LE MÉGAPHONE DU BRILLANT: AUTICHAMP.

Bonjour les Brillantes, bonjour les Brillants. Le village qui nous a accueillis se trouve à 9 kilomètres de Crest, direction sud-sud-ouest, il fait partie de ces « villages perchés » du Val de Drôme, si aujourd’hui on l’estime à 124 habitants, la population de ce magnifique petit village a connu son apogée en 1841, il comptait alors pas moins de 347 habitants. Le jour où Noé Richard-Clément et moi avons visité la commune, armé d’un appareil photo pour l’un, et d’un magnétophone enregistreur pour l’autre, notre mission : rencontrer des habitants du lieu, les Autichampois. Malgré une météo plutôt clémente, nous dûmes sillonner les rues et ruelles du village pour croiser et interviewer les quelques résidents qui ont acceptés de répondre à mes questions. Allez, maintenant tenez-vous prêts, nous approchons…

Soyez les bienvenus à Autichamp…

  • Bonjour je suis Laurence Lebon, mais mon nom d’artiste c’est Laurence LBN. Alors je suis artiste-peintre, installée depuis deux ans et demi sur Autichamp avec mon époux qui est lui-même un artisan du bois, il travaille aussi en parallèle sur Crest, et je suis aussi sophrologue, voilà… une sophrologue qui est en connexion avec la nature, on va dire…
  • Comme beaucoup de drômois vous êtes donc une adepte des médecines douces ?
  • Oui tout à fait, c’est quelque chose qui est à mettre en parallèle avec la médecine, et la thérapie a toujours apporté du bien-être à la personne, il faut être ouvert à ça, tout simplement… Mais c’est vrai qu’ici, beaucoup de personnes sont avec les médecines douces et alternatives, vous avez quand même assez de thérapeutes sur Crest… énormément d’ailleurs… Et effectivement c’est quelque chose qui prend son essor, mais pas seulement dans la Drôme, dans d’autres régions aussi. Moi j’arrive du Vaucluse, et il y a six ou sept ans, quand je suivais ma formation de sophrologue, il y avait un bel essor déjà…
  • Laurence, vous n’avez pas tenu à être photographiée, vous avez préféré nous présenter une toile, issue de votre autre travail, celui de peintre. Quel est le lien qui unit les deux disciplines ?
  • Il n’y a pas de parallèle entre les deux activités. En fait l’artiste-peintre « elle » est née comme ça, « elle » a le pinceau dans les doigts depuis toute petite, donc ça c’est vraiment un don, et pour ce qui est de la sophrologie, j’y suis venue parce que je suis quelqu’un d’assez nerveuse, j’ai eu de gros coups durs dans la vie, qui ont touchés ma fille précisément, et donc j’ai été obligée de trouver quelque chose qui me raccroche à la vie, quelque chose qui me permette de respirer, de prendre de l’oxygène, et c’est pour cela que je suis venue, il y a presque dix ans, à la sophrologie… c’était pour moi au départ. Après, c’est vrai qu’il existe « l’art thérapie », on travaille avec l’art et on emploie une thérapie qui peut aider c’est vrai… notamment avec le dessin, le collage etc… Ça, c’est clair que j’y ai pensé… maintenant, est-ce que je vais y venir ? C’est possible que je fusionne mes deux activités, ça c’est fort possible. D’ailleurs j’en parlais il n’y a pas si longtemps avec mon époux, donc oui, c’est possible.
  • Donc pour vous la création artistique peut aussi être thérapeutique ?
  • Ah oui, oui… J’ai commencé comme ça d’ailleurs, évidemment je savais peindre et dessiner quand j’étais petite, mais quand les coups ont commencé à arriver, c’est la première chose que j’ai prise c’est le pinceau, le crayon, voilà… Et après, quand d’autres coups durs ont suivi, il me fallait trouver encore autre chose, la peinture ce n’était pas assez, donc on travaille sur soi, d’où les médecines douces, parce que nous on est vachement dans ça, on commence un peu à maîtriser, parce qu’on ne maîtrise jamais totalement, mais nous on se soigne avec les plantes, avec la réflexologie plantaire, massages, principalement entre-nous, et si on a besoin d’un thérapeute parce qu’on ne connaît pas la technique, on ira voir le thérapeute.
