LE MÉGAPHONE DU BRILLANT: PIÉGROS LA CLASTRE.

Bonjour les Brillantes, bonjour les Brillants. Nous allons ici (provisoirement?) clore notre série de reportages consacrés à la commune de Piégros la Clastre. Après notre Photogram notamment consacré au château de Piégros, après avoir rencontré un spécialiste de la maïeusthésie installé au sein du village, nous terminons notre visite avec les habitants eux-mêmes. Alors il est honnête de le dire, quand Noé et moi sommes arrivés au sein même de la commune, c’était un peu le calme plat. Nous sommes en période de vacances scolaires, les habitants travaillent et il est vrai que sur une commune d’environ 800 habitants, en hiver, les rencontres sont rares et on le comprend. Mais vouloir rencontrer, vouloir échanger est aussi une histoire de disponibilité et de patience.

Au final, nous avons rencontré quatre clastrois, quatre résidents aux profils variés, et, bien qu’ils ne représentent que les sentiments qui sont leurs, ont tout de même réussi à entrevoir une partie de l’état d’esprit de la commune.

Soyez les bienvenus, à présent donc, donnons la parole aux clastrois…

  • Bonjour, je m’appelle Mickaël, je suis chef-cuisinier au bistrot « Le Solaure », à Piégros la Clastre. Ça fait environ onze ans que je suis dans le village. Donc, je suis arrivé un peu par hasard pour rejoindre une petite association de village à l’origine, qui faisait un peu d’animation, qui faisait revivre le village à l’époque où il était un petit peu mort. Et depuis que j’habite ici, le bar-restaurant a été repris par un premier propriétaire, donc ça a relancé un peu la vie, puis il y a eu un deuxième propriétaire, et puis me voici… le troisième ! Et en fait ce lieu, c’est bien-sûr un bar, mais c’est aussi un lieu où se passe la vie associative du village.
  • Votre arrivée remonte donc à 2011, mais quelle a été votre vie avant votre venue ici à Piégros la Clastre ?
  • En deux mots, moi je suis un ancien banlieusard, plutôt dans l’Essonne et la Seine-et-Marne, du coup je suis parti à l’âge de 30 ans, et donc je me suis installé dans la Drôme depuis 22 ans, sachant qu’avant j’étais éducateur spécialisé et j’ai changé de métier depuis cinq, six ans…
  • Dites-moi, c’est deux salles, deux ambiances… ! Entre être éducateur face à des enfants à problèmes et être ici face à vos clients de Piégros…
  • (Rire), mais ici aussi, mes clients sont « à problème ! »… Non, je plaisante, mais il y a toujours ce lien social de discussion, les gens attendent de pouvoir discuter dans un bar, puis ici je m’occupe plus de leurs ventres que de leurs têtes, et c’est plutôt agréable. Quand on mange bien, en général, on est bien dans sa tête aussi, donc il y a toujours un lien…
  • Vous avez mis combien de temps pour être un véritable clastrois accepté par tous ?
  • Ah mais ça c’est pas fini… Pour être vraiment accepté dans un village, il faudrait que je sois né d’un parent né à Piégros, voilà… donc non, je suis accepté par les gens, mais je ne serais jamais quelqu’un du coin…Nooon, il faudrait plusieurs générations là…
  • Ceci malgré votre statut de restaurateur qui par définition est un métier de rencontre et de lien avec vos clients qui eux, sont aussi des natifs ?
  • Oui, mais pour certains je ne suis pas d’ici, donc ils ne viendront jamais dans le bar… mais tout de même, j’ai la chance de côtoyer toutes les tranches d’âges du village. En fait, ce sont beaucoup de gens qui sont du village mais qui ont travaillé en dehors du village… c’est plutôt ceux-là qui viennent, ceux qui ont connu autre chose que leur village. Et après j’ai les premiers arrivants, les deuxièmes arrivants, les troisièmes générations, les quatrièmes générations… voilà, avec des envies complètement différentes, les premiers qui sont arrivés ici, un peu comme moi et comme ceux d’avant, c’était plus pour faire vivre le village, et du coup amener un peu de richesse au coin. Mais les derniers arrivants ce n’est pas pareil, eux ils arrivent pour apporter leur vision du monde à un village, et c’est un peu plus… la relation est un peu moins évidente.
  • Vous me décrivez une opposition entre « les anciens » et « les modernes » ?
  • Pour les derniers arrivés, ils ne sont pas « les modernes », c’est plutôt un peu plus… des donneurs de leçons qui oublient comment on peut vivre dans le coin. Et avant de traiter l’agriculteur de pollueur, il faudrait plutôt voir comment il travaille… Voilà, donneur de leçon, parce qu’ils viennent de la ville, et ils ne savent pas comment ça se passe à la campagne. La génération d’avant ce n’était pas ça… pourtant ils venaient aussi de la ville, mais ça a changé, ça a évolué… là, on est dans un côté un peu « bobo » qui débarquent, et qui vraiment… bon, déjà, ils ont les moyens, et donc du coup, les prix augmentent, des boutiques qui leur sont spécialement dédiées ouvrent, voilà… la dynamique est un peu différente, ils ont plus de mal à se faire accepter, parce qu’ils ne sont pas assez humbles je pense.
  • Votre bistro s’appelle « Le Solaure », c’est quoi la signification ?
  • Ça vient du diois, et pour certains du village, on dit « le vent du Solaure », parce qu’il vient de là, du côté est.
  • Ok, merci. Je me coucherais moins idiot ce soir. Je reviens au village et à sa vie dont vous êtes partie prenante, et à vous croire, sans toutes ces nouvelles arrivées, sans ces présences extérieures, finalement le village était condamné à mourir petit à petit… Comme un déclin inéluctable.
  • Alors le déclin il était avant les nouveaux venus, parce que les enfants du village allaient ailleurs, et donc du coup il manquait de repeuplement, tout simplement. Et donc ces arrivées, et ce nouveau dynamisme a permis à Piégros d’avoir son école, son gymnase, et là tout le monde est content, les personnes âgées sont assez contentes aussi… mais, c’est sûr, ça provoque des changements, et pour certains c’est dur d’accepter ça.
  • Michaël, si vous deviez noter le « bien-vivre » à Piégros la Clastre ?
  • Ah, alors, sans hésiter je donne 8 sur 10 !

