LA FÊTE DU JEU ET DU STREET-ART À CREST.

Bonjour les Brillantes, bonjour les Brillants. Ce samedi a eu lieu à Crest le Festival du jeu et des Cultures Urbaines. Et le moins qu’on puisse dire c’est que la municipalité a vu les choses en grand : Deux rendez-vous à ne pas louper sur les rives droite et gauche de la rivière. Le cœur névralgique de la journée a évidemment battu très fort au Skate Parc, avec une nouvelle fresque géante « graffée » sur l’un des murs de l’Espace Soubeyran, mais il y avait aussi des expos, des formations aux jeux vidéo… Et puis en parallèle de cette fiesta dédiée à la jeunesse, qui avait lieu sur la « rive droite » de la drôme, j’ai fait un petit détour, cette fois sur la « rive gauche », où Crest’Actif organisait de son côté la « Fête du Jeu », et par ces photos je vous propose une visite des lieux beaucoup moins rébarbative qu’un long texte explicatif :

D’abord je croise l’ombre chinoise de Buster Keaton. Jusque-là tout est normal…

Et puis, la présence de ce poteau m’induit en erreur, « serait-ce la fête du Je ? », une fête où le seul jeu serait la pratique du « solitaire » ? Hum…

Bon, je vois que vous avez pigé l’atmosphère? Familiale, « bon enfant » et ludique… Je continue ma balade dans le royaume des jeux pour enfants, quand soudain… Tatada… ! Quand soudain…

Monsieur, s’il vous plaît, pourriez-vous, vous décaler vers la droite ? Cette vanne je viens de la faire, merci.

Merci. C’est mieux. Je réalise tout à coup combien ce moment doit-être un bonheur pour les enfants, ils ont enfin l’autorisation de foutre un bazar monstre dans un lieu où ils sont certain de ne pas entendre « Luka, Louise… Vous ne sortirez pas de cette chambre tant qu’elle ne sera pas entièrement rangée… ».  

Le paradis… !

  • Bien, à présent, Capitaine, nous faisons demi-tour… Direction sud-sud-est, on met le cap vers le Skate Park. Moussaillons… Hissez la grand-voile… !
  • Mais Mon Seigneur, vous n’ignorez pas que nous allons devoir traverser la nouvelle passerelle de Crest…
  • Écoutez-moi bien, la bleusaille, j’ai fait le Cap-Horn pas moins de 18 fois, alors croyez-moi, ce n’est pas cette passerelle qui va me faire reculer. Même si je reste conscient qu’on peut y faire, une fois sur place, des rencontres étonnantes… Alors, on longe les bords de drôme, et ensuite on vire à bâbord toute… !
  • Messieurs, nous arrivons en vue de la passerelle nouvellement inaugurée par la Municipalité de Crest. Point météo ?
  • Grand beau.
  • Puissance des vents ?
  • Ils nous sont favorable Capitaine, la voie est libre…
  • Messieurs, vous êtes-vous posé cette question ? Comment un chien d’environ 40 centimètres au garrot, comment lui il perçoit cette passerelle ? Moustique tu m’as fait une simulation je crois ? Une vision au ras du sol ?
  • Bien, je m’adresse à présent l’ensemble de l’équipage du navire lebrillant.fr, je vous avais prévenu, que sur cette passerelle, nous pouvions redouter ou espérer des rencontres inattendues. Mais d’abord, mille millions de mille sabord et tonnerre de Crest…
  • Apprécions le spectacle de ce nouveau belvédère…

Alors, voilà. En fait, l’échange se passa en deux temps. Un premier temps que je me permets de vous restituer, bien qu’à ce moment précis, mon magnétophone ne fut pas en mode « enregistrement ». Donc comme on dit, cette première partie est « off », et si je me permets de la retranscrire, ce qui est déontologiquement contestable, ça je vous l’accorde, mais je le fais c’est parce que la nature de l’échange a été chaleureux et bienveillant. Voila pourquoi je vous la retranscris de mémoire.