  • Vous pardonnerez la trivialité de ma question, mais, est-ce que c’est rentable ?
  • Non, non non… On est à un stade où on est tellement nombreux, et c’est vrai il y a beaucoup de personnes qui sont dans ces activités là. Déjà artiste-peintre, pour en vivre c’est extrêmement difficile, il faut être connu… et ce que je disais récemment c’est qu’il n’y a rien pour nous, un chanteur lui il va chanter, on va le payer, alors qu’un artiste-peintre, il va exposer et on va lui demander de payer, il y a comme un problème là… Sans oublier qu’il faut aussi quand même, quand on invite, qu’on fait un vernissage, il faut aussi préparer un apéro dînatoire, et tout ça se paye, voilà c’est l’artiste qui fournit tout cela. Donc non, artiste-peintre, c’est extrêmement difficile.
  • Est-ce qu’Autichamp est le lieu idéal pour se faire un réseau et ainsi faire connaître son art ?
  • Je n’ai pas vraiment de réponse à ça. Nous ça fait deux ans et demi que nous sommes là, ça fera trois ans à la fin de l’été… heu, je pense que c’est difficile, les gens d’ici sont des gens de la terre, ce sont des gens qui n’ont pas la tête à l’art, ou ne s’y intéressent pas. Non, qu’il faut aller… parce que j’ai quand même pas mal vécu dans le Vaucluse et puis dans les Bouches-du-Rhône, et là oui, il y a des endroits, il y a des ouvertures… En fait, ici on y vient pour se terrer parce que je vous le disais, ce sont des endroits de la terre… Qu’est-ce qu’on recherche ? (silence), ce n’est pas « à se protéger », c’est pas le mot, mais disons qu’en venant ici, on le fait surtout pour avoir du calme, c’est vraiment se terrer, c’est peut-être le mot, oui. Alors oui, ça peut paraître contradictoire avec la pratique d’un métier basé sur ces réseaux que vous évoquiez, mais en ayant vécu dans le sud, là-bas on ne peut pas être terrer, on est aux yeux de beaucoup de personnes, de touristes, et oui, dans ce cas, c’est clair qu’on est connu. Moi j’ai fait moult expositions durant des années dans le sud, Marseille etc… et quand on est arrivés ici, bon… comme on monte dans les terres, c’est forcément plus difficile. Mais moi, ce que je recherche personnellement, c’est le calme. J’ai besoin de ça, est-ce que j’ai besoin d’un temps de ce calme pour ensuite rebondir ? Ou est-ce que j’ai besoin d’être loin de la ville, pour pouvoir peindre, faire ce que j’ai à faire en étant tranquille et posée dans ma tête… et après, pourquoi pas de temps en temps, aller chercher quelques expos, mais pour le moment, j’ai quelques difficultés, et je n’en ressens pas le besoin, j’ai besoin plutôt de calme.
  • Et une rentrée régulière d’argent ne vous apporterait pas ce calme ?
  • Pas forcément, est-ce qu’on est plus heureux quand on est riche ? (un silence), je n’ai pas l’impression, je ne crois pas. Ça aide, l’argent aide, ça c’est clair, mais ce n’est pas quelque chose que nous recherchons tous les deux, non, ici c’est plutôt une vie tranquille, sympa, qui nous permet de continuer à créer, voilà. Vendre un tableau ou deux, ce n’est pas négligeable, ça c’est clair, c’est quelque chose qui me permettrait par exemple de racheter du matériel, ça c’est logique, maintenant aller vivre sur un yacht, un machin, un jet, ça ne m’intéresse pas.
  • Vos fins de mois sont à ce point difficiles ?
  • Je ne sais pas ce que vous entendez par « difficile », on a un toit sur la tête, on a le ventre qui est rempli, et on a chaud dans la maison. Et on a de l’amour.