Il est dit sur le petit panneau que l’eau de la fontaine est réservée aux chevaux. N’ayant jamais gagné au tiercé, je goûte…

Je hennis, fais une ruade et je repars… au trot.

Dès lors, je commence un sorte d’errance contemplative, les rues sont vides, il faut dire que la météo ne favorise pas la promenade. Il fait froid et humide, et à dire vrai, j’ai vécu un petit moment de découragement… mais Sainte Rita qui protège les causes perdues a dû entendre mes supplications : j’aperçois une silhouette au loin, je n’hésite pas, je me mets à courir pour « aller au contact », je me présente, et… il accepte le jeu du questions/réponses…

  • Bonjour, je m’appelle Stéphane, j’habite à Piégros depuis maintenant 14 ans. Je suis arrivé là parce que j’ai trouvé une maison à rénover, et c’est ce qui m’a poussé à venir à Piégros, puis ensuite il y a eu les gens du village qui sont arrivés petit à petit, les jeunes, puis les anciens… Ensuite l’école a été rénovée, donc mes enfants ont pu y être scolarisés. Donc voilà, une vie nouvelle avec maison à rénover, et enfants à éduquer, puis après… la vie qui suit son cours… Avec ce village qui s’est encore amélioré au niveau du collectif, donc avec un petit marché le vendredi soir, « Le Solaure » qui a été repris par Micka et Sabine, donc oui, une belle dynamique de village.
  • Je reviens à cette maison que vous avez retapée, vous avez fait les travaux tout seul, ou vous vous êtes fait aider par les locaux ?
  • Alors, j’étais un peu dans le projet de la faire tout seul, mais maintenant, si c’était à refaire, je le ferais plus en collectif. Parce qu’à l’origine on est arrivés seuls dans le village, et sans trop connaître de monde, donc maintenant se serait différent, ce serait plus en collectif qu’en solo.
  • Si je vous comprends bien, il a fallu un temps d’apprivoisement, entre vous et les gens qui sont natifs du village ?
  • Oui, le début a été plutôt difficile, parce qu’on arrive dans un petit village, où tous les gens se connaissent, et sont là depuis 20, 30, 40 ou même 100 ans, donc on est un peu « l’estranger », et puis au fur et à mesure on fait son petit nid, et les nouveaux arrivants aidant, ça permet de se faire un nouveau cocon, un nouveau collectif qui s’est créé, et les natifs se sont mis plus ou moins dans ce collectif, mais c’est vrai qu’il est composé essentiellement par des gens qui se connaissent depuis disons cinq ou dix ans.
  • Quelle est votre analyse sur ce phénomène majeur : le constat que désormais le dynamisme des communes drômoises, on le doit surtout à ces nouveaux arrivants ? Est-ce qu’il peut y avoir des conséquences sur la philosophie et l’authenticité de ces communes ?
  • En fait c’est une évolution qui est une mixité qui se fait entre ceux du terroir finalement, et ceux qui ne sont pas forcément de la Drôme, et finalement, c’est assez riche parce que le mélange se fait assez naturellement… Alors, pas au début, mais avec le temps ça se fait obligatoirement, parce que les gens apprennent à se connaître mieux, et ils ont moins peur des « non-territoriaux », des « non-locaux », ensuite s’en est suivi une vraie dynamique depuis… disons, cinq ans à peu près. Avec des gens qui viennent de partout, qui viennent s’installer à Piégros.
  • C’est quoi votre job ?
  • Moi, je travaille dans la rénovation des maisons, en thermique. Je rénove des maisons, de façon globale, je suis formateur, et je suis des groupements d’artisans qui vont rénover des maisons, dans toute la Drôme, dans toute la France. Et on les pousse, pour qu’ils travaillent ensemble, afin de donner « clef en main » des maisons rénovées à des clients potentiels.
  • Vous vous tenez au courant de ce que fait la municipalité de Piégros ?
  • Oui, j’ai un collègue qui travaille à la Mairie, donc oui, je suis ce que fait la Mairie. Bon, de loin ou de près, ça dépend de ses décisions, et des différents dossiers, et j’ai vraiment l’impression qu’entre les gens du village et la municipalité ça se passe vraiment bien…
  • Stéphane, si vous deviez noter le « bien-vivre » à Piégros, vous mettriez quelle note au village, de 0 à 10 ?
  • Oh, je mettrais 8 sur 10 !

Et me voici à nouveau en quête de clastrois à interroger… je passe une rue, puis deux… rien, ni personne. Puis, au moment où, un peu désabusé, je m’apprêtais à revenir sur mes pas, j’aperçois un homme qui marche avec ses enfants, je lui demande s’il est disposé à me répondre, il me répond par l’affirmative, et laisse ses enfants rentrer à la maison.

