LE PHOTOGRAM DU BRILLANT. CREST: TAGS SUR LA VILLE.

Bonjour les Brillantes, bonjour les Brillants. En introduction à ce Photogram un peu spécial, il nous apparaît utile de préciser qu’ici lebrillant.fr ne se positionne pas. Nous nous sommes juste livrés à un constat factuel : le centre-ville de Crest est littéralement envahi par les tags, et nous allons nous atteler à le prouver avec ce reportage photo. Le postulat de départ est très simple : je suis parti en balade dans Crest, une ballade de deux heures et quinze minutes, une balade qui allait me transformer en chasseur de tags.

2 heures et 15 minutes plus tard, je ne revenais pas bredouille : pas moins de 79 photos de tags photographiés sur 79 murs crestois, soit une moyenne de plus d’un tag toutes les deux minutes de marche ! Des clichés que vous allez pouvoir (re)découvrir maintenant. Par parenthèse, le nombre de 79 n’est pas exhaustif et n’est « que » le résultat de cette promenade.

Avant d’entrer dans cette très discutable galerie de photos, lebrillant.fr a voulu connaître le positionnement de la Mairie de Crest, à cette fin nous avons contacté Monsieur Jean-Pierre Point, l’adjoint aux travaux de la ville, il n’a pas souhaité répondre à nos questions, et il s’en explique par ce court texte qu’il nous a autorisé à reproduire :

  • « Je suis désolé, mais je ne ferai aucun commentaire sur le sujet et il vaut mieux car je risquerai fort d’être terriblement impoli !!! et de choquer les complaisants sur toutes ces « saloperies » qui au nom de la liberté d’expression ou parfois de l’art polluent notre espace et nous prive d’un budget conséquent qui pourrait être employé ailleurs pour le bien des crestois. Nombre de tags ont abîmé des façades ravalées avec subvention de la ville et gros investissement des propriétaires afin d’embellir la ville ».

Bon, c’est clair. Ce qui va sans dire, va tout de même mieux en le disant.

Maintenant soyez les bienvenus dans le monde du tag intra-muros crestois… Considérant le nombre invraisemblable de tags, nous avons pris la décision de vous les présenter par groupes thématisés.

C’est parti…

Premier groupe. Nous allons les appeler les « anti-vax », et force est de le constater : la pandémie du Covid a aussi contaminé les murs de Crest :

On relèvera la note d’humour de ce dernier tag. Autre détail qui n’en est pas un, beaucoup de ces tags ont été rédigés à la craie, donc par définition, ils sont effaçables et disparaissent d’un simple coup d’éponge. CQFD.

Deuxième groupe. Alors bien-sûr, ne connaissant pas l’identité de « l’artiste », je vais le surnommer « Stendhal », ce n’est pas que sa prose puisse rivaliser avec l’auteur de « Le rouge et le noir », mais sa marque de fabrique étant d’utiliser ces deux couleurs…

Ce tagueur lui, il aime les grandes surfaces, ses « poèmes » prennent de la place… entre 6 et 12 mètres carrés !

« Stendhal » est visible partout à Crest… et là, l’aérosol de peinture rend les mots ineffaçables… ou presque.

Troisième groupe, que nous allons baptiser « les politiques », deux camps : les anti-Macron, et, mais ce n’est qu’une hypothèse, les pro-Mélenchon (qu’on reconnaît au petit symbole, le « Phi », la lettre grecque qui est la signature de La France Insoumise).

Enfin, nous arrivons au dernier groupe. Un groupe « fourre-tout », avec tout, et parfois avec n’importe quoi…

Et puis, il y a aussi « ça »…

Et « ça »…

Ou encore « ça »…

Et enfin, « ça »…

« Laissez parler les murs, la dernière presse libre et indépendente (sic) ».

A l’heure où « les murs » sont numériques avec les réseaux sociaux, les blogs, les podcasts, ou la création possible de site internet (suivez mon regard…), les modes d’expression et/ou de contestation ne manquent pas… la bombe de peinture est aujourd’hui un peu ringardisée. Vous ne pensez pas ?

Pour clore cet article lebrillant.fr tenait à ne pas mettre tous les œufs dans le même panier, et bien faire la différence entre ces tags qui submergent le centre-ville de Crest, et l’art du graff qui aujourd’hui a son mur, près du skate-parc, une initiative que l’on doit à Monsieur Boris Transinne, l’adjoint à la jeunesse et à la culture de la Mairie, et là, passez-moi l’expression, mais « ça a tout de même une autre gueule »… !

Quoique sur cette dernière photo, je me demande si les « JAM », les « Jeunes Avec Macron », n’étaient pas à l’œuvre 🙂

Ah, une toute dernière chose… Si la façade de votre maison est taguée, la Mairie de Crest s’engage à nettoyer « gratuitement » votre mur. N’hésitez pas à joindre le 04 75 25 64 75 si éventuellement vous êtes concernés. Mais là encore, je vous invite à réfléchir sur « la gratuité » du nettoyage. Tout a un coût et dans ce cas, il serait plus juste de le dire : c’est de l’argent qui est retiré du collectif pour « réparer » les actes de quelques-uns. Encore une fois, je ne fais que poser la question…

Enfin, un mot sur « la double peine » que représentent tous ces tags, car les nettoyer, et bien… ça laisse des stigmates.

Voilà, je suis très conscient que cet article a pu vous paraître long et répétitif, mais c’est précisément l’effet recherché. Découvrir un tag peut être plaisant, le revoir le lendemain passe encore, mais le re-re-re-re-re-voir tous les jours de la semaine, et du mois… ça finit par être terriblement lassant (euphémisme).

Pour conclure, je vous offre celui-ci, qui m’a bien fait rire…

Au nom du brillant.fr je m’excuse si cet article manquait de fond, mais puisque Victor Hugo prétendait que « la forme, c’est le fond qui remonte à la surface », on peut ici le dire, la surface ce sont les murs de la ville, et cette surface de tous ces murs, c’est aussi notre bien commun.

Texte et Photos : Mathias Deguelle.

Une réflexion sur “LE PHOTOGRAM DU BRILLANT. CREST: TAGS SUR LA VILLE.

  • 3 mars 2022 à 16h45
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    Tout comme les petits bourgeois , les tagueurs sont d’insupportables donneurs de leçons….

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