Donc. Je traverse la passerelle. Un homme, en chemisette jaune me double, et lâche :

  • « Ah… »

Moi, joueur et ayant immédiatement reconnu Monsieur le Maire Hervé Mariton, je reste deux pas derrière lui et je lui dis :

  • « B »…

En ajoutant que maintenant s’il était lui aussi joueur, il devrait dire « C »… Tout en le prévenant que cet échange ne serait composé que de 13 réponses et donc un ensemble qui ne pourra dépasser les 26 lettres de l’alphabet… C’est la fête du jeu n’est-ce pas?

Monsieur le Maire me répond « in-petto », « non, je ne suis pas joueur ».

Je le titille : « Mais on ne peut pas tous miser sur le pragmatisme, avec les convictions qui sont les vôtres, et à l’aune de votre carrière, ne me dites pas que même « à la marge », le hasard n’a pas, d’une façon ou d’une autre,  joué en votre faveur ? »

« Non, et je vous le dis avec assurance… Je ne joue pas. Et n’accorde aucun crédit au hasard. Et c’est peut-être là effectivement, un de mes défauts. »

Monsieur le Maire et moi-même profitons donc ensemble des bienfaits de la marche à pied, celle qui nous sépare du Skate Parc. La discussion s’engage, mais cette fois je préviens Monsieur Mariton, j’allume mon micro. Et la première phrase que prononce l’édile crestoise est celle-ci :

  • Regardez comme la montagne est belle… 
  • Après 26 années de mandat électoral vous vantez les beautés montagneuses, dois-je en déduire que vous ressentez un certaine lassitude vis-à-vis de la ville elle-même ?
  • Ah, non… ! La ville est belle !
  • Donc vous ne vous inscrivez pas dans ce que Alain Juppé en son temps appelait « La tentation de Venise »… ?
  • Je n’ai aucune attirance pour Venise, pour une ribambelle de raisons… je trouve que ce n’est pas une ville « de vie », or Crest est une ville de vie !

Nous longeons donc tous deux ce bord de drôme qui nous amène vers le Skate Parc… Et discrètement, je ne peux m’empêcher de relever ce graffiti, assez surréaliste…

Ma réaction :

Nous poursuivons. Monsieur le Maire et moi, sommes donc côte à côte, nous marchons, et nous nous rapprochons du Skate Parc, alors je me sens obligé…

  • Obligé Monsieur le Maire de vous entendre dire quelques mots sur la « 8ème merveille du monde », la passerelle du Pont Mistral… Personne ne conteste sa pertinence, certes, mais tout le monde souffle et dit… « Enfin… ! ».
  • Qu’elle est belle la passerelle. That’s all… !
  • Pourquoi les trottoirs du Pont Mistral existent encore ? Initialement, j’avais cru comprendre que la passerelle allait justement se substituer à cette paire de trottoirs qui bordent encore la route à droite et à gauche du pont ?
  • Alors il y a d’un côté « un chasse-roue », qui n’est pas vraiment un trottoir, c’est simplement un élément technique de précaution, pour éviter que les véhicules ne heurtent le parapet, et puis vous le constaterez, il y a un pont qui a été élargi pour les piétons, ce qui permet de fluidifier d’avantage la circulation… Ne pas être obligé de traverser le Pont pour contempler la drôme, et par ailleurs il doit y avoir une piste cyclable qui doit traverser, côté aval… Aujourd’hui la chaussée est trop large pour les voitures, et donc « côté aval », il y a ce passage cyclable, sur la chaussée historique du Pont, qui va être tracée…
  • Monsieur le Maire, à force d’une marche qui fut tout sauf forcée, nous avons avancé. Nous arrivons maintenant en vue du Skate Parc, et j’ai envie de vous quitter sur un point de jonction : finalement cette passerelle c’est une piste formidable pour les skateurs…
  • Au sol… ! Sur le sol lui-même. Et surtout pas sur le banc en bois… Sinon, les personnes s’exposerait à une sévère verbalisation. On peut faire plein de choses, « mettre de la vie dans la ville », et dire qu’il y a aussi des règles à respecter.
  • Monsieur le Maire, au nom du brillant.fr, je vous remercie pour ces précisions d’importance. Bonne fête des cultures urbaines… !

