LE PHOTOGRAM DU BRILLANT: LES COMMERÇANTS DU CENTRE DE CREST ONT LA PAROLE.

Bonjour les Brillants, bonjour les Brillantes. On dit souvent que les commerces font « vivre » le centre-ville. Effectivement, on a du mal à s’imaginer un centre-ville sans aucun commerce. Des murs à droite, des murs à gauche et seulement des pas-de-porte pour égayer le regard ? Avouez que l’idée peut sembler un peu tristounette.

Aujourd’hui lebrillant.fr vous convie à une nouvelle balade, avec mon ami et collaborateur Noé Richard-Clément. Nous avons en effet rendu visite à une dizaine de commerces du centre-ville de Crest. Évidemment nous aurions pu faire plus, mais rassurez-vous, il y aura un deuxième volet à cette promenade… il faut dire qu’apparaître sur un média Internet n’emballe pas tout le monde, ensuite qu’inévitablement certains commerces sont fermés, puis il y a aussi le cas des employés qui préfèrent demander l’autorisation à leur patron « qui vient juste de partir », bref… Voici donc une série non-exhaustive, un choix absolument pas rationnel, des quelques commerces qui ont été enchantés de nous accueillir dans le centre-ville de Crest.

Maintenant, je vous explique comment nous avons procédé. Deux photos sont à chaque fois prises : une première photo de la façade de la boutique, une deuxième de la personne qui travaille dans le commerce, et enfin, une courte interview en seulement trois questions, les mêmes pour tous :

  • Présentation de l’employé et présentation de son commerce.
  • Présentation de sa clientèle.
  • Enfin, quelle est la nature des discussions que le commerçant entretient avec ses clients.

Pour commencer, nous décidons de partir de l’ouest et de remonter la rue de l’Hôtel de Ville. Et pour commencer, nous nous arrêtons devant la devanture de cette charmante savonnerie.

Nous entrons.

  • Bonjour, moi c’est Karine, je tiens la boutique « La Savonnerie de La Tour », dans la rue de l’Hôtel de Ville. Moi je fabrique les savons, et je les vends, je vends aussi d’autres produits, et je travaille en circuit-court, c’est-à-dire que tous les ingrédients qui sont dans les savons, n’ont pas fait plus de 500 kilomètres.
  • Pour répondre à votre deuxième question, celle qui concerne la présentation de ma clientèle, son profil… et bien, il n’y en a pas, il y a de tout… j’ai des personnes âgées, parce que les savons sont très hydratants, comme ils ne contiennent que de l’huile d’olive, donc ils sont très intéressés par ce produit, puis il y a « les néo-ruraux », parce qu’ils sont très intéressés par des produits qui sont locaux, avec une démarche de bilan carbone faible, comme je le propose… Voilà, c’est très hétéroclite et ça me convient très bien…
  • Ensuite, il y a votre troisième question… de quoi je parle avec mes clients ? Et bien je parle de tout, c’est ça qui est bien quand on est artisan, les gens sont très très ouverts…On peut parler d’actualité, du Covid, comme il y a eu pendant deux ans, maintenant on parle beaucoup de la guerre en Ukraine par exemple, donc oui, c’est assez varié et très intéressant, très enrichissant parce que justement, j’ai la chance de pouvoir rencontrer des profils très différents, donc les discussions, les échanges sont toujours très constructifs.

Noé et moi sortons de ce petit magasin, transportés par les odeurs de savons qui embaument l’espace. Nous ne marchons pas longtemps et nous pénétrons dans ce nouveau commerce spécialisé dans les sacs, mais aussi les accessoires, les vêtements, et d’autres innombrables surprises.

Un homme nous accueille tout sourire, il accepte d’être photographié et de répondre à nos trois questions…