Et là… comme un fait-exprès, la porte d’entrée s’ouvre et nous tombons nez à nez avec l’époux de Laurence, l’homme qui travaille le bois. Après une courte explication sur les raisons de notre présence, la discussion s’engage :

  • Bonjour, je m’appelle Renaud Laborderie, j’ai 52 ans, je travaille sur Crest, je suis technicien de maintenance, et à temps perdu j’ai créé une micro-société qui est dans la décoration et la fabrication d’objets en bois, objets divers, lampes…
  • Vous aussi vous avez deux métiers ? Décidément… Il y a un métier « contraint », et l’autre qui est plus libre.
  • Tout à fait. Dans les deux on pourrait dire « contraints » oui, mais ça reste un plaisir. Moi j’aime tout ce qui est manuel, c’est une manière aussi de s’exprimer, même si on doit réparer quelque chose, on est souvent confrontés dans l’industrie à du « système D », et pour le « système D », il faut créer, il faut avoir de la jugeote, il faut réussir avec pas grand chose, parce qu’on a pas les pièces sur-place, et que parfois il faut énormément de temps… surtout avec la conjoncture actuelle, qui parfois nous impose d’attendre deux ou trois mois pour avoir une pièce, alors là il faut réfléchir, comment on peut fabriquer une pièce similaire ou quasi pareille, ou alors modifier le système pour y arriver, et ça, ça me plaît… Et croyez-moi, dans ces métiers là, il n’y a pas de fin. On apprend toujours quelque chose, tout le temps…
  • Donc vous avez vos deux métiers, qu’on pourrait juger antagonistes, à moins que je me trompe, et que les deux métiers se complètent.
  • Oui, ils se complètent. Il y en a un qui est plutôt dans la « création plaisir », on se fait plaisir, on veut faire plaisir aux autres… et là je parle de ma micro-entreprise, quand à ma partie professionnelle, on sera peut-être un peu plus dans le plaisir de ce qu’on ressent, ce qui sort de nos tripes. C’est de la création là où on n’est pas dans les contraintes industrielle, la seule contrainte que l’on a c’est notre imagination, c’est le matériel que l’on a entre les mains, et « qu’est-ce qu’on va en faire ? ». Voilà, c’est aussi se promener dans les bois, c’est trouver un morceau de bois « qu’est-ce que je peux en faire ? ». Moi j’aime le bois, j’estime que c’est une matière noble et fascinante, que ce soit en texture, en forme, et tout ce qu’on peut faire avec, c’est impressionnant ! Le fer aussi, mais c’est une matière plus dure, plus « urbaine », alors qu’avec le bois, on reste, comme vous le disait ma femme tout à l’heure, dans l’authentique du côté terroir, et puis le bois c’est chaleureux, ça amène quelque chose d’apaisant.
  • J’ajoute que les possibilités d’usages du bois sont quasiment infinies, on va de la charpente au petit bol destiné à accueillir vos clefs de voiture.
  • Tout à fait. Bon alors moi je ne suis pas spécialisé dans la menuiserie de maison, tout ce qui est charpente et autres ce n’est pas mon sujet… Moi c’est tout ce qui est petit ameublement, meubles télé, des lampes, de la décoration pour la chambre des enfants, des jouets en bois pour les enfants, pour les animaux, faire des lits, des auges pour eux, des portes-gamelles, voilà c’est un peu tout ce qui nous passe par la tête, des mobiles aussi, qu’on peut accrocher à l’extérieur, ou dans les chambres des enfants, du matériel de jardin, des chaises, des tables, des mangeoires pour les oiseaux, ça touche un peu tout, voilà, c’est ce côté un plus « nature » que habitat pur.
  • Est-ce que pour tout ce que vous venez d’évoquer, Autichamp est l’endroit rêvé ?
  • Pour moi personnellement, oui. Puisque ça nous permet de retrouver le calme, et le calme c’est important. On vient de villes comme Marseille, Nîmes, Avignon, Montpellier… donc ce sont des villes qui bougent énormément, beaucoup de monde, beaucoup de touristes l’été, et c’est ce mouvement de foule, qui par moment… vous saturez, vous bloquez, et on n’en a plus envie. Plus envie du tout. Alors on préfère se reculer, un peu comme des ermites… Alors, est-ce que c’est une sorte de méditation personnelle ? Possible. Est-ce que c’est une sorte de « sophro », comme dirait ma femme, c’est possible aussi, on a besoin de se reposer, d’être dans le calme. Notre dernier point de chute c’était Le Pouzin, alors ce n’est pas un village qui est franchement très joli, en plus on était sur la 86, et c’était infernal en nuisances sonores, et question création ce n’est pas possible. Pour créer on a besoin d’être un minimum dans le calme, dans un environnement où vous vous sentez bien, vous êtes libres de penser, de voir des choses, de vous reposer les yeux sur quelque chose, afin de mieux focaliser ce que vous allez faire, et ça c’est très important.
  • Que voulez vous dire par là ? On est plus prolixe quand on créé dans un milieu presque carcéral ?
  • (long soupir), carcéral… ? Vous savez je pense que c’est dans les villes qu’on vit de manière carcérale, on est chacun casé dans un appartement, alors est-ce que c’est ça qui permettrait d’être plus actif ou moins actif ? Je ne sais pas, je pense que ça dépend de chacun, il y a des personnes qui aimeront voir du monde parce que ça va leur faire bouger l’esprit d’une manière qui est complètement différente de la notre, alors que nous, on a plutôt à l’inverse besoin de ce côté « retrait » pour se poser.
  • Pourtant chacune de vos créations, ne peuvent être appréciées, jugées qu’à l’aune du regard des autres…
  • C’est vrai, mais après on passe par les réseaux sociaux, on passe par des sites Internet, par le bouche-à-oreille aussi, je ne vois pas en quoi le fait d’être en retrait de tout le monde nous mettrait en marge de la société, bien au contraire. On a tous les outils qui nous permettent d’aller vers l’extérieur, voir même au-delà de notre environnement propre, c’est à dire à l’international, sans être obligé de sortir de son village. Maintenant tout s’exporte, avec le transport on peut envoyer partout dans le monde si ça intéresse quelqu’un, voilà, c’est le réseau qu’on se créé personnellement, les supports qu’on va utiliser, et ce que l’on vise comme population que l’on veut toucher. Alors, est-ce que c’est du national, du local, de l’international… ? Voilà, ce sont les challenges qu’on se donne à soi, et une fois que c’est défini, après… hop ! On se lance et on avance !
  • Comment peut-on vous contacter ?
  • Je vous laisse mes deux cartes, celle pour ma première occupation d’artiste-peintre, et l’autre pour la sophrologie…
  • Et vous Renaud…
  • Alors moi, je n’ai pas encore de carte de visite, en revanche j’ai bien sûr un compte Facebook : « C4M, créations à 4 mains », donc là je dirais que vous avez accès à tout ce que l’on fait.
  • Merci Laurence, merci Renaud pour votre accueil et votre gentillesse.