Certains indices nous indiquent clairement que nous arrivons « dans la place »…

Le DJ est en place…

L’animateur est en place :

Le jury est en place :

La buvette est en place :

Le concours de skate peut commencer…

Mais, tiens… puisque le grand Manitou, il Capo de tutti capi, le Parrain de cette manifestation est évidemment, lui-aussi en place, puisqu’il est lui-même skateur, nous allons échanger avec lui… et même, nous allons tester ses connaissances en matière de « planche à roulettes »…

  • Bonjour, je suis Boris Transinne, alors j’ai plein de casquettes en fait… Je suis l’élu délégué à la Culture et à la Jeunesse de la ville de Crest, et je suis le fondateur avec Kaevord Odemard du Club de Skate Board de Crest : le Crest Skate Board Club.
  • Comment ça se conçoit, comment ça se construit un Skate Parc, quelqu’un définit les courbes, les bosses, les rampes ? Comment ça voit le jour un Skate Parc ?
  • Il se trouve qu’avant 2015, ici il y avait un Skate Parc, mais comme on les faisait « avant », en module, en bois etc… un peu dégueulasse et surtout un peu dangereux, et donc en 2015 des jeunes du Conseil Municipal de Crest ont demandé à la ville, de faire un vrai Skate Parc, la ville a répondu « Ok », et donc est né le premier Skate Parc en béton. Alors pour répondre à ta question, oui, il y a des « architectes » en Skate Parc, c’est une boîte qui s’appelle « Constructo », elle est basée à Marseille, elle fait encore des Skate Parc dans le monde entier, et notamment dans la région, ils avaient fait le Skate Parc de Montélimar. Donc, nous nous avons un Skate Parc de 450 mètres carrés, un an après en 2016, on montait le Skate Club, et j’insiste sur l’importance du club, parce que construire un Skate Parc dans une ville c’est relativement facile à faire, mais derrière si vous n’avez pas une organisation, si personne ne s’en occupe, qu’il n’y a aucune animation… Alors, le Skate Parc va rester désespérément vide… Donc le fait que ce club existe autour du Skate Parc nous a permis de demander et d’obtenir de l’éclairage, un local, le Skate Parc a été agrandi, et maintenant on se retrouve avec l’un des plus grands Skate Parc de Drôme-Ardèche… Mais il ne faut pas oublier qu’historiquement le skate n’est pas né dans les Skate Parc, à la base c’est un sport de rue. Alors forcément, l’image du skateur de Skate Parc entre un peu en collision avec le skateur de rue. Ceux qui sont dans les Skate Parc font des compétitions officielles, et les « street skateurs », eux ils skatent pour des marques, ils sont sponsorisés. Alors je ne vais pas parler de « rivalité » mais voilà, les « streeteux » qui font du skate un peu trash, qui sont très antisystèmes, eux ne supportent pas le circuit classique, le formatage, les J.O… Alors on a deux groupes, deux « écoles » qui se tapent sur la gueule, alors qu’à l’inverse, les skateurs qui suivent les filières de compétitions, sans eux les Ligues Régionales, les Comités Départementaux, les Clubs etc… et bien, il n’y aurait pas tous ces gamins qui font du skate, et du coup la discipline resterait très confidentielle. Alors donc le skate était au J.O en 2020, il sera à Paris en 2024, et il y a une chose qui est complètement dingue : on va faire un Skate Parc, Place de la Concorde, qui va coûter plusieurs millions d’Euros… Qui va ensuite être démonté, et détruit… ! La structure sera là juste là pour une semaine ! Alors, quand on parle de développement durable, c’est un peu choquant, et je peux vous dire que la plupart des skateurs trouvent ça scandaleux, et on les rejoint… Maintenant, voilà, on fait des Coupes du Monde au Qatar… Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise?
  • Finalement vous parliez de foot, après avoir évoqué « les deux écoles » du skate, ça me fait penser à la formule « on a tous la même passion, mais on n’a pas le même maillot »…
  • Oui, c’est ça… C’est exactement ça. Mais pour finir, je voudrais saluer l’état d’esprit des skateurs, il n’y a jamais de baston, il n’y a jamais d’embrouille, il y a un grand respect entre skateurs. Ils passent pour des « bad boys », mais en fait ce sont tous de très gentils garçons… Ils sont tous hyper cool… !    
  • Vous pouvez nous briefer sur cette journée… ?