  • Bonjour je m’appelle Reynald, je tiens le magasin « Cuir N Peaux », depuis quatre ans et demi, je suis donc installé au 45, rue de l’Hôtel de Ville, donc à Crest. Alors moi je suis juste revendeur, je ne suis pas fabricant, parce qu’on me pose souvent la question… donc je vends du sac en cuir, de la bagagerie, des sacs en toile, collection homme, collection femme, parapluies, ceintures…
  • Alors vous m’avez demandé de vous dresser le portrait de ma clientèle… Et bien au risque de vous décevoir, je n’ai pas spécialement de profil type, bon j’ai surtout une clientèle féminine. Ensuite pour l’âge, ça va de quinze ans jusqu’à quatre-vingt, quatre-vingt dix ans.
  • Ensuite je crois que vous vouliez que je vous dise quelles sont les discussions que j’ai avec ma clientèle… c’est bien ça ? Alors ça ne vous étonnera pas, mais c’est vrai que ces derniers temps c’était surtout la Covid… là maintenant c’est la guerre en Ukraine, et puis il y a les élections, mais pour l’instant personne n’en parle. Bon, après, ça va de soi, je ne donne pas mes idées politiques parce que je suis commerçant… Mais pour revenir à l’Ukraine, il se dégage une grosse inquiétude, d’ailleurs on peut le voir dans le centre-ville, il n’y a personne, et je pense que tous les commerçants se plaignent en ce moment, on ne voit personne. Je pense que les gens ont peur, déjà tous les prix augmentent, beaucoup de gens de Crest vont travailler à Romans, à Valence donc le budget essence est multiplié par deux… Après le gaz augmente aussi, donc oui c’est vrai, les gens n’ont peut-être pas envie de se faire plaisir en ce moment, ils veulent attendre un petit peu, pour savoir où on va aller.

Ce qui est vraiment éclairant quand on écoute ce que ces hommes et ces femmes ont à dire, et qu’on dépasse le rapport vendeur-acheteur, on se rend très vite compte, que l’impact des crises les affectent eux-aussi directement, les commerces ne sont jamais à l’abri, loin s’en faut. Allez, Noé et moi continuons notre sympathique porte-à-porte.

A ce moment de notre raid urbain, il nous paressait nécessaire d’allier l’utile à l’agréable, aussi nous avons pénétrer dans un lieu de déshydratation que les crestois connaissent bien.

  • Bonjour, je m’appelle Marc, je suis serveur dans le bar « La Caverne », qui se situe au 12, rue de l’Hôtel de Ville.
  • Alors vous me demandiez de définir la clientèle de « La Caverne »… alors d’abord, est-ce qu’il y a un client type ? Nous on essaie de ne pas avoir qu’une seule catégorie de personnes, mais c’est surtout les habitants du coin, du quartier, qui habitent dans le centre ou le vieux Crest. Mais voilà, ce ne sont pas des gens très fortunés, et qui vivent d’une façon… assez cool.
  • Ensuite, de quoi nous parlent les clients, c’était votre question… ? Bon, forcément c’est l’actualité qui est au centre des discussions, on parle un peu des élections, on parle un peu de la guerre en Ukraine, avec le peuple ukrainien qui est la victime de cette guerre… mais ça dépend ce qu’il se passe, ça peut aussi être des sujets locaux, comme par exemple ce qu’il s’est passé sur le marché du mardi matin, quand il y a eu ces manifestations de ceux qui ne voulaient pas porter le masque, voilà, ça fait partie des sujets dont on parle.

Au fond du bar, un client qui n’a pas perdu une miette de notre échange, s’exclame « heureusement, qu’il y a Yvan Colonna, ça change un peu de sujet… » !

Noé a terminé son sirop d’orgeat, moi mon lait-fraise, nous laissons Marc à ses occupations derrière son comptoir, et nous continuons à remonter cet axe principal qui traverse le centre-ville de Crest, et nous pénétrons dans une pâtisserie dont toutes les sucreries délicatement posées derrière leur vitrine, nous mettent déjà l’eau à la bouche.

Une fois à l’intérieur, nous sommes accueillis par un couple enthousiasmé par notre initiative, et donc, ils acceptent de nous présenter leur travail et de nous parler le leur clientèle.

  • Bonjour, moi c’est Maxime, je suis pâtissier et notre pâtisserie, la pâtisserie Ronget, est située au 8, rue de l’Hôtel de Ville, je suis le gérant, ma femme est la gérante, voilà… on est tous les deux gérants de la pâtisserie, depuis le 11 mai 2021.
  • Alors vous me demandiez de définir le profil de notre clientèle… Alors moi, je vous réponds que ce sont tous des gourmets, et parfois des gourmands… Ils aiment beaucoup la viennoiserie, ça c’est certain, après… oui, c’est une clientèle régulière, et ça nous fait très plaisir.
  • Maintenant, vous vouliez que je vous dise quels sont les échanges que nous avons avec nos clients, alors c’est pas forcément les infos, mais on se rend compte qu’il y a pas mal de personnes qui ont besoin de parler… de parler de leur vie, et je pense qu’ils souffrent pas mal de solitude, ça on a pu le remarquer, surtout chez des personnes qui ont un certain âge, et qui nous parlent simplement de la pluie, du beau temps… après oui, on peut aussi parler de l’actualité, mais c’est un peu morose, donc on essaie de passer à des choses un peu plus joyeuses. Et puis n’oublions pas que nous proposons une grande gamme de desserts au chocolat, et comme tout le monde le sait, le chocolat c’est très bon pour le moral (rire).