Clic-Clac, c’est dans la boîte, Noé prend quelques photos et nous repartons vers de nouvelles aventures autichampoises. Nous arpentons ruelles et venelles et nous tombons sur un solide gaillard, en plein travail… il s’octroie une pause et échange quelques mots avec nous.

  • Bonjour, je m’appelle Dimitri, j’ai 29 ans, je travaille en maçonnerie sur Crest, ça fait deux trois mois que j’habite ici à Autichamp. C’est la campagne, c’est très bien pour venir profiter de la pleine nature. Alors je ne travaille pas sur la commune de Autichamp, mais voilà… on va dire que mon périmètre d’activité concerne toute la vallée de la Drôme. Mais si je me suis installé à Autichamp c’est avant tout pour le bien-être.
  • Ça n’a pas été trop compliqué de vous faire ces contacts qui vous permettent d’avoir un réseau de clients ?
  • Bon, moi c’est le sport qui m’a permis d’avoir des relations professionnelles. Moi je joue au rugby à Crest, et donc dans toute la vallée de la Drôme, et c’est sûr que ça m’a beaucoup aidé. En fait c’est au travers de ces contacts qui m’ont permis de travailler, que ma copine et moi avons décidé de nous installer ici à Autichamp.
  • Vous jouez à quel poste ?
  • Moi je suis numéro 10, demi d’ouverture.
  • Vous supportez quelle équipe ?
  • Nous on est plutôt proches de l’équipe de Romans… (rire), mais après chacun ses choix…
  • Je reviens à votre métier, vous êtes plutôt dans la grosse ou la petite maçonnerie ?
  • La maçonnerie générale. Rénovation, neuf, particuliers, professionnels… Mais là j’apprends juste parce que j’ai fait douze ans d’électricité, donc là c’est tout nouveau pour moi. Mais j’ai la chance d’être entouré par une bonne équipe, donc c’est génial. Moi mon grand-père était maçon, donc voilà, le choix était vite trouvé, et la passion aussi.
  • Vous êtes à votre compte ?
  • Non, je ne suis pas à mon compte, mais nous sommes une boîte de quinze personnes, donc les clients ne manquent pas… c’est beaucoup de boulot.
  • Il y a un aspect de votre travail que vous aimez moins que d’autres ?
  • Oui, moi je ne suis pas vraiment fan de la démolition… mais c’est selon les clients, ça dépend des chantiers… Mais je dois dire qu’ici les gens restaurent beaucoup, plus souvent que de la construction, mais après ça dépend du budget qui est consacré à leur maison, pour dire un mot sur mes clients, je dirais qu’il y a de tout : des gens du coin, comme des gens qui arrivent des grandes villes, il y a beaucoup de gens qui viennent de Paris, de Lyon ou Marseille qui viennent s’installer chez nous, surtout après le Covid.
  • Ces clients qui viennent des villes, ils sont comment avec vous ?
  • (rire), en fait ils sont un peu pénibles (rire), franchement ! Ils veulent tout, ils le veulent vite, sans qu’il y ait le moindre bruit… Il ne veulent pas de coq dans les fermes… Voilà, les parisiens quoi… !
  • Vous m’avez dit que vous avez 29 ans, vous vous imaginez comment dans… disons cinq ans ?
  • Bah, l’intérêt c’est d’évoluer, pour au final se mettre tout seul à son compte et se faire sa propre clientèle, mais on verra ce que l’avenir nous réserve… On y va tout doucement, tranquillement… Mais je suis confiant, qui vivra verra… !
  • Vous la subissez déjà cette crise des matériaux que tout le monde prédit ?
  • Oh oui, on le sent déjà tous les jours, tout augmente, les délais sont de plus en plus longs, oui, c’est la crise. Mais ça va, en général les clients le comprennent, de toute façon c’est pour tout le monde pareil, donc… on fait avec.

