LE PHOTOGRAM DU BRILLANT: MONTCLAR SUR GERVANNE.

Bonjour les Brillantes, bonjour les Brillants.

Votre site d’info local préféré va s’autoriser un long week-end de trêve et profiter du pont du 15 août. Donc nous avons dû chambouler vos rendez-vous et ça commence aujourd’hui avec ce Photogram en lieu et place du Mégaphone, et puis nous décalons notre rencontre de dimanche prochain qui sera mis en ligne le surlendemain, le mardi 16.

Voilà.

Je ne sais pas si le monde va s’en remettre.

Ce Photogram est consacré aujourd’hui à Montclar-sur-Gervanne. Donc direction Nord-Est depuis Crest. Alors ici, nous sommes dans un « petit » village drômois. Même pas 30 kms carrés, et 181 habitants. Je m’inclus dans ce nombre. Donc 180 habitants qui ont pour Maire Madame Hélène Sylvestre, et là on reste à 180 puisque Madame la Maire est inclue dans ce nombre d’habitants.

Et déjà je m’entraîne mentalement : « Les habitants de Montclar sont les Montclaroises et les Montclarois ». Pas si évident.

Ah, l’altitude. Très important ça, l’altitude. À Montclar, le minimum est 239 mètres, et ça monte jusqu’à 836 mètres. Alors, je n’irais pas jusqu’à dire qu’on doit s’encorder pour escalader Montclar, je n’irais pas jusque-là. Mais à Montclar il se créé une relation très intense entre votre volonté et la douleur ressentie dans vos adducteurs. Heureusement, les grandes douleurs sont muettes.

D’ailleurs Montclar-sur-Gervanne l’est aussi, en deux heures de visite, je n’ai pas croisé âme qui vive.

C’est parti, nous sommes en route vers Montclar, la silencieuse…

Je sens que je chauffe, il fait au moins 1000 degrés. À chacun de mes mouvements, le plastique de la semelle de mes baskets colle et fait des fils sur le repose-pieds de mon scooter.

Bienvenue dans une terre d’introspection (sans rire, j’étais avec mon appareil photo en bandoulière, et j’avais presque l’impression que j’avais le village pour moi tout seul, c’était plutôt plaisant. Et trop bizarre), et là, forcémént, j’ai crié, crié….

Allez. La balade commence. Après avoir fait un rapide repérage des lieux avec mon scooter, j’opte donc pour la marche à pieds.

Et là, je tombe sur cette idée géniale : Installons tous nos boîtes-aux-lettres…

Juste devant La Poste !

N’allez pas croire que j’ironise, non je m’amuse car voyez-vous, j’ai vraiment adoré cette balade et très modestement, je pense qu’avec ce qui suit, vous allez comprendre comment je me suis littéralement « fondu » dans le décor montclarois.

Alors évidemment, ça ne rend pas forcément sur les photos, mais là déjà, je monte. Non, parce que moi, je n’oublie pas. À ce moment, j’ai horriblement chaud, je suis complètement essoufflé, mon corps n’est plus qu’un mètre soixante-douze de douleurs brûlantes, et pour finir, je transpire comme un Canadair !

Mais, que voulez-vous, c’est un tel privilège que de souffrir pour vous, et pouvoir vous offrir ce qu’il y a de mieux : regarder ce qui nous entoure comme si c’était la première, et la dernière fois. Figer le temps, juste pour un instant…

Comme pour appuyer mon propos, je fais un demi-tour sur moi-même et je contemple la vallée qui s’étale à mes pieds et s’offre à mon regard.

Mais, c’est dans la nature de l’homme : vouloir jouir du point culminant. Il allait me falloir me rendre à l’Église Saint André, qui est construite à la cime du village, et qui domine le reste du monde, avec ses presque 180 degrés de paysage à admirer.

Allez, en route mauvaise troupe…

Bon, alors là nous sommes à deux pas de l’église : donc un peu d’histoire. D’abord ce qu’il faut savoir c’est que Montclar… alors attendez… ok, donc fief des dauphins, puis des Mévouillon, vendue aux comtes de valentinois en 1298… Tiens, en 1450, les Papes se retrouvent co-seigneurs avec les Arbalestier, les Grammont et Les Eurres… C’est très intéressant. Ok, ça on passe, ça aussi… Ah, ça, ça nous concerne : un péage est attesté au XVIIIème siècle. On n’a décidément rien inventé. Donc oui, Montclar était une communauté de l’élection de Montélimar, et de Crest, pour former la paroisse du diocèse de Die, avec, vous l’avez compris, l’Église Saint Marcel.

Je referme délicatement la porte derrière-moi, et je contourne l’édifice par derrière.

Et si on se refaisait un p’tit coup de paysages, histoire de stopper à nouveau le temps juste pour un instant.

J’entame ma descente, et frôle le petit cimetière de Montclar, dépositaire d’une histoire que les années ont rendu propice à l’humilité et au respect.

Coup sur coup, je tombe en arrêt devant deux reliques, la première nous ramène inconsciemment à l’actualité dramatique de ces jours.

Et la seconde me ramène elle, aux années 90, à Paris, avec ces petites mosaïques qui reproduisaient les vaisseaux d’un jeu vidéo qui lui remonte à 1978. Donc, oui, trouver ici un « Space Invaders », m’a fait craindre que Montclar ne devienne une nouvelle banlieue parisienne.

Même pas en rêve.

Game over.

Je poursuis ma route et je m’arrête devant ces courbes architecturales que je trouve presque érotiques.

Je quitte Montclar, non sans avoir une pensée pour elle, celle qui coule « sous » le village, et ce n’est pas sans un sourire de soulagement que je constate que malgré un débit qu’on a vu plus intense, La Gervanne coule, et s’écoule. Infiniment (?).

Textes et Photos : Mathias Deguelle.

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