Pour Noé et moi, chaque commerce est une étape dans notre progression pédestre, et vraiment, quand le commerçant accepte « notre deal », alors, nous sommes systématiquement reçus comme des princes, les commerçants crestois sont plutôt ravis qu’on leur donne la parole, et qu’on s’intéresse à eux, ce qui provoque des échanges très chaleureux et hyper bienveillants. Tiens, nous nous rapprochons de la place du Général de Gaulle, et donc, nous passons devant l’unique commerce dédié à la photographie. Nous entrons.

  • Bonjour, moi c’est Faïza, nous sommes au 23 rue de l’Hôtel de Ville, c’est un photographe depuis de très très nombreuses années, on fait du tirage, de la numérisation, de l’argentique, on fait aussi tout ce qui est support rigide, tout ce qui est vidéo, transferts en numérique, tout ce qui est diapos, vraiment tout ce qui a trait à la photo pure et dure.
  • Pour ce qui concerne notre clientèle, nous avons un peu de tout, on a aussi bien un jeune qui vient récupérer l’appareil photo de papy et mamie, et qui veut faire de l’argentique, découvrir ce que c’est… Mais on a aussi bien des papys et des mamies qui veulent découvrir le numérique, et qui veulent des photos de leurs petits-enfants à la maison, mais des photographes viennent aussi nous rendre visite pour faire des tirages, des agrandissements pour les vendre, un peu de photos de mariages, des grossesses, des naissances, des agents immobiliers… enfin, vraiment on touche tout un panel de clientèle dans la région.
  • Maintenant, de quoi nous parlons, quand nous ne parlons pas photo ? Et bien il y a une discussion qui revient souvent, c’est la mort des centres-ville… la diminution des petits commerces de proximité, les hausses de tarifs, les ventes sur Internet… depuis la crise de la Covid, on aborde beaucoup ces sujets là, que les gens reviennent enfin dans les petits commerces, pour les faire vivre, parce que quand ils n’auront plus rien, après le prix de l’essence, les kilomètres… donc, oui, beaucoup les sujets d’actualité, le port du masque, la vaccination, et puis là malheureusement, le conflit en Ukraine, mais vraiment ça dépend des clients. Mais la majorité c’est vraiment leur pouvoir d’achat, et revenir aux petits commerces parce qu’ils se rendent bien compte que le centre-ville de Crest, depuis de nombreuses années, il décline.

Noé et moi quittons Faïza, et à nouveau nous nous retrouvons à progresser, je devrais dire « à remonter » l’artère principale de Crest, pour tomber en arrêt devant un commerce qui détonne dans le paysage de Crest, et même dans le paysage drômois, petite visite exotique.

  • Bonjour, je m’appelle Neelu, je viens de l’Inde, et je vends des produits indiens, je suis installé au 10, rue de l’Hôtel de Ville.
  • Alors… Comment je peux vous définir ma clientèle ? Disons que ce sont des clients tranquilles et apaisés. Ma clientèle c’est plutôt des femmes, peut-être que c’est parce que je suis beau (rire)…
  • Maintenant de quoi nous parlons ? Et bien il me parlent d’eux, je leur parle de moi, on partage, parce qu’ils ont des questions sur mon pays d’origine, alors je réponds, mais il y a plein de sujets en fait, il n’y a pas un sujet précis. Mais c’est vrai que très souvent mes clients me parlent de l’Inde, et dans toute la vallée, il y a beaucoup de personnes qui se sont rendus en Inde, et donc nous échangeons des souvenirs, des impressions. Et au niveau spirituel les drômois et les indiens se ressemblent beaucoup vous savez… ils sont magnifiques, tout le monde est magnifique.

Nous laissons l’Inde derrière-nous, et une fois revenus dans la principale rue de Crest, Noé et moi constatons que nous subissons une sorte de jet-lag, certainement dû au décalage horaire, donc pour revenir à notre réalité crestoise, nous décidons d’y aller en douceur. Un petit thé peut-être ?

