LA CULTURE MADE IN CREST

André Malraux, qui en connaissait un rayon, l’a justement affirmé : « La culture ne s’hérite pas, elle se conquiert ». Alors lebrillant.fr n’a pas hésité et est parti à la conquête de cette culture mise en place par la ville de Crest. Jeudi dernier, avait lieu au cinéma l’Eden, la présentation de la saison culturelle 2021/2022. Au programme, des discours où l’humour n’était pas absent, et donc, un film qui mettait bout à bout des images des différents spectacles prévus pour couvrir cette saison à venir. Alors bien sûr, nous n’allons pas ici nous contenter de faire un copier-coller des annonces faites lors de cette soirée inaugurale, non d’abord et avant tout, nous avons voulu ces tête-à-tête avec les responsables culturels de la municipalité.

Demandez le programme !

  • Bonjour je suis Boris Transinne, adjoint à la culture de la ville de Crest.
  • Pourquoi vous et moi sommes à l’Eden ce soir ?
  • Alors, moi je suis là parce que je représente la ville pour la saison culturelle, donc on fait cette soirée d’ouverture gratuite pour les crestois, pour leur présenter la saison culturelle et tous les spectacles qui vont avoir lieu cette année, et ça se passe ce soir à l’Eden
  • Une saison culturelle couvre une année pleine et entière ?
  • Pas tout à fait, la saison théâtrale, va de septembre et se termine en général vers mai, juin. Après ce sont les festivals de l’été qui commencent.
  • Mais la culture n’a pas qu’une seule facette, elle n’est pas uniquement théâtrale.
  • Absolument. Tous les crestois et tous les gens qui habitent aux alentours de Crest savent qu’à partir du printemps il y a des tas de festivals, il y a la fête médiévale, il y a la fête de la musique, il y a un nouveau festival des cultures urbaines, il y a un nouveau festival de métal…
  • Boris, je vous interromps, vous énumérez et j’allais vous poser la question, j’imagine qu’il y a des disciplines artistiques que vous voulez conserver, qui font parties du patrimoine crestois, et d’autres qui sont des nouveautés, des créations… Développez-nous qui sont « les nouveaux arrivants ».
  • Voila, je vous le disais, un festival de cultures urbaines, axé autour du skate-park avec bien-sûr du skate, du hip-hop, du graff, du rap etc… Donc ça, c’est un festival organisé par la ville de Crest, et par le Crest Skate-Board Club. Ensuite il y a le festival Bridge to Hell qui est organisé par « La Boîte en Métal » qui a eu lieu il y a une quinzaine de jours, la deuxième édition aura lieu en septembre 2022, et dans le coin il y a aussi le festival Aouste Stock, qui a lieu à Aouste, ce sont donc nos amis, qui est un festival de musiques actuelles. J’en oublie peut-être, mais à ma connaissance je pense que c’est à peu près tout.
  • Comment se passent les choix et les délibérations, vous êtes tous autour d’une grande table en acajou et là se décide qui va faire quoi ? Expliquez-nous le processus de sélection.
  • Pour les festivals, en fait en général ce sont des associations qui les organisent, donc nous on n’a pas de regard sur la programmation, c’est elles mêmes qui font leur propre programmation, après elles peuvent demander l’aide, le soutien de la ville…
  • Un soutien sonnant et trébuchant ?
  • Oui, mais aussi un soutien en terme de logistique, c’est à dire que les services techniques sont beaucoup sollicités, par exemple sur le festival de Jazz, ils sont très très très sollicités, et après effectivement, ça peut aller sur des subventions, oui.
  • Boris, j’imagine qu’élaborer une offre culturelle qui s’étale sur une saison ça doit se faire autour de deux ou trois axes principaux. Vous pouvez nous en parler ?
  • La culture ce n’est pas que les festivals ou les spectacles, on est d’accord ? Il y a aussi des expositions voilà, il y a vraiment des tas de choses, donc là il s’agit plus du service culturel qui va se réunir et va faire des choix des compagnies, rencontrer des artistes et nous soumettons ces choix aux élus pour validation.
  • En une phrase si vous pouviez me résumer ce qu’est la culture crestoise, est-ce qu’il y a une phrase qui pourrait résumer votre action ?
  • Je pense que la culture crestoise elle est multiple, et elle est intergénérationnelle. Voilà.

