LE MÉGAPHONE DU BRILLANT: MONTMEYRAN.

Bonjour les Brillantes, bonjour les Brillants. Quand vous partez de Crest pour aller à Valence, la plupart du temps, après le rond-point à la sortie de la ville, on va tout droit, puis on vire à tribord, on passe devant Montoison, et on trace tout droit. Pourtant à ce même rond-point, il y a la possibilité de prendre la direction Chabeuil, et après quelques kilomètres, là on vire bâbord et on tombe sur Montmeyran.

Ce qui nous donne, au passage, la possibilité de croiser un énorme bâtiment qui peu ou prou est l’exact reproduction de la Cathédrale de Notre Dame de Paris, enfin en version industrielle 😊

Plus sérieusement, ce Mégaphone, est dédié à la commune de Montmeyran qui mérite beaucoup plus que son statut de village qu’on ne fait que traverser.

D’abord, il me faut vous livrer un détail, quand Noé Richard-Clément, le photographe du brillant.fr et moi, décidons de visiter ces communes du crestois, nous le faisons le lundi (hier donc), et chacun le sait le lundi est un jour où les commerces ne sont pas tous ouverts, et puis j’ajoute qu’avec cette canicule qui nous accable, peu de personnes errent dans les rues.

Conséquence : nous n’avons croisé que trois piétons Montmeyrannais qui ont accepté de répondre à mes questions.