  • Bonjour je m’appelle Émilie. Bonjour je m’appelle Laurent. Nous travaillons tous les deux à « La théière flottante », rue de La République à Crest. Nous sommes une maison de thé et de café, nous vendons donc du thé, des tisanes, des accessoires autour du thé et un peu d’épicerie japonaise. Nous avons environ une centaine de références de thés différents, avec les tisanes comprises, et puis en café on torréfie sur Crest, et là on a une douzaine de variétés de provenance de différents pays.
  • Notre clientèle est assez variée, majoritairement, c’est plutôt une clientèle féminine, mais on a aussi beaucoup d’hommes qui se passionnent pour des thés un peu pointus, et puis aussi pour le café… ensuite, au niveau de la classe sociale, là encore c’est très varié, on a la chance d’avoir des personnes qui ont peu de moyens, et qui viennent pour chercher des produits de qualité, un conseil, voilà… c’est aussi ce qu’on propose et qu’on ne peut pas trouver ailleurs, dans une petite boutique de centre-ville. Mais notre clientèle va bien au-delà du centre-ville de Crest, il y a des gens des alentours, des gens de passage qui viennent régulièrement parce qu’ils savent qu’ici ils peuvent trouver des produits qu’ils adorent, et qu’ils peuvent emmener chez eux.
  • Alors, de quoi nous parle notre clientèle ? Bon forcément il y a eu beaucoup le Covid, bon en ce moment sur ce sujet c’est un peu plus tranquille… sinon, on parle de pas mal de choses autour de l’écologie, du réchauffement climatique, des emballages pour nos produits, car on essaie de sensibiliser et les clients reviennent pour un très grand nombre avec leurs propres emballages, ou leurs propres boîtes qu’on remplit. Voilà, c’est toujours une démarche intéressante, et on enclenche sur des discussions plus terre-à-terre, si on peut dire… (rire). Voilà, on essaye de faire au mieux pour être écoresponsables.

Ouf… Noé et moi avons récupéré entièrement toutes nos facultés, bon pour les facultés intellectuelles le chemin à parcourir reste encore long, mais pour ce qui est du physique, nous avons ce fameux « deuxième souffle », qui nous amène vers un commerce ludique. Vous allez comprendre.

  • Bonjour, je m’appelle Rémy, je suis le gérant de la SAS « Le Détour », qui est une boutique de jeux de société, au 21, rue Archinard, à Crest. C’est une boutique où on va vendre des jeux de société, des casse-têtes, des puzzles, et des jeux de « war games », pour tous les goûts… Et puis, il m’arrive de « pimper » des jeux pour des clients, en clair, des clients qui achètent des jeux avec des figurines, me les donnent et donc je décore les figurines en les peignant.
  • Alors, vous définir mes clients… Bon déjà dans ma boutique j’ai des jeux à partir de 3 ans, jusqu’à 99 ans, et il n’y a pas vraiment de question de genre dans le jeu de société. Je vais avoir une clientèle très large, que ce soit familiale, ou beaucoup de passionnés, d’ailleurs mes principaux clients sont des passionnés de jeux de société, de jeux de « war games », ou de jeux d’énigmes par exemple.
  • Alors, ça va peut être vous paraître étonnant mais avec mes clients nous parlons beaucoup de l’association, de sa gestion, parce que je suis membre du C.A de Archijeux, qui est juste à côté de ma boutique, et en ce moment on est en train d’élaborer les différents projets pour l’avenir, pour « Archijeux ». En fait, on essaie d’élargir notre vision du côté ludique de Crest, pour pouvoir répondre aux nombreuses demandes de « Archijeux » notamment. En fait, il y a une parfaite interaction entre « Le Détour » et « Archijeux »… pourquoi j’ai installé ma boutique ici ? Parce que justement, je n’étais pas très loin de « Archijeux », l’idée étant de créer une émulsion au niveau du jeu pour les habitants de Crest et des alentours. Et si je peux me permettre une confidence, en ce moment, mon jeu de prédilection ce sera « Oltréé », un jeu créé par Antoine Bauza, qui est un auteur qui habite Valence, c’est un jeu où on va incarner des chevaliers qui vont défendre une forteresse, face aux incursions des barbares, et résoudre les problèmes des villages alentours. C’est un jeu coopératif.

Vous savez quoi… ? Après ces rencontres aussi riches et vraiment si sympathiques, et, j’y reviens, et après tant d’échanges, Noé et moi sentions poindre dans nos estomacs respectifs, l’appel de la faim… Oh, un en-cas suffira… Donc, nous retournons sur nos pas, en quête d’une boulangerie qui saurait satisfaire l’appel de nos ventres respectifs.