  • Bonjour, je m’appelle Job, habitant au centre du village de Piégros, et ça fait maintenant neuf ans qu’on est au centre du village, à y vivre… voilà, on est arrivés quand les enfants étaient tout petits, et le deuxième n’était pas encore né, ils vont à l’école du village, le plus grand est au collège… Et on s’y plaît, ici !
  • Quelle a été votre motivation, vos raisons, ou pourquoi pas votre coup de cœur qui vous a poussé à vous installer ici à Piégros ?
  • Avant d’arriver à Piégros on était à Chabeuil, et moi mon boulot était à Aouste sur Sye, du coup ça commençait à faire un peu loin… Puis Chabeuil, on était en provenance de Paris, c’était une installation temporaire là-bas, en attendant d’acheter dans la Drôme, et le boulot étant à Aouste, on a regardé un peu ici, et on est tombé sur une annonce de la maison dans laquelle on vit encore, on a été séduits… et qu’est-ce qui nous avait marqué à Piégros à l’époque ? On était venus faire un tour avec ma compagne, et c’était le fait de voir notamment beaucoup de jeux d’enfant, des vélos, des petites voitures en plastiques, devant les maisons… alors, on s’est dit « c’est un village assez jeune, c’est pas un vieux village tout mort de personnes âgées, ou autre, ou un lieu de résidences dortoires », et ça, ça nous a plût, après quand on est arrivé, il y avait le bistrot qui nous a permis de rencontrer des gens assez vite, et j’ai tendance à dire qu’en trois mois, à Piégros, on avait rencontré plus de monde qu’en trois ans à Chabeuil.
  • Bravo ! Vous êtes devenu clastrois en seulement trois mois ? Félicitations !
  • Non, j’en sais rien… Je n’avais pas l’identité du village, en tous cas on a rencontré des gens rapidement, et ça c’était fort appréciable.
  • Vous comprenez ce que je veux signifier quand je vous dis qu’on a l’impression ici d’être dans un « village-refuge » ?
  • Non, chaque lieu en France peut représenter un lieu de vie, où on fait vivre l’endroit dans lequel on est inscrit, et en ce sens Piégros la Clastre en est un, et je considère qu’on peut avoir des affaires citoyennes et politiques, quelque soit la taille du village, donc ça, pas du tout, mais après si on ramène la cité aux grandes villes, aux agglomérations, aux centres politiques nationaux et tout, ça évidemment… et même au niveau de la diversité culturelle, ça se sont des choses qu’il n’y a pas par rapport à Paris où j’étais avant, mais pour autant, je ne me sens ni isolé ni reculé.
  • Vous vous être intégré dans la vie municipale ?
  • Pas au niveau du conseil municipal, bien que j’ai participé à certains d’entre-eux en temps que spectateur, pour savoir un peu de quoi il retournait, comment ça se passait, les sujets qui étaient discutés, délibérés et ainsi de suite, et après fut un temps où nous avions créé un petit collectif citoyen, au sein du village, justement pour essayer d’être un peu plus acteurs de la vie politique locale, la politique dans le bon sens du terme.
  • Mais pour ce qui concerne le quotidien, ce n’est pas à Piégros que vous faites vos courses par exemple…
  • C’est vrai. Enfin, il y a le bistrot qui a une toute petite épicerie, mais ce n’est pas ici qu’on fait nos courses, on va à Mirabel, au « Petit Relais », et c’est Crest qui est à 10 minutes en voiture à peine, avec les magasins bios, ou Intermarché, La Plaine, L’Étincelle, Bio-Monde et tout…
  • Donc vous semblez dire que vous avez trouvez le juste compromis, c’est ça ?
  • Oui oui, carrément. Pour nous c’est vraiment bien.
  • Si vous deviez noter l’ensemble de la commune de Piégros la Clastre, vous lui accorderiez quelle note de 0 à 10 ?
  • Alors je ne vais pas lui en donner une trop bonne, parce que ça risque de faire venir encore plus les gens, (rire), et dans la Drôme on est déjà beaucoup à venir, et le prix des maisons monte de plus en plus… Tous les copains qui sont en location, ils ont du mal parce que c’est vraiment trop cher… Non, mais honnêtement je n’en sais rien… Allez, je vais dire 8 sur 10.

Je quitte Job, et décide de m’éloigner du centre du village, j’emprunte donc la rue qui longe « Le Solaure », et je marche un petit bout de temps, quand je tombe nez-à-nez sur un homme qui visiblement laisse son jeune enfant à une personne que j’identifie comme sa maman. J’attends la fin de l’installation du siège-bébé dans la voiture et le départ de cette dernière et puis je fonds vers l’homme qui accepte gentiment de répondre à mes questions.

