LE PHOTOGRAM DU BRILLANT – 1.

Bonjour les Brillantes, bonjour les Brillants. C’est un nouveau rendez-vous auquel désormais lebrillant.fr vous convie tous les jeudis. Au regard du succès que vous nous accordez chaque semaine avec nos reportages du dimanche, nous avons décidé d’instituer ce nouveau concept, essentiellement basé sur les images, en l’occurrence des photos légendées, que vous allez pouvoir nous l’espérons, apprécier chaque semaine. Pour cette première, nous vous convions à une promenade dans le vieux Crest au travers de clichés pris dans les rues de la vieille ville. Pourquoi le noir et blanc ? Simplement pour des raisons esthétiques, et puis parce que ce choix nous semble très approprié pour vous montrer combien ces bâtisses, ces rues et ces ruelles s’accordent aussi par leurs contrastes, sans qu’il y ait forcément besoin d’appeler la couleur en renfort. Maintenant, soyez toutes et tous les bienvenus dans cette promenade où la nostalgie s’écrit au présent.

C’est l’hiver crestois, les piétons se font rares, et seuls quelques ombres frissonnantes sillonnent le centre-ville.

A gauche un cœur, à droite, le début d’un escalier. Comme une métaphore de l’amour qui reste la plus belles des ascensions.

Je prends la Place du Général de Gaulle en diagonale, et j’aborde la rue Côte Chaude. A ma droite cette ruelle sans nom, et cette perspective sur ce monument qui se dresse comme une borne, un repère, marquant la fin ou le début de ce voyage pédestre.

Mes déambulations se poursuivent Rue de la Pierre, et ces trois plaques qui indiquent des spécialistes d’une médecine qui n’appartient qu’à Crest et qui le prouvent : Les vieilles pierres savent encore nous faire sourire.

Jacques Dutronc s’interrogeait : « L’aventure est-elle au coin de la rue ? », j’invite le chanteur à se rendre à Crest pour avoir une réponse à sa question, car ici chaque coin de rue est une aventure.

Crest : si loin, cyprès.

J’aborde la Rue des Vieilles Prisons, et la première chose que je vois c’est une porte entrouverte, comme un signe d’espoir, comme un symbole du temps qui passe.

Tiens, quand on parle de prison, les barreaux ne sont pas loin. Mais aujourd’hui la beauté s’affranchit des limites fixées par l’homme, et derrière, comme devant ces barreaux, nous sommes libres de nous attacher à la beauté des choses.

La végétation et la pierre en harmonie. Comme une araignée tisse immuablement sa toile, le lierre est lui aussi un envahisseur pacifique qui offre des pensées aux rêveurs.

Le lavoir est malheureusement à sec, mais reste les vestiges de ce temps où le linge sale était lavé en place publique, grâce notamment à ce « bec de canard » à l’obsolescence absolument pas programmée.

En hiver les arbres perdent leurs feuilles, mais il reste leurs ombres et les maison qui acceptent d’être caressées par elles.

Les hommes sont dans la nature, ils en font partie. Et parfois, la nature et le temps leur font un clin d’œil malicieux qui nous dit : « qui se ressemble s’assemble ».

A Crest, le cyclisme est un sport mural. Pourquoi faire comme les autres ?

On m’avait prévenu : « visite le vieux Crest, cet endroit où la main de l’homme n’a jamais mis le pied », j’ai suivi ce conseil, et si c’était à refaire je signerais des deux mains.

Rue Saint François. Et si tout simplement, le vieux Crest n’était pas le réceptacle d’œuvres d’art qui s’ignorent ?

Je longe la petite Rue du Carcavel et je tombe en arrêt sur cet angle de rue. Nous sommes proches de la Rue Peyrière, et je me sens habité, je me sens ici chez moi.

C’est Federico Garcia Lorca qui affirmait que « Le théâtre c’est la poésie qui sort du livre et qui descend dans la rue », aujourd’hui, je me demande si ce n’est pas juste l’inverse.

Dans son « Antigone », Jean Anouilh disait ceci : « Vous bâtissez des maisons parce que les pierres, elles, durent ». Cette idée me réjoui, et oserais-je le dire, me rassure, les pierres nous succéderont, tout comme elles ont succédé à nos anciens.

Certains ont écrit sur « la tentation de Venise », ils ignorent visiblement ce qu’est de céder à la tentation de Crest, mais il n’est jamais trop tard pour bien faire…

J’y suis, Rue Peyrière. Le secret du vieux Crest réside tout entier dans sa part de mystère. Si on dit que les murs ont des oreilles, assurément les rues ne trahissent jamais leurs histoires. Une rue n’en dira jamais plus que ce qu’elle vous offre à voir.

Un vieux crestois se promène, et me fait penser à cette phrase de l’écrivain Franz Kafka : « Le bonheur supprime la vieillesse ».

Voilà, c’est la fin de notre promenade. Merci d’en avoir été les spectateurs, et merci de faire vivre lebrillant.fr par vos connexions de plus en plus nombreuses. Nous sommes extrêmement touchés, et continuons à rester d’insatiables curieux, parce que si c’est « un vilain défaut », alors oui, ce défaut nous possède… mais ce n’est peut-être pas le seul !

Textes et photos : Mathias Deguelle.

Une réflexion sur “LE PHOTOGRAM DU BRILLANT – 1.

  • 30 janvier 2022 à 14h02
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    J’aime bien ce regard aiguisé et malicieux du promeneur qui prend son temps…. je parle du photographe pas du promeneur de la dernière photo… quoique…

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