver ces bords de rivière et pouvoir toucher l’eau sans peur d’être contaminé par un polluant, je préfère aller de l’avant et partager avec vous mes premières impressions après tout ce temps passé ailleurs.

Bien évidemment, il y a l’immuable : cette Tour qui surplombe tous les crestois et les crestoises, défiant les éléments et le temps, et dont mon premier sentiment fut “confus” de questions : “Les habitants ont-ils su eux aussi résister aux aléas d’une modernité qui interroge? Ou, au contraire, sont-ils ancrés dans un passé nostalgique?”

Cela fait donc seulement un trimestre que j’arpente les rues de CREST, que je me balade à nouveau dans le département. Trois mois c’est peu, mais trois mois c’est suffisant pour m’y sentir à nouveau chez moi, pour avoir des impressions, aussi subjectives soient-elles. Tout d’abord pour habiter CREST, pour arpenter CREST, il faut nécessairement avoir de bonnes jambes. CREST est une ville haute et les premières semaines, mes jambes durent réapprendre cet exercice et se faire à cette idée : habiter CREST, ça se mérite, il faut du souffle, du cardio comme on dit en salle de sport. Ouf, ouf… et me voici au pied de la Tour.

La structure est dominante, presque écrasante par ses murs rectilignes, je ressens l’impérieuse nécessité de visiter son corps, comme on entre dans celui de la statue de la Liberté, vaincre mon essoufflement par la pénétration. C’était sans compter sur les mesures restrictives dues au virus, et j’aurais du y penser, impossible de visiter cette dame de pierres. Je redescends vers la ville. Bien sûr, comme partout en France, la vie extérieure est limitée, point de terrasses de café ou de restaurants. Le ciel est d’un bleu céleste, le soleil tape et je ressens le vide que doivent ressentir tous les crestois par ce lien social interdit.

Le samedi, jour de marché, force m’est de le reconnaître, la vie piétonne en centre ville arrive à se substituer aux absences de terrasses. Je déambule entre les étals de fromages, de légumes, de miel ou de nougats, de pains artisanaux…et j’aime ça. Je gonfle mes poumons malgré le port du masque que l’on prétend prophylactique. Je prends conscience que si les bouches et les nez sont dissimulés, il nous reste les oreilles pour entendre le bruissement des voix qui s’entrechoquent, et puis je réalise que si les bouches sont empêchées, les sourires passent aussi par les yeux. Les rues sont submergées, on s’y croise, on double, on se fait doubler, CREST vit, sacrée vie!

Au gré de mes balades, je me suis retrouvé au niveau du pont, près de la future passerelle piétonne. Mon instinct de journaliste me pousse à l’interrogation et je questionne sur ces travaux. Un vieux monsieur me dit qu’il parait que cette passerelle ne sera jamais terminée. Je souris et pousse plus loin la discussion sur la crise sanitaire et ses conséquences. Il m’apprend qu’il existe “un centre de vaccination à CREST, un vaccinodrôme (sic), près de là où les jeunes font de la planche à roulettes”, me précise-t-il. Je comprends qu’il me parle de l’espace Soubeyran près du Skate-parc et je m’y rends.

Tout au long de mon bonhomme de chemin, j’observe, et mon attention est attirée par les personnes que je croise et la multiplicité des “looks”. Bien sûr, je n’ignore pas que “l’habit ne fait pas le moine”, en revanche je pense que les tenues vestimentaires des crestois peuvent parfois définir si ce n’est une abbaye, au moins un état d’esprit général.

Par exemple, les crestois aiment le coton et la laine, ils me font penser qu’au fond, ils préfèrent prier “Saint Plicité”, plutôt que “Saint Hétique”. Et moi, ça me va. Il n’y a pas de bons ou de mauvais poisons, le poison c’est la dose et je me sens ici en terre de modération. Ici la temporalité, le rythme n’est pas celui des parisiens, ici on prend le temps de ne pas regarder l’heure toutes les minutes, de dire bonjour à ceux que l’on croise, ici on prend SON temps.

A mon arrivée près du skate-parc, mes oreilles sont immédiatement en alerte, j’ai toujours aimé le son que produisent les skates sur les lignes convexes et parfois concaves des parcours.

Et me voici au centre de vaccination, la porte est ouverte et j’entre. On y vaccine “à tour de bras”, la “silver génération” comme partout en France mais avec le sourire et dans la bonne humeur, pas de grande file d’attente, une organisation sereine.

Le dimanche, j’ai décidé d’arpenter les bords de Drôme, sous le soleil, loin de l’atmosphère ambiante depuis un an de restrictions. On déambule, on vaque, de petits groupes se forment autour d’un musicien qui joue de la guitare, on y échange avec ou sans masque, alors que le flux de la Drôme semble immuable. Lors des échanges, on me dit qu’il existe plus de 200 associations à CREST, dont la majorité sont en pause, crise sanitaire oblige.

Immédiatement je pense que lebrillant.fr va s’atteler à faire connaissances avec ces associations et avec la vie locale pour en faire des portraits des acteurs de ce superbe territoire, et ces acteurs c’est vous!

Je reviens sur mes pas, à nouveau je contemple la Tour, et je pense déjà aux festivals de musique, celui du jazz notamment… En passant, j’achète la presse locale et je constate que CREST n’est pas qu’une carte postale.

Et je me dis que lebrillant.fr trouvera les mots pour produire une véritable tronche de Drôme, Média local pour penser global, en drômois!

Mathias DEGUELLE

Une réflexion sur ““LE TOUR” DE CREST

  • 2 mai 2021 à 6h43
    Permalien

    Récit captivant et très « brillant »: observations, sensations et humour s’entremêlent et nous entraînent jusqu’au point final. Et nous donne envie de lire la suite…

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *