LE MÉGAPHONE DU BRILLANT: LA FÊTE MÉDIÉVALE DE CREST.

Bonjour les Brillantes, bonjour les Brillants. Le Moyen Âge se situe entre le Vème et le XVème siècle, soit environ mille ans. Autant dire que la ville de Crest se situe au cœur de cette période. Alors comment résister à la beauté médiévale de cet écrin, sans lui rendre hommage, et célébrer l’histoire de Crest avec animations, spectacles, parades, commerces « d’époque », ateliers et déguisements.

Donc, mais je ne vous apprends rien, le week-end dernier a eu lieu comme tous les ans la « Fête Médiévale » de Crest, sous-titrée cette année « Un jardin au Paradis ».

Le Mégaphone du brillant.fr a sillonné quelques-uns des innombrables endroits qui égayaient le centre-ville pour recueillir les impressions des nombreux participants… Sans malheureusement pouvoir tous les visiter.

Mais à tout seigneur tout honneur, nous débutons ce reportage par celui qui a organisé l’évènement…   

  • Bonjour je suis Éric Aubert, le responsable du Pôle Culture et Animations à la ville de Crest, et donc je suis le chef de projet de la Fête Médiévale.
  • Donc j’ai en face de moi « le Big Boss » des festivités, c’est ça… ?
  • Oh, le Big Boss, je ne sais pas… C’est un aigle à deux têtes avec le metteur en scène Alain Carré qui propose une direction artistique, notamment sur le choix des compagnies, et qui travaille autour du thème. Ensuite, il faut dérouler, il faut choisir des ateliers, des campements… Voilà, il y a toute une équipe que je dirige. Alors moi c’est seulement ma deuxième Fête, et encore… l’an dernier on a fait « une demi-fête », qui a quand même bien marché au niveau des spectacles notamment, mais qui avait lieu début juillet, sans qu’on ait beaucoup de recul pour la préparer, dans le contexte sanitaire. L’année précédente il n’y avait pas eu de Fête Médiévale, on avait quelques spectacles à la fin du mois d’août, en soirée sur la Place du Champ de Mars… Malgré tout on a réussi à maintenir quelque chose, donc ce week-end on peut dire que c’est ma première « vraie » Fête Médiévale, parce que l’année dernière ce n’était que des spectacles assis avec le masque etc…
  • Comment vous y prenez-vous pour renouveler chaque année les animations et autres spectacles, pour que chaque Fête ne soit pas le copier / coller de la précédente ?
  • C’est une vraie question. Mais la question du renouvellement ne se pose pas seulement pour Crest, il y a beaucoup de villes d’origine médiévale en France, qui elles aussi organisent leur Fête Médiévale… Mais oui, il faut être honnête, le concept s’essouffle, mais vous avez aussi des différences de dimension, la Fête de Provins, c’est la plus grosse Fête Médiévale d’Europe, avec 300 bénévoles, le budget se compte en millions, et vous avez aussi de toutes petites fêtes dans des villages qui durent sur une demi-journée ou une journée… Celle de Crest se situe dans un entre-deux… Alors comment on se renouvelle ? Chaque année on se pose des questions sur ce qui a déjà été fait, ce qui fonctionne, ce qui fonctionne pas. Là cette année on a travaillé sur le décors urbain, pour donner une touche un peu différente, autour du jardin… Alors en même temps à Crest nous n’avons pas de jardin médiéval, ça se pourrait… il y en a dans pas mal de villes, peut-être plus au nord de la Loire, qui ont des reconstitutions de jardins médiévaux, donc nous on est plus dans une dimension symbolique. Cette année nous avons créé des ateliers qui sont sortis des campements, regardez autour de nous, il y a des ateliers avec des activités à faire en extérieur, et tout ça est géré par des associations, des bénévoles… Par exemple, là (nous sommes sur la place juste derrière l’Hôtel de Ville NDLR), les trois ateliers que vous avez là, ce sont des archéologues ou des ethnologues, qui sont de grands professionnels dans leur domaine, du filage, du tissage, de la teinture, du savon naturel… voilà, je dirais que « la petite touche » cette année c’est d’essayer d’élever le niveau en terme pédagogique, de transmission, et de proposer autre chose que ce qu’on peut voir d’habitude sur une Fête Médiévale parce qu’après il y a tout un public, et même un monde de professionnels qui va de Fête Médiévale en Fête Médiévale, et c’est vrai que le risque c’est qu’elles se ressemblent toutes. Donc on a choisi de donner une tonalité en prenant des personnes du coin, de la Drôme. Donc voilà, nous avons axé notre travail sur ces endroits pour essayer de faire autre chose.
  • Je ne sais pas si c’est le fruit du hasard, mais nous sortons d’une campagne présidentielle où certains candidats vantaient la France du passé, et je remarque moi que l’ensemble des fêtes « traditionnelles », se passent toutes sous des municipalités de droite… Comme si à droite on était plus nostalgiques qu’à gauche…