Nous laissons Dimitri qui retourne tout de suite à sa tache, et en montant l’une des petites rues étroites du village, nous croisons une jeune femme qui porte son bébé en bandoulière. Nous nous arrêtons à son niveau et après les présentations d’usage hors-micro, la discussion peut commencer.

  • Bonjour, je m’appelle Gaëlle, j’ai 42 ans, j’habite Autichamp depuis pas très longtemps, environ un an et demi, mais j’y ai une maison depuis huit ans bientôt.
  • C’est comment de vivre à Autichamp ?
  • Mais c’est le bonheur ! C’est parfait, c’est génial ! Il fait beau, les voisins sont sympas, on se balade dans un paysage splendide, avec une vue encore plus belle, c’est parfait Autichamp.
  • Pourtant, il n’y a pas de commerces, pas de services publics, pas de lieux de culture… je continue ou j’arrête là ?
  • Alors je vais corriger. Il y a des commerçants, mais pas de boutiques, là dessus on est d’accord. Pas de lieux de culture dites-vous, mais il y a le petit campus voyons, le comité des fêtes… Ensuite, vous avez dit : pas de services publics, mais il y a notre Mairie qui ouvre régulièrement, et puis il y a une boîte aux lettres…

Juste à la droite de Gaëlle, une dame vient se joindre à la conversation. Elle est la bienvenue.

  • Bonjour, moi c’est Chantal. Alors moi, je vais vous dire, je suis depuis 40 ans à Autichamp, alors inutile de vous dire que j’ai vu le village évoluer. Il y a plein de jeunes qui arrivent, plein de bébés qui ont poussé, mais moi, les jeunes je ne leur cause pas. Je ne leur cause pas parce que ça ne se fait pas (rire), mais quelques fois, quand c’est eux qui viennent vers moi, je leur réponds… quelque fois (rire).
  • Si vous deviez recommander Autichamp à votre meilleure amie qui habite à l’autre bout de la France, vous lui diriez quoi pour la convaincre de venir s’installer ici ?
  • Je lui dirais simplement « plus près de moi viens donc »… (rire), si je dois dire à mon amie de venir, c’est ça… Le village n’est qu’un cadre. Mais voyez le nombre de maisons qui se sont retapées dans le village… mais… non, en fait non, il y avait très peu de maisons vides, c’est ça qui est intéressant. Tu en dis quoi Gaëlle ?
  • En fait c’est quand les maisons ont un toit que les gens commencent à venir. La mienne n’avait pas de toit, alors il n’y avait personne, à part les squatteurs. C’est le renouvellement des générations aussi… des anciens qui partent laissent la place aux plus jeunes, et pour parler de mon cas, moi je me suis sentie vraiment bien accueillie dans le village, il y a des anciens qui m’ont donné des coups de main, prêté du matériel, donné des conseils, vraiment Autichamp… je suis chez moi ici. Il y a une solidarité qui se met rapidement en place, le village est petit, même si la commune est étendue, donc on se connaît tous plus ou moins, avec le temps, et donc il y a une entraide, on se croise, on s’invite, on répond aux questions des journalistes (rire).
  • Finalement, Autichamp c’est pas loin d’être le bonheur. N’est-ce pas Chantal ?
  • Hum, c’est bien que vous ayez dit « pas loin »…(rire).

Et c’est sur cet éclat de rire que se conclue la première partie de notre visite de Autichamp, reste à vous donner rendez-vous ce jeudi pour notre Photogram, un reportage photo où vous aurez à loisir d’apprécier les mille et une beautés de ce village vraiment « perché » 😉

Photos : Noé Richard-Clément. Textes : Mathias Deguelle.

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