  • Bonjour, je m’appelle Loïc, je suis le glacier de Piégros. En effet je suis artisan glacier, c’est dans ce petit local que vous voyez juste derrière moi que je fabrique mes glaces, et donc ça fait deux ans que je suis à Piégros. Moi je suis originaire de Bourdeaux à la base, juste de l’autre côté de la forêt de Saou et là vous venez de voir ma maman qui vient de prendre notre fille pour l’amener à Bourdeaux… Alors je disais que ça fait deux ans que je me suis installé à Piégros, mais originairement mon arrière-grand-père était de Piégros, du quartier Louvigne, qui est un quartier situé sur la route du Pas de Lauzun, au-dessus du Château de Piégros, sur le col qui sépare le Château de Piégros du Pas de Lauzun, voilà… ma famille, historiquement venait de là, donc ça fait trois générations : mon arrière-grand-père s’est acoquiné avec une fille qui habitait dans la forêt de Saou, et une fois qu’ils se sont mariés, ils sont partis habiter de l’autre côté de la forêt, à Soyans, puis à Bourdeaux… Voilà, on revient aux sources en repassant du côté nord de la forêt.
  • Je reviens à votre métier… j’arrive ici en plein mois de février, or le glacier il travaille six mois par an, comment vous faites pour vous en sortir ?
  • Oui, c’est ça, le glacier il travaille effectivement six mois par ans… c’est pour ça comme vous pouvez le voir, qu’aujourd’hui c’est « journée travaux », donc là, je fais l’aménagement du devant de la glacerie aujourd’hui.
  • Ah d’accord, ainsi vous comptez installer une sorte de comptoir ?
  • Non, ici il n’y aura pas de boutique, là c’est uniquement le laboratoire de fabrication, je fabrique des pots que vous trouvez dans toutes les épiceries de la Vallée de la Drôme, c’est le glacier-sorbets Merlin. Nous sommes aussi à Crest puisque vous venez de Crest… Alors moi je fabrique des glaces, uniquement, je ne les vends pas, en revanche je les distribue dans les réseaux d’épiceries, mais il se trouve que quand même les habitants de Piégros, ils avaient bien envie de venir acheter des glaces directement, donc le mercredi de 17 à 19 heures, je leur vends à la fenêtre… vous voyez, il y a deux marches pour accéder au laboratoire, donc moi je continue de travailler, mais quand ils veulent des glaces le mercredi soir, je me mets sur pause et je les sers.
  • Loïc, comment les habitants de Piégros la Clastre ont réagit quand ils vous ont vu arriver vous et votre projet ?
  • Ben super bien… parce que les gens ici, ils sont super sympas, il y a vraiment une ambiance de petit village super agréable, et même l’équipe municipale, la Mairie a bien soutenu le projet, ils ont validé l’autorisation d’urbanisme, parce qu’au départ nous étions sur un bâtiment à usage agricole, et il fallait le transformer en usage artisanal, et il y a eu aucun problème, ça c’est super bien passé quoi.
  • Loïc est-ce qu’en temps que glacier vous êtes aussi créateur de nouvelles saveurs ? Il vous arrive de tester comme le ferait un alchimiste ?
  • Alors l’année dernière c’était la première année où je me lançais à mon compte, en 2021, et du coup je suis parti sur les dix grands parfums classiques : vanille, chocolat, café, caramel, pistache, caramel-beurre salé, noisette, framboise, citron, mangue et passion, donc ça ce sont les grands classiques de l’année dernière. Mais cette année, je lance six nouveaux parfums qui sont beaucoup plus gourmand cette fois… Parce que moi j’aime beaucoup tous ces parfums gourmands, avec des morceaux dedans, des coulis… sauf que ces parfums là, on les trouve toujours en industriel, mais pas en artisanal.
  • Quel regard vous posez sur des marques comme Häagen-Dasz ou Ben & Jerry’s ?