  • (rire), alors les Fêtes Médiévales elles ne datent pas de la dernière campagne présidentielle, après, moi je pense que ça a un lien avec le patrimoine plus généralement, plus que le Moyen-Âge ou autres Fêtes Historiques. Par exemple je peux vous citer la Fête de la Madeleine, donc là c’est plutôt ambiance XVIIIème, dans d’autres endroits ça va être d’autres époques, les villes romaines pour le sud, à Nîmes… Non, je pense que c’est quelque chose qui est détaché du contexte politique, et qui relève plus d’un mouvement collectif, qui lie histoire et patrimoine. Alors ça peut être le patrimoine matériel avec le cadre, les bâtiments et le décor, mais pour beaucoup il y a le patrimoine immatériel… Alors c’est un drôle de mot, on appelle ça aussi le patrimoine vivant, et vous remarquerez que ce qui intéresse le plus les visiteurs, au-delà des prestations artistiques, c’est aussi le travail de la forge, du bois, les métiers anciens, et ça vous le retrouvez dans toutes les fêtes historiques, peu importe que ce soit Romain, Médiévale, Temps Moderne, ou XIXème siècle, ou l’époque Napoléonienne… Vous savez, les métiers anciens, le savoir-faire, je pense que ça intéresse tout le monde et ça, ce n’est pas politique, enfin c’est mon opinion.
  • Aujourd’hui ils sont nombreux ceux qui prônent la décroissance, or au Moyen-Âge, le moins qu’on puisse dire c’est qu’on se contentait de peu… Monsieur Aubert, dites-moi si j’ai raison ou bien tort de faire une passerelle entre ces deux mondes, ces deux époques ?
  • Bonne question, je ne sais pas… Alors il y a sans doute une nostalgie d’un temps que personne n’a connu, mais ça c’est comme l’exotisme, voilà… s’intéresser à des contrées lointaines, pour moi c’est la même chose que s’intéresser au Moyen-Âge : Ça fait rêver, il ne faut pas oublier ça, on est aussi là pour s’amuser, pour rêver, c’est comme quand on se penche sur une carte géographique, on regarde des pays où on n’ira jamais de sa vie, on regarde l’Orénoque, le Fleuve Jaune où je ne sais quoi, et ça relève de la même intention, du même mouvement. Oui, oui, on fantasme et c’est bien. Quand vous parlez de nostalgie ça concerne plus des époques qu’on a connues, là je pense aux fêtes dédiées aux années 80 ou 90, mais avec ce Moyen-Âge que nous n’avons pas connu on n’est plus sur un rapport au passé, avec ce côté fabuleux, mythique, mystique, chevaleresque, il y a tout ça, et puis c’est vrai que c’est une époque qu’on ne connait pas bien, et puis il y a ce côté « déconnecté », c’était avant la technologie, l’électricité, Internet, avant les voitures, le tourisme, l’éclairage public etc… Alors oui, il y a certainement un regard vers le passé, mais à toutes les époques il y a eu ça. Au XVIème siècle on regardait l’empire romain, alors qu’on en avait une idée complètement fausse par rapport à ce que c’était historiquement, mais je pense qu’avec l’apparition de la notion de patrimoine, depuis environ deux siècles, on a beaucoup développé ça, et aujourd’hui je pense vraiment que nos fêtes sont avant tout patrimoniales, et puis n’oublions pas le plaisir, le plaisir pour les enfants comme pour les grands de se costumer, de faire l’acteur pendant deux jours et tout ça est permis grâce aux Fêtes Médiévales.
  • Vous ne pensez pas que si la transmission de cette période de l’histoire fascine autant c’est grâce au cinéma, et peut-être plus encore à travers les séries, je pense notamment à l’univers de « Game of Thrones », ou pourquoi pas à « Kaamelott » ?
  • Oui ce sont des outils, des supports comme un autre… Oui vous citiez « Game of Thrones », mais il y a eu aussi « Le Seigneur des Anneaux », alors là encore, il s’agit d’un Moyen-Âge fantasmé, ce sont des univers qui s’inspirent du Moyen-Âge mais qui ne le sont pas vraiment, ce ne sont pas des pans historiques qui sont dépeints. Alors je ne sais plus exactement, mais je crois que sur une série comme « Game of Thrones », ils doivent être quelque chose comme soixante dix scénaristes, à écrire les dialogues et les histoires, vous vous rendez compte ? Donc forcément vous décuplez les forces, et l’attention du public. Mais honnêtement je ne connais pas bien « Game of Thrones », j’ai arrêté au bout de quinze minutes, ce n’est pas vraiment mon univers… En revanche à l’école, le Moyen-Âge n’est plus beaucoup étudié, que ce soit en histoire ou en littérature, le Moyen-Âge est très mal représenté, mais vous le voyez autour de vous, l’éducation ce n’est pas qu’à l’école et les évènements culturels font partis de l’éducation « hors les murs » de l’école, après je ne me permettrais pas de dire qu’on a une fonction éducative, c’est juste une occasion, une opportunité. Mais c’est la même chose pour tous les sujets. Si vous allez à l’université et que vous regardez le nombre d’étudiants en langue occitane, ou en civilisation médiévale, vous verrez que ce n’est pas facile pour eux, parce qu’ils partent pratiquement de zéro en arrivant à l’université, contrairement à ceux qui étudient de XIXème siècle ou d’autres périodes, on s’est déconnecté du Moyen-Âge.
  • Et si vous-même vous aviez été un personnage du Moyen-Âge, vous choisiriez lequel ?
  • Un troubadour. Une forme de conteur, quelqu’un qui voyage en chantant des chansons…

A présent, et puisque la nouvelle passerelle de Crest n’est pas un pont-levis, je vous propose d’aller à la rencontre des nombreux visiteurs de la fête…

  • Bonjour je m’appelle Thierry, moi j’adore les Fêtes Médiévales. Alors je ne fais pas partie d’une troupe, mais on se costume, ma femme et moi… Alors ma femme, c’est la sorcière avec les pustules sur le visage…
  • … et on déambule vers les gens, on les embête des fois, je les attrape par le cou, je leur tire les cheveux, donc après ils me posent des questions, alors je leur décris ma tenue, à quoi servaient les accessoires, pourquoi il y avait telle arme à l’époque… Voilà, et puis j’adore ça quoi !
  • Mais qu’est-ce qui peut bien vous attirer dans cette époque hygiéniquement discutable, cette époque où on ne compte plus les guerres… Ah, je vois que vous faites la moue…
  • Hygiéniquement, non… pas spécifiquement. Parce que les gens se lavaient quand même, faut pas croire…
  • Certes, mais ce que je voulais dire c’est que les pots de chambre étaient versé sur la chaussée, il n’y avait pas de tout à l’égout…
  • Ça c’est vrai, mais on vivait aussi bien que maintenant. Tout était plus simple, déjà il y avait moins de pollution, et contrairement à ce qu’on croit, les gens n’étaient pas plus malades que maintenant, alors ils avaient des maladies comme tout le monde, mais prenez le Covid, on vit pourtant dans une époque moderne et on n’arrive pas à le soigner.
  • Donc l’invention des vaccins n’est pas une avancée ?
  • Mais regardez les vaccins, qu’est-ce qu’ils font ? On est obligés de se refaire vacciner pour que ce soit efficace, un vaccin efficace c’est juste une seule injection… Alors oui, il y a eu la peste, mais ce sont les rats qui ont apporté la peste, et l’hygiène, mais on n’est pas mieux lotis actuellement, avec la pollution de l’air, de l’eau et tout ça.
  • Vous voulez dire qu’en 2022, nous sommes restés dans une époque moyenâgeuse ?
  • Dans un sens oui. Et même parfois c’est pire, moi je fais un boulot où je ramasse les ordures des gens qu’ils balancent par terre, et bien au Moyen-Âge, il n’y avait pas tout ça. Les chiens qui font caca et les gens qui ne ramassent pas, vous croyez qu’ils sont plus civilisés ? Pas moi. Je ne trouve pas. Quelqu’un qui est civilisé il ne va pas balancer ses papiers par terre, est-ce que vous faites ça chez vous ? Vous lancez vos papiers par terre ? Voilà… Ça ils ne le faisaient pas au Moyen-Âge… Au niveau des incivilités l’époque d’aujourd’hui ne fait que régresser, c’est pire qu’avant, moi je le vois je suis cantonnier à Loriol, et bien je passe mon temps à ramasser les « merdes » des gens, pardon d’être grossier, mais c’est ça. De toute façon, notre planète on est en train de la bousiller. C’est mort. Moi je vais à la pèche, il n’y a plus de poisson dans les rivières, il n’y a plus rien. Vous allez en mer, vous avez des chaluts qui viennent chaluter près des côtes, alors que normalement ils doivent chaluter en haute mer. Pour moi on va droit dans le mur.

Et bien, si je m’attendais à parler Covid, incivilité et écologie avec un chevalier en armure, je ne l’aurai pas cru. Mais n’est-ce pas le propos de la Fête Médiévale ? Surprendre… !   

  • Bonjour je m’appelle Robert. Personnellement, l’esprit de cette Fête Médiévale m’inspire une meilleure connaissance de l’histoire, parce que ce qu’on voit là, c’est ce qu’on a pu voir il y a très très longtemps, ma fille est avec moi, elle commence à connaître le monde et je pense qu’il est intéressant de lui dire ce qui était « avant », ce qui a été « pendant », et ce qui est « maintenant ».
  • Je suis en partie d’accord avec vous, mais vous conviendrez avec moi que se dégage de ces reproduction un petit côté factice, un petit côté artificiel ? Vous n’êtes pas d’accord ?
  • Certes, artificiel, mais il n’empêche qu’on peut voir des choses qui se sont faites « avant », de comprendre comment ça a évolué, et d’en déduire pourquoi il était intéressant de garder certaines choses, certaines pratiques, et ce qui n’est plus…
  • Vous auriez aimé vivre au Moyen-Âge ?
  • Je ne vais pas vous mentir : vu ma couleur de peau, je pense que j’aurais été chassé comme une bête (rire), donc on va dire que si les gens étaient un petit peu tolérants, et respectueux des origines de chacun, alors, oui peut-être… Mais sinon ça aurait été difficile (rire). Mais j’insiste, je suis surtout là pour ma fille, parce que moi je connais déjà, ce n’est pas ma première Fête Médiévale, mais pour elle c’est la première fois, alors elle est ravie de découvrir cet univers, d’autant qu’elle s’intéresse au Moyen-Âge, elle s’intéresse à l’histoire de France, parce que l’histoire de France est belle, quoi qu’on en dise, et je pense qu’il est nécessaire qu’elle connaisse le pays où elle vit.

Alors je ne vais pas lancer un appel du genre « boutons les ardéchois hors de Drôme », d’autant que devant moi un stand largement garnit de pot de crème de marron s’offre à moi… Et je déteste la crème de marron, mais en revanche j’ai eu à loisir de le vérifier mainte fois, les faiseurs de crème de marron sont tous… des crèmes, bah oui…

  • Bonjour, je m’appelle Patrick Jacquemin, et je fais de la crème de marron, d’ailleurs j’ai un site : cremedemarron.com, donc oui, je fais de la crème de marron depuis une quinzaine d’années maintenant… le temps passe vite, quand on s’amuse (rire) !
  • Allez, faites-nous l’article… Vantez la qualité de votre crème de marron à quelqu’un qui jamais de sa vie n’en a savouré la délicate saveur…
  • On pourrait d’abord lui dire que c’est du plaisir, on pourrait lui dire qu’il y a pleins de choses qui sont bien quand on goûte la crème de marron, que toutes ses papilles vont se mettre en éveil… il y a plein de choses qui entrent en ligne de compte : tous les ressentis sont là, le goût, le toucher…
  • Le toucher ?
  • Et oui, tu peux plonger ton doigt dans le pot, c’est comme les cerises elles sont toujours meilleures quand elles sont cueillies sur l’arbre.
  • Alors, j’en viens à la question qui va déterminer l’origine de vos produits, Monsieur Jacquemin, êtes-vous ardéchois ?
  • Alors, non, au départ de l’aventure c’est un ami qui m’a montré comment on faisait la crème de marron, à Collobrières, dans le massif des Maures, dans le Var. Alors oui, l’Ardèche arrive en premier producteur, mais après vous en avez plein d’autres, en fait dans toutes les régions vous avez des châtaignes. Mais, très modestement, je vous le dis, la meilleure crème de marron de France, vous l’avez devant vous (rire)…

Là, la bouche encore pâteuse après cette dégustation généreusement offerte par Patrick, mes papilles sont saturées de sucre, et je croise un couple qui n’est pas déguisé, ce couple est costumé… nuance.

  • Bonjour, je m’appelle Mathilde, alors ma venue ici à Crest à la base c’était pour l’anniversaire de mon chéri Lucas, qui est fan de l’époque médiévale, donc je lui ai offert ce séjour ici, et comme on adore se costumer, et qu’on adore s’imprégner de l’histoire et de cette époque et bien on s’est dit « go »…
  • Je dois comprendre que tous deux n’êtes pas crestois…
  • Non, non, on vient de Montpellier, on a fait la route hier, on a loué un « rbnb » en centre-ville, et on est venu pour les deux jours de la fête.
  • Alors bonjour, comme vous l’a dit Mathilde, je m’appelle Lucas, et c’est vrai que depuis tout petit j’ai toujours aimé la culture médiévale, mais plus tard aussi à travers des films comme « Le Seigneur des Anneaux », alors là c’est pas vraiment la culture médiévale, mais ensuite il y a eu des films comme « Kingdom of Heaven », un chef-d’œuvre qui pour moi retrace bien l’époque des croisades. Et puis dès qu’il y avait des épées j’étais content. Quand j’étais tout petit mon grand-père me fabriquait beaucoup d’épées, de jouets, en fait dès que je voyais un film je lui montrais et il me fabriquait des lances, des arcs, des boucliers, et donc des épées, je me souviens qu’une fois il m’avait fabriqué un bouclier, et j’avais moi-même peint une croix pour ressembler à un croisé et puis maintenant j’ai la chance de pouvoir partager ma passion avec Mathilde, et de pouvoir nous costumer pour des évènements. Pour moi le Moyen-Âge, c’était vraiment une autre époque où on se contentait de ce qu’on avait, c’était juste de vivre, de manger, de passer des bons moments… Alors je ne dis pas qu’ils étaient forcément plus heureux que nous, mais nous notre contexte c’est qu’on veut « toujours plus plus », alors même si c’était moins hygiénique que maintenant, il y avait un « côté nature » qui était plus présent, et c’est ce qu’il me plaît.
  • Alors à l’époque il y avait les ménestrels, les troubadours, qui se rendaient de ville en ville pour raconter ce qu’il se passait dans les autres provinces, mais pour vous Lucas, on est déjà à l’origine de la Fake News…
  • (rire), oui, je pense qu’avant le ménestrel ou le troubadour dépendait forcément de quelqu’un et si ce quelqu’un l’obligeait à raconter que 1 + 1 ça faisait 3, il était obligé de répéter que 1 + 1 ça faisait 3.

Non, mais je vous le promets… C’est juste incroyable, j’en apprends plus sur la nature humaine du 21ème siècle en consacrant un article dédié au Moyen-Âge. Je réalise que je suis en train de faire de la sociologie des temps présents, à travers des temps qui nous sont presque inconnus, sauf de celles et ceux qui, d’une manière ou d’une autre font des comparaisons. Un signe des temps ?