  • Alors c’est la troisième édition du « Skate Kids », la première a eu lieu en 2018, et 2019 il y a eu les travaux d’extension, on n’a pas pu le faire, en 2020 il y a eu ce virus à la con, donc en 2021, on a fait la deuxième édition, et là donc, c’est la troisième édition. On est passé d’une vingtaine de skateurs en 2018, pour la première édition du « Skate Kids », à aujourd’hui… plus de soixante-dix !
  • Je l’avais noté l’année dernière et cette année ça se confirme visuellement, c’est pour tous les âges… Même s’il semble y avoir toujours peu de filles…
  • Oui, c’est pour tous les âges, et tous les sexes… Mais notre spécificité ici à Crest c’est vraiment de s’adresser aux gosses… ce qu’il se passe en fait c’est que dans les compétitions habituelles, comme le FISE à Montpellier, ou les autres grosses compétitions internationales, dans ce genre de compèt’ on fait passer les gamins, le matin « vite fait », et après c’est au tour des têtes d’affiches, et nous, vraiment, ce qu’on voulait c’est que les gamins ici ce soient « les stars »… ! Les 7 / 11 ans, les 12 / 14, les 15 / 17 et enfin les filles… alors là c’est une catégorie, car comme tu le faisais remarquer, elles ne sont pas très peu nombreuses pour l’instant dans le skate ; donc on les a toutes rassemblées dans une seule catégorie…
  • Boris c’est quoi un « bon » skate ?
  • Alors un bon skate déjà c’est la planche. Il faut prendre une planche qui ait une bonne taille et une bon « shape », le shape c’est la manière dont elle est « moulée » en fait… Après il y a différents shapes, plus ou moins concaves, plus ou moins incurvés, avec un tail et un nose, ce sont donc les parties qui sont devant et derrière qui donc sont incurvéees. Donc ça, c’est vous qui choisissez si vous êtes bien ou pas dessus. Après… il faut qu’il soit à votre taille. C’est-à-dire… un skate, ça va de 7,75 et ça monte jusqu’à 9… Mais attention, là je parle de la taille en largeur ! En gros, il ne faut pas que vos pieds dépassent de la planche. La taille c’est très important : si vous faites 1 mètre 80, vous ne prenez pas un skate qui fait 7,75, et si vous êtes un minot qui fait 1 mètre 20, vous ne prenez pas un skate qui fait 8,20 ou 8,25… il sera trop gros quoi…
  • Maintenant, si nous retournons la planche, il y a ce que j’appellerais naïvement « la partie mécanique »…
  • Absolument. Donc il y a les « trucks », ce sont les supports des roues, les axes, ou les essieux on va dire… donc il faut qu’ils soient à la taille de la planche, donc en fonction de la taille de votre planche, vous allez prendre des trucks qui font entre 139 et 169… plus ou moins larges. Mais c’est aussi en fonction de ce que vous faites. Si vous faites plutôt du « street » ou du « bowl »… Donc pour résumer, si vous prenez une planche en 8, il faut que vos trucks ils soient en 149 à peu près, pour que les roues ne dépassent pas, et qu’elles ne soient pas non plus trop « à l’intérieur »… Et puis attendez… (éclat de rire devant mon incrédulité), c’est pas fini, parce que vous avez différentes qualités de trucks, par exemple vous avez les trucks « de base », qui valent 40 Euros la paire, et vous avez des trucks à 90 Euros en titane, évidés à l’intérieur, ultra légers… Alors, ça, c’est le top du top du skateur !
  • Et pour finir, il y a le choix des roues…
  • Les roues c’est pareil, il y a différentes tailles et différentes duretés… Suivant que vous faites du street ou de la courbe, vous n’allez pas prendre la même dureté. En street vous allez prendre des roues très dures, du 90 ou quelque chose comme ça, disons que le compromis entre la street et la courbe, c’est 80. Le diamètre de la roue va de 56 à 52, alors là, c’est vraiment à l’appréciation du skateur.
  • Donc en matière de skate, on ne donne pas dans le prêt-à-porter, on doit donner dans le « sur-mesure » ?
  • Oui, l’idéal c’est effectivement le « sur-mesure », maintenant si vous avez un gosse qui a 5 ou 6 ans et qui veut se mettre au skate et qui n’en a jamais fait, vous allez chez Décathlon, ou Intersport, vous lui achetez un skate à 40 Euros et pour commencer ça ira très bien. Ou alors, vous venez au club, et puis nous on vous prête un skate, il pourra aussi s’inscrire aux cours… La plupart des gamins qui participent aujourd’hui à la compétition, ils ont commencé comme ça, ils ont commencé avec les skates du club, avant d’acheter leur propre skate.