  • Alors moi j’adore ça (rire), et justement en fait, moi j’adore ces trucs là, et les glaciers artisanaux, quand ils sortent des parfums classiques, ils vont chercher par exemple des parfums qui sortent de l’ordinaire avec des alliances fruits-plantes, on va avoir abricot-romarin, des trucs comme ça… et moi j’aime bien les deux marques que vous venez de citer, et donc justement, ces six nouveaux parfums dont je vous parlais, que je lance cette année, ce sont six parfums inspirés de Häagen-Dasz ou de Ben & Jerry’s, que je fais moi de manière artisanale avec uniquement de très bons produits. Par exemple le grand classique de Ben & Jerry’s, celui qui l’a fait connaître dans le monde entier s’appelle « Cookie Dough », donc c’est un peu bizarre sur le papier : c’est une glace vanille avec du sucre roux, et dedans il y a des petits morceaux de pâte à cookie et des petits morceaux de chocolat… et ça on ne le trouve qu’en industriel, et moi je le réinvente en artisanal, en bio, donc je fais moi-même ma pâte à cookie, je fais moi-même ma glace vanille, et j’incorpore les morceaux dans la crème glacée. Autre exemple, Häagen-Dasz, leur parfum phare c’est vanille-noix de pécan, donc moi cette année je lance mon vanille-noix de pécan artisanal, où je caramélise mes noix de pécan à la casserole, et je les mets dans une bonne glace vanille bio.
  • L’investissement le plus coûteux je l’imagine c’est le matériel et particulièrement tout ce qui touche à la réfrigération, à la congélation ?
  • Oui, c’est toutes les machines. Ça coûte cher parce que pour faire de la bonne glace, il y a peut être 10% de cette glace qui est due à la recette, c’est pas tant que ça en fait, après il y a 40% ça va être la qualité des matières premières, donc là, moi je n’ai que des produits bios qui viennent d’ici, du local, tous les mardis matin il y a le laitier qui vient me livrer le lait, la crème, le beurre etc… Et il reste encore la moitié… et de cette moitié dépend la qualité d’une glace, or là ce sont les machines. Les glaces c’est un assemblage complexe de molécules, qui s’appelle un « colloïde complexe ». Une glace c’est à la fois une mousse, c’est à la fois une émulsion, et du coup il est nécessaire d’avoir de bonnes machines pour arriver à ce qu’on ait une texture qui soit la plus homogène possible, la plus agréable possible, qu’elle ne soit pas pailletée, qu’on ai pas ce goût d’eau dans la glace parce que l’émulsion ne serait pas bonne etc…
  • On dirait une initiation au manuel du parfait petit chimiste. Loïc, si maintenant je vous demandais de noter de 0 à 10 le village de Piégros la Clastre quelle serait votre note ?
  • Et bien, 10 sur 10 ! En fait, nous, avant de s’installer ici on a mis quatre mois à trouver ce terrain, et j’ai vraiment fait le tour de toute la population, tous les gens qui avaient le malheur d’avoir un petit bout de terrain à vendre, ou pas à vendre, parce que je voulais absolument être à Piégros. Piégros c’est vraiment un village super agréable parce qu’il y a un peu d’animation, il y a le bar-resto dans le centre qui est super sympa, qui fait vraiment vivre le cœur du village, et en même temps c’est un cul-de-sac Piégros, puisqu’il y a la forêt de Saou derrière qui bloque, donc il n’y a rien derrière… donc ce n’est pas du tout un village où il y a du passage de gens qui vont plus loin que ce village là, comme par exemple Mirabel, où en fait il y a beaucoup de trafic qui est inutile pour la vie du village. Les gens ici quand ils sont dans le village c’est qu’ils habitent dans le village ou bien qu’ils vont voir quelqu’un qui habite dans le village et tout ça en fait un endroit très calme, et en même temps nous sommes vraiment à la lisière de la forêt de Saou, et moi tous les jours je vais m’y promener.
  • Loïc, avant de se séparer, j’aimerais que vous nous donniez les infos sur votre lieu de travail, et tout le reste… !
  • Donc, ce sont les glaces Merlin, uniquement le mercredi soir de 17 à 19 heures, sachant qu’il n’y a pas de terrasse, on ne peut pas consommer sur place, c’est uniquement des pots à emporter chez soi.

Tout passe, tout lasse sauf les glaces… Un adage bien connu !

Je n’espère qu’une chose : que les articles que lebrillant.fr a consacré à Piégros la Clastre vous auront donné l’envie de faire un petit détour vers cette commune aussi généreuse qu’émouvante… N’hésitez pas à dire que vous venez de notre part, ou pas… de toute façon, vous allez être accueillis comme des rois, ou des reines.

Lebrillant.fr tient donc à remercier la commune de Piégros la Clastre et tous ses habitants si chaleureux et si bienveillants… Vraiment cette petite série de reportages a été un bonheur sans une seule fausse note… !

Au fait, à propos de note, le calcul est vite fait puisque Piégros la Clastre (avec certes seulement quatre votants), obtient la note faramineuse de 8,5 sur 10…!!! Qui dit mieux ?

Merci les clastroises, merci les clastrois.

Textes et photos : Mathias Deguelle.

Une réflexion sur “LE MÉGAPHONE DU BRILLANT: PIÉGROS LA CLASTRE.

  • 20 mars 2022 à 13h13
    Permalien

    Good day! I just wish to give you a huge thumbs up for your excellent information you have got here on this post. I am coming back to your blog for more soon. Good day! I just wish to give you a huge thumbs up for your excellent information you have got here on this post. I am coming back to your blog for more soon. נערות ליווי בבת ים

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.