Allez, suivez-nous, nous allons leur donner la parole…

  • Bonjour, je m’appelle Jacques, alors moi en fait j’habite à la Baume-Cornillane, à trois kilomètres de Montmeyran. Bon moi je suis d’origine d’ici, mon grand-père était de Montmeyran, mon père également, donc je perpétue la suite… Moi je suis artisan dans le coin, je suis dans tout ce qui est parquet, ponçage, et revêtement de sol.
  • Vous n’avez jamais été tenté par « la grande ville » ?
  • Oh non, surtout pas. Vraiment je trouve qu’on a un meilleur contact avec les gens qui sont autour de chez nous, et puis la ville c’est un peu froid et… il n’y a pas de vie en fait, enfin par rapport à ici.
  • Et comment vous y prenez-vous pour élargir votre zone d’activité professionnelle ?
  • Ce n’est que du relationnel, du bouche à oreille, aujourd’hui les gens me connaissent, donc voilà, ça se passe comme ça.
  • Alors Jacques qu’est-ce qui vous « emballe » à Montmeyran ?
  • Ce qui m’emballe à Montmeyran ? C’est le relationnel avec les gens, j’aime bien parce que c’est vrai que les gens sont assez ouverts, on boit un petit café ensemble, on se connait, on se croise, on se dit « bonjour », ensuite ça permet d’aller plus loin dans la connaissance.
  • Maintenant, question inverse : qu’est-ce qui vous « déballe » à Montmeyran ?
  • Alors on est un peu loin de tout, peut-être. On n’a pas le monde moderne qu’on a en ville, voilà, c’est juste à ce niveau-là. Mais après, la vie ici compense largement ce qui nous manque.
  • Vous savez Jacques, au fil de nos visites dans les petites communes que nous avons visitées ici, dans le Val de Drôme, il y a un constat qui revient sans cesse, c’est que la Drôme change, notamment par la venue de personnes qui viennent des grandes ville pour s’installer dans nos petites communes. Est-ce que Montmeyran échappe à ce constat ?
  • Alors c’est aussi vrai ici, il y a beaucoup de gens de l’extérieur qui viennent s’installer, c’est certainement dû au bon climat, et aux gens qui sont assez ouverts, je suppose. Mais moi ça ne me dérange pas du tout, au contraire, ça permet de voir d’autres personnes, des gens qui viennent d’autres horizons, et si je les croise je les salue, et vraiment, ça ne me dérange pas. Qui viennent d’ailleurs, ce n’est pas quelque chose qui va m’empêcher d’aller vers eux, de les côtoyer et de faire leur connaissance.
  • Vous avez des enfants Jacques ?
  • Oui, deux…
  • Leur avenir, il est forcément à Montmeyran ?
  • J’espèrerais. Mais je ne peux pas deviner ce que sera leur avenir, mais si professionnellement et financièrement ils pouvaient rester ici à Montmeyran… Pourquoi pas ? Après, on verra. C’est eux qui vont choisir.
  • Noé et Moi, continuons notre promenade sous le soleil de plomb de Montmeyran, quand au beau milieu d’une place au coeur du village, nous tombons nez-à-nez avec cette camionnette de pizza…
  • Bonjour, je m’appelle Philippe, et je suis pizzaiolo sur la petite commune de Montmeyran et nous venons ici depuis 1986, toujours dans ce village.
  • Qui sont vos clients ? Ce sont essentiellement des montmeyrannais ?
  • Alors oui, nos clients sont montmeyrannais principalement, mais nous touchons aussi toutes les communes environnantes, nous avons des clients d’un peu de partout, de toutes les régions limitrophes à Montmeyran. Je me suis installé ici d’abord parce que je trouve ce village très sympathique, et c’est ce qui m’a fait venir à Montmeyran, et puis il y a cette petite église, ces petits troquets à droite à gauche, cette architecture… voilà, c’est ce qui m’a plu à Montmeyran, et puis la sympathie des gens. Et au fil du temps un lien affectif entre eux et moi s’est créé, et maintenant ils font parti de ma famille, parce qu’il faut le savoir, c’est que je viens depuis 35 ans maintenant, donc dans un petit village comme Montmeyran depuis le temps, on entretient des liens qui comme je le disais, sont quasi familiaux.
  • Quelle est la pizza que les montmeyrannais préfèrent ?
  • Alors puisque nous arrivons dans l’été, c’est la pizza aux légumes, il n’y a pas de viande, pas de poisson, uniquement des légumes…
  • Une pizza végan…
  • Non, moi je ne l’appellerais pas comme ça. Non, c’est simplement une pizza aux légumes. En fait il n’y a pas de différence, c’est simplement le nom qui change…
  • C’est le mot « végan » qui vous fait « ch… » ?
  • Exactement, voilà, je n’osais pas le dire mais vous l’avez dit à ma place.
  • Tiens, je me tourne à présent vers votre partenaire de travail…
  • Oui, bonjour, alors moi je m’appelle Jérémy.
  • Je vois que derrière vous il y a des bouteilles de rosé, est-ce que vos clients partent avec leur pizza et l’accompagne d’une bouteille de rosé ?
  • Pas systématiquement. Mais oui, de temps en temps, on arrive à en offrir, par plaisir, quand il y a une grosse commande, et parce qu’on apprécie nos clients.
  • Vous venez d’écoutez Philippe, vous êtes d’accord avec tout ce qu’il vient de nous dire ?
  • Oui tout à fait.
  • Allez… Vous dites ça pour obtenir une augmentation !
  • (rire) non, je suis simplement d’accord avec Philippe parce que c’est lui qui m’a tout appris, à côté de ça, ce n’est pas forcément pour l’augmentation (rire)…

Nous quittons Philippe et Jérémy, et je vous le dis, avec la présence du four à pizza, il doit bien régner entre 26000 et 27000 degrés dans leur camionnette. Intenable. Je ne sais pas comment ils font pour supporter une telle chaleur !

Côte à côte, Noé et moi passons devant La Poste de Montmeyran.

Et au détour d’une ruelle, vous allez voir que parfois il peut y avoir une concordance entre un lieu et un homme, et que le hasard fait bien les choses…

  • Bonjour, je m’appelle Grégory, et du coup, j’habite Montmeyran depuis peu. Depuis début mars en fait, donc mon histoire ici dans la commune est très récente, mais je suis très content d’habiter dans le coin, c’est un super beau village, il y a des commerces de proximité, des boucheries, des vendeurs de primeurs. Donc, voilà, c’est super intéressant, il y a pas mal de bons produits, on n’est pas loin du Vercors, vraiment moi je suis très content d’habiter à Montmeyran…. Allez, viens là toi, au pied… !
  • Ah oui, vous êtes accompagné par votre chien, il est beau, il est tout blanc on dirait un berger des Pyrénées…
  • Non, c’est un bâtard, c’est un « épagneul / labrador ».
  • Comment vous l’avez appelé ?
  • Marvel.
  • Comme l’entreprise qui a créé Spiderman, c’est un véritable super-héros.
  • Oui, enfin là, je viens d’acheter un appartement donc la cohabitation est assez délicate, mais c’est un bon compagnon, et pour faire des balades c’est parfait.
  • Pourquoi avoir choisi Montmeyran pour vous installer ?
  • En fait, je travaille à Beaumont-lès-Valence, parce que moi je suis facteur, et donc l’idée c’était de me rapprocher de mon taf, et en même temps de me rapprocher du Vercors, donc au début je cherchais un secteur autour de Beaumont-lès-Valence, autour de mon travail. Alors j’avais trouvé un poste à Valence et un autre à Bourg-lès-Valence, mais moi la grande ville, je ne suis pas très fan, donc moi c’était vraiment le secteur de Chabeuil, Montvendre, Montmeyran, voilà… pas très loin du taf, et en fait j’ai commencé à trouver sur Chabeuil, et puis j’ai trouvé Montmeyran, je suis venu visiter, et là je me suis dit « là, c’est bon, j’arrête de chercher, j’en ai marre, en plus ici pour me garer il n’a pas de problème.
  • Grégory, être facteur c’est, au-delà de la distribution du courrier et des colis, avoir un contact direct avec les habitantes et les habitants de Montmeyran, est-ce qu’il vous arrive d’avoir le temps d’échanger, de discuter avec eux ?
  • Alors je suis facteur à Beaumont-lès-Valence depuis août 2021, alors le secteur je le connais plutôt pas mal, après je me faisais des kilomètres pour venir travailler… après je suis facteur, mais pas seulement sur Montmeyran, j’ai un poste un peu atypique. Ça veut dire qu’en fait, je suis « un bouche-trou », je vais n’importe où. Ça fait que ce matin j’étais sur Bourg-lès-Valence, après je vais aller à Chabeuil, je vais à droite à gauche, je suis un « rouleur » en fait, donc je vais un peu partout, après, pour les gens de Montmeyran, je ne sais pas trop forcément, mais par exemple quand je vais promener mon chien, il y a deux petites vieilles qui m’attendent presque tous les jours, et je trouve ça sympa de pouvoir échanger avec les personnes âgées, du coup elles sont contentes, et c’est vraiment sympa. Après, par rapport à mon métier, je n’ai malheureusement pas trop le temps de discuter avec les gens, parce que des fois je trace un peu, mais quand je suis sur des secteurs que je connais bien, c’est clair que les gens se confient pas mal au facteur.
  • De quoi vous parlez eux et vous ?
  • Ça dépend complètement en fait, ça peut être simplement de la météo, ou bien des problèmes de santé, des problèmes familiaux… C’est vrai que parfois il y en a qui pensent que le facteur c’est une assistante sociale ou un psychologue. Des fois, ils nous racontent leur vie, clairement. Après quand on n’a pas trop de boulot on peut se permettre de parler, mais… Marvel ! Viens là ! (le chien revient docilement vers son maître NDLR), mais l’inverse est aussi vrai, quand je n’ai pas trop de temps, je m’excuse auprès d’eux. Mais sinon quand je suis sur un secteur que je connais bien, que je maîtrise bien, après les gens quand ils veulent discuter, je prends mon temps et on bavarde un moment. J’aime les gens donc c’est pour ça aussi que je suis facteur, c’est vrai j’aime les gens, bon après il y a « des cons » partout, mais généralement je suis assez positif, j’essaie d’être toujours positif dans la vie, voilà…

C’est sur cette note humaniste que nous quittons Grégory et Marvel et que Noé et moi réenfourchons notre scooter pour revenir sur Crest.

Ne rater surtout pas le Photogram de ce jeudi, Noé et moi avons fait la grimpette jusqu’au point culminant de Montmeyran, là où se trouve la statue de Notre Dame des Foyers, un point de vue imprenable sur la vallée sur 360 degrés, qui nous a offert la vision d’un paysage absolument époustouflant.

À jeudi donc.

Textes : Mathias Deguelle. Photos Noé Richard-Clément.

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