Bon, maintenant que nous savons qu’un bon skate, c’est avant tout une planche de 8 avec un nose et un tail, puis un bon shape, et qu’il nous faut des trucks de 150, et des roues de 60… Il ne nous reste qu’une chose à faire : regarder les autres faire ce qu’ils savent faire…

J’ouvre une parenthèse, dimanche c’était le premier jour du tournois de tennis de Rolland Garros… Avouez, on s’y croirait…

Mais qui vois-je arriver dans l’œil de mon micro ? Super, mon pote…

  • Salut, je m’appelle Kaevord Odemard, tu me demandais ce que je faisais ici… Et bien figure-toi que je me pose la même question et je me demande pourquoi je me fais chier à faire tout ça (rire)… Non, plus sérieusement, je suis donc le Président du Crest Skate Board Club, Fondateur depuis 2016, et donc aujourd’hui je suis l’organisateur du « Skate Kids 3 – 20220 ». Et je suis super content parce que c’est un vrai succès, comme l’année dernière… totale réussite ! Bon, le seul bémol aujourd’hui c’est qu’il fait un peu trop chaud, mais sinon tout est parfait, on a une super équipe, les gens sont contents, les skateurs sont contents, les enfants sont contents, tout le monde est content… !
  • Kaevord, est-ce que le skate board peut devenir un outil de sociabilisation ?
  • Tu as complètement raison. Enfin, tu as raison de me poser la question. Et oui, je te le dis, je suis complètement d’accord avec ça, parce que pour parler juste de moi, avant de faire du skate, j’étais un petit merdeux qui restait enfermé chez-lui, qui ne faisait pas grand-chose, qui était tout timide… et grâce au skate, j’ai rencontré plein de gens, je me suis fais plein de potes qui venaient de partout, de différents milieux, et ça… ça m’a aidé. Le fait d’avoir monté l’association m’a fait rencontrer encore plus de monde, j’ai appris encore plus de choses. Vraiment, le skate, ça n’a que du bon. Que du bon notamment pour les jeunes, il faut les encourager à faire du skate, venir au Skate Parc pour se faire des potes, et partager sa passion.
  • Comment tu réagis à ceux qui font cette équation : skate = buveurs de bière et fumeurs de joints ?
  • Alors moi, comme tu le sais, je ne fais pas partie de la Police ou de la Gendarmerie. Moi, je ne vais pas surveiller comment que les uns ou les autres font leurs vies. Mais oui, c’est certainement vrai, sans doute qu’il peut arriver que certains s’isolent sur un banc pour boire une bière ou pourquoi pas fumer un joint. Mais j’insiste sur une chose : c’est que jamais il n’y a « de troubles à l’ordre public », comme disent les flics, et surtout, il y a une grande tolérance… En fait, on s’en fout… Mais tout ça n’a rien à voir avec l’esprit du skate, même si c’est vrai que c’est une discipline qui vient de la rue, donc forcément, oui, l’esprit reste un peu « street punk »…
  • Est-ce que la création des Skate Parc, n’ont pas pour seule vertu de « contenir » les incontrôlables skateurs de rue ?
  • Oui, absolument, quand il y a des Skate Parc, il n’y a pas de jeunes dans la rue qui vont faire du skate, qui vont défoncer « les bancs des vieux », ou les résidences « des vieux », donc c’est bien… Et puis ici au Skate Parc de Crest, les jeunes ils se rassemblent et surtout ils emmerdent personne.

Je quitte Kaevord sur cette phrase que je fais mienne « vivre et laisser vivre ».