La preuve, j’ai rencontré un Chevalier qui portait une paire de Ray Ban solaires sur le nez, alors si ça ce n’est pas un paradoxe temporel…

  • Bonjour, je suis le chevalier Sir Dawa, membre honoraire du campement de l’ordre chevaleresque de Crest. Alors moi en temps que chevalier, j’ai la charge de garder l’entrée du jardin merveilleux, où se trouve un campement, et donc je bloque l’accès, et j’autorise l’entrée et le passage aux gens qui répondent aux énigmes.
  • Donc, vous avez totalement renoncé à la quête du Graal ?
  • Non, pas tout à fait. Mais de ça je ne peux en parler. En fait, je vais vous le confier, on n’est pas vraiment avec « Les Chevaliers de la Table Ronde », on est un peu en concurrence avec eux. Mais vous savez, c’est toujours un peu conflictuel au Moyen-Âge…
  • Donc rien n’a changé, parce qu’aujourd’hui aussi tout est conflictuel, tout est concurrentiel…
  • Tout à fait. C’est même un excellent parallèle. Mais, bon, moi qui ai donc traversé les temps et les époques, je peux vous le dire, c’est quand même mieux de nos jours en 2022. Au Moyen-Âge, c’était un peu plus difficile, c’était un petit peu galère, aujourd’hui il y a un peu d’amélioration sur l’eau potable, sur la santé, la propreté dans les villes. Bon évidemment d’autres problèmes sont arrivés, notamment les carrioles polluantes… Mais vous savez je suis au côté de Oscar, mon héritier, donc demandez-lui ce qu’il pense du Moyen-Âge…
  • Oui, donc moi c’est Oscar, j’ai 10 ans, et dans cette époque du Moyen-Âge, j’aime beaucoup les costumes, j’aime tout… à part la misère du Moyen-Âge, pour les paysans… Alors c’est vrai qu’il y avait des tragédies, mais j’aime la beauté de la période. Bon, il faut dire que moi, aujourd’hui, au niveau des vêtements j’aime pas Nike et j’aime pas Adidas, voilà… c’est ma réponse.

Bon, on le sait, les chats font pas des chiens, et visiblement pendant la Fête Médiévale de Crest, les grands chevaliers sont accompagnés par leurs successeurs.

  • Bonjour, je m’appelle Bruno, et je suis le créateur d’un site qui s’appelle « rien du tout », et si je suis là c’est parce que mon fils adore l’époque médiévale, on s’est naturellement dit « en route », pour participer à cette grande manifestation. Alors si je dis « en route », c’est parce que nous venons de Voiron, en Isère, il est un passionné d’histoire… Mais peut-être que le mieux c’est que vous lui posiez la question…
  • Alors bonjour, moi c’est Anthony, mais si comme l’a dit papa j’adore le Moyen-Âge. Mais il a oublié de vous dire que j’adore aussi l’Antiquité. Alors je ne sais pas si vraiment j’aurais aimé naître au Moyen-Âge, parce que à l’époque il y avait des envahissements, et beaucoup de guerres. Alors moi je pense que notre époque elle est un peu « bof bof », parce que d’abord il n’y a plus de Roi, sauf que là c’est un âge nouveau, ça veut dire qu’on a su évoluer au fil du temps, mais en même temps, il y a la guerre en Ukraine, tout ça, alors je ne sais pas comment ça va se développer, avec le nucléaire de Poutine. Mais si Poutine, il est vaincu, là ça va être la paix et on va continuer à s’évoluer.

Je conclue ce Mégaphone en vous disant « qu’être sur la paille », ce week-end, ne voulait pas obligatoirement dire que les huissiers vont sonner à votre porte à six heures du matin pour saisir ce que vous n’avez pas. Non, marcher sur la paille dans les rues de Crest, c’était fouler des fétus. Et c’est bien connu, le fétu, fait tout.

Je vous donne rendez-vous ce jeudi pour la seconde partie de ce spécial « Fête Médiévale » de Crest, mais cette fois avec un « tout-en-photos » comme le veut le principe du Photogram.

Gentilhommes et gentes dames, je vous souhaite le meilleur, et faites attention en rejoignant vos appartements, les oubliettes du château portent bien leurs noms…

Textes et Photos : Mathias Deguelle.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.