  • Bonjour, je m’appelle Sylvie, je travaille pour la boulangerie Chastang Frédéric, rue de l’Hôtel de Ville, alors vous trouverez chez-nous, des viennoiseries, des pâtisseries, et de la sandwicherie. Mais je me dois de vous le dire, notre spécialité c’est la Tropézienne… Mais ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler le secret de sa fabrication ! (rire).
  • Ma clientèle est composée de toutes personnes, très sympathiques dans l’ensemble… Bon, je le dis avec le sourire, mais c’est vrai que des fois, « ça frotte un petit peu », il y a toujours quelque petits ronchons et ronchonnes, mais tout va très bien dans l’ensemble, la grande majorité des personnes qui viennent nous voir est vraiment très gentilles, et avec qui on peut bien discuter… ils sont très biens ! Et ce qui est formidable c’est que nous avons des jeunes, des très jeunes, des ados, des moins jeunes, enfin… on a toutes sortes d’âges dans notre boulangerie-pâtisserie.
  • Alors, et pour répondre à votre dernière question qui concerne les discussions qui sont abordées ici dans la boulangerie, je vous dirais qu’en ce moment, c’est pas compliqué, c’est le Covid, la guerre en Ukraine, les futures élections présidentielles, et puis pour d’autres, tout ça leur passe au-dessus de la tête, alors on parle famille, les enfants, les petits-enfants… Alors évidemment, parfois il y a des problématiques locales qui sont aussi abordées, mais moi j’en fais abstraction, parce que c’est compliqué après, prendre partie quand on est vendeuse, ou commerçante, c’est compliqué, donc on reste à l’écart de tout ça, ça pourrait se retourner contre-nous (rire).

Enfin rassasié, Noé et moi décidons de nous intéresser à la couture ! Ne riez pas, coudre c’est un exercice qui littéralement « rassemble », d’abord des pièces de tissus entre-elles, mais vous allez le lire, la couture rassemble aussi les êtres humains entre-eux.

  • Bonjour, je m’appelle Odette, je suis au 7, rue Maurice Long à Crest, la rue qui monte du Pont Mistral jusqu’à La Tour, je tiens une mercerie à laquelle j’ai associé la vente de laine des Pyrénées, de la bonneterie homme et femme de fabrication française, de la chapellerie également française…
  • Alors pour répondre à votre question sur ma clientèle, évidemment en mercerie j’ai beaucoup de femmes, des femmes d’un certain âge, mais pas forcément d’un âge avancé… vous savez avec la crise du Covid l’année passée, sont arrivées beaucoup de jeunes femmes, de jeunes dames, qui se sont mises à la couture, parce que avec le confinement, elles ont eu du temps, et de fait, elles ont acheté des machines à coudre, et elles cousent, d’ailleurs il y a deux ou trois dames qui depuis donnent des cours de couture dans le coin, et elles sont ravies de ça.
  • Ensuite, vous me demandiez quels sont nos sujets de conversation, hors-couture, si je peux dire… alors il s’agit vraiment d’un lien social, parce que ce sont des dames qui viennent parce qu’elles sont seules, et moi je leur accorde du temps, alors elles me racontent leurs histoires, leurs malheurs, leur vie, il pleut toujours, il pleut trop, quand il ne pleut pas trop il fait soleil, et il fait trop chaud… il fait ci, il fait ça… En même temps, je dirais, alors je ne sais pas si je devrais le dire, mais on fait aussi le bureau d’information, parce que la rue est une rue passagère, et il n’est pas rare qu’on nous demande où est tel commerce, telle rue. Mais c’est plutôt sympa, les personnes viennent là, il y a un petit tabouret, elles s’assoient, elles discutent un moment, les jours de marché surtout… Elles aiment ça, et comme moi, je les reçois le plus chaleureusement possible, elles reviennent (rire).

Nous quittons Odette.

Je remercie Noé de m’avoir accompagné dans ce petit périple très sympathique, et sur le chemin qui me ramène à la maison, je pense à ce que je vous disais en introduction de cet article : « Les commerces font vivre les centres-villes », et bien j’y ajouterai cette lapalissade, les promeneurs du centre-ville font aussi vivre les commerces.

Comme promis, parce que nous n’avons pas visité l’ensemble des commerces du centre-ville de Crest, lebrillant.fr s’engage à mettre en ligne une deuxième partie de ces rencontres avec les commerçants crestois.

Ce que je retiens, bien au-delà du rapport de l’achat et de la vente, c’est la fonction de tous ces commerçants, qui sont toutes et tous des liens, des liens sociaux, des liens humains et de proximité.

Ce qui, vous en conviendrez, est nettement plus chaleureux que de cliquer sur l’icône d’un article, de l’ajouter à votre panier, via un site de vente par Internet.

Le centre-ville de Crest fait vivre Crest, notre rôle à tous est de contribuer à ce que cette vie perdure, encore et encore.

Le centre doit rester le cœur de notre ville.

Texte : Mathias Deguelle. Photos : Noé Richard-Clément.

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