Mais cette journée dédiée aux cultures urbaines devait, passage obligé, passer par le graffiti, si l’art est hors sol, alors que dire de l’aérosol ?

  • Bonjour, je m’appelle Wobe Johnson, je suis street artiste. Alors WOBE, c’est pour World Body Expérience. Alors il faut savoir que je suis skateur depuis 25 ans, donc je connais tout le monde ici. Et c’est Boris Transinne qui m’avait déjà contacté l’année dernière, mais l’année dernière c’était ce qu’on appelle un JAM, à savoir, une fresque réalisée par plusieurs artistes, et moi j’ai dit à Boris, je suis ok, mais à la condition que je puisse m’exprimer sur un mur qui me soit entièrement réservé. Et donc, c’est ce qui s’est fait cette année, avec cette commande réelle de la Mairie.
  • Quelle satisfaction tu tires de pouvoir t’exprimer sur un mur qui doit faire 7 mètres sur 10 mètres, et qui t’est entièrement dédié ?
  • En fait, le mur me domine, et la fresque me domine… je suis toujours obligé de prendre du recul pour voir où j’en suis. Mais ça ne me fait pas peur…
  • Comment tu l’as préparé cette fresque en « nœud de serpents » ?
  • En fait, je voulais revenir sur du volume, et retravailler la ligne, et c’est l’image de la Gorgone, la Méduse… et c’est comme ça qu’est né l’idée de cet entrelacement. Mais les animaux que je représente symbolisent la réadaptation animale face aux enjeux écologiques, et finalement, les animaux que je dessine semblent mieux s’adapter aux choses que l’être humain. Et le serpent reste une ligne… une ligne qui se déforme.

C’est bientôt la remise des prix. On se refait un « skate‘o’rama » ?…

Et là, bon j’avoue que je me suis un peu paumé entre les groupes et les sélections… Il n’empêche que lebrillant.fr a quand même pu échanger avec quelques jeunes champions…

  • Bonjour je m’appelle Louis, et franchement… je pensais qu’on ne m’avait même pas vu, que je ne méritais pas, que c’est pas moi qui avait gagné. Bon, il faut dire quand même que je m’entraîne beaucoup, tous les jours je varie le bowl, la street… Vraiment pour moi skater, c’est la liberté ! Et je dédie cette victoire à mes parents, à toux ceux qui m’ont encouragé, et tous mes copains…

Je continue mes interviews des vainqueurs… Et là, d’une vainqueuse…

  • Bonjour, moi je m’appelle Aubanne (désolé si l’orthographe est mauvaise… snif. NDLR), Alors moi j’ai été troisième, c’était trop cool… Là je n’ai qu’une envie, c’est de retourner skater, pour mettre mon « flip » sur les quatre marches… Quand je suis sur mon skate, je me sens libre, je ne pense plus à rien, je me dépasse tout le temps, et c’est ça que j’adore dans le skate… Moi j’adore la notion du « dépassement de soi »… Et c’est justement pour ça que je dédie ma victoire à mes profs de skate, Victor, Aurélien, à tous mes amis… Je suis super heureuse !
  • Bonjour, moi c’est Roméo et j’ai gagné une planche de skate et « un sachet », j’ai fini en troisième place, et je suis très content, c’est mon premier championnat ! Je dédie cette victoire à ma mère !
  • Bonjour, je m’appelle Quentin et j’ai fini 5ème dans la catégorie 12 / 14 ans. Mais il faut dire que c’est pas « mon » Parc, mais ça va… Moi mon Parc c’est le Skate Parc de Crolles. Mais franchement le Skate Parc de Crest c’est pour moi un nouveau Parc, mais vraiment il est trop bien celui-là… Mais l’année prochaine, je change de catégorie, je vais être dans les « au-dessus de 14 ans », donc il va falloir bosser… !

Pour conclure lebrillant.fr, même absent de l’évènement est et restera « gay-friendly » et soutiendra toujours toutes les marches, surtout quand elles ont la fierté chevillée au corps…

Bonne semaine Brillantes et Brillants, et que tout « roule » pour vous…

Textes et Photos : Mathias Deguelle.

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