Voilà, pour la mise en bouche, mais vous nous connaissez, il nous fallait à tout prix aller à la rencontre de celui qui gère la programmation de cette saison culturelle millésime 2021/2022.

  • Bonjour je suis Eric Aubert, Directeur de la Culture et du patrimoine de la ville de Crest.

  • Je suppose que votre fonction vous permet de bien connaître la culture crestoise, comment la définiriez-vous ?
  • Oui elle est généreuse, diverse, pour toutes saisons.
  • Avec une vraie attention pour les jeunes…
  • Oui, mais elle s’adresse vraiment à tout le monde. On développe quelques activités nouvelles depuis cette année sur des tranches d’âges où les offres étaient peut-être un peu lacunaires, mais il ne faut pas oublier les autres tranches d’âges, on continue avec du théâtre pour les grands on va dire… Ainsi que d’autres animations pour tous les âges.
  • La culture se doit d’être plurielle. Ou elle n’est pas…
  • La culture est plurielle oui, regardez la programmation de la saison culturelle, à vous de voir après comment vous faîtes les additions (rires).
  • Donc c’est à moi de calculer ?
  • C’est ça (rires).
  • Eric j’ai envie de vous poser une question qui sort du local, pour presque devenir philosophique : Comment expliquez-vous cette tendance, on parle de « pop culture », bref, comment vous expliquez que la culture soit de plus en plus associée au divertissement ?
  • C’est pas nouveau. Ca vient de la culture anglo-saxonne, « l’entertainment »… Mais je pense que c’est moins vrai en France. Globalement on a tellement de cultures qu’on pourrait appeler « de niches », qui continuent d’être diffusées, sauvegardées. Vous avez certains événements qui ne s’adressent pas forcément à la population entière et qui malgré tout continuent d’exister avec le soutien des différentes collectivités, du ministère… Un exemple à Crest, le Festival Futura, le festival de musiques electro-accousmatique qui fait venir à Crest des spécialistes du monde entier, mais qui ne s’adresse pas forcément aux voisins crestois parce qu’il faut être un petit peu pointu dans le domaine. Voilà, c’est un exemple, mais à côté de ça il y aura des événements plus grand public comme on dit.
  • Défendre la culture sous la mandature de Monsieur le Maire Hervé Mariton, c’est un sport de combat, ou c’est fluide ?
  • Fluide oui, c’est un bon mot. Aucune difficulté à défendre la culture, après Monsieur le Maire et son équipe mettent une volonté politique qui permet aux agents de travailler correctement. Personnellement je suis là à Crest parce que je connaissais déjà l’offre culturelle crestoise…
  • Vous êtes venu en connaissance de cause.
  • Exactement, et si vous analysez la situation, et si vous voyez ce que la ville fait, on n’est pas du tout ridicules, pour la taille de la ville, pour son bassin de vie, c’est une ville qui clairement met des moyens dans la culture. Donc oui, « fluide », c’était bien comme mot.

Voilà qui est fait, les deux « patrons » de la culture crestoise nous ont livré leurs impressions et leurs sentiments sur la culture crestoise. Maintenant, lebrillant.fr poursuit la soirée en pénétrant dans la salle de l’Eden remplie aux deux tiers, après la remise de prix des meilleurs photos de la fête médiévale, et donc diffusion d’un film qui résumait la programmation de cette saison culturelle. Après le très chaleureux concert de Marion Elgé, nous nous sommes interrogés, et les crestois, ils en pensent quoi de la culture dans leur ville ? Le lendemain, direction le centre-ville pour un petit sondage qui n’a de valeur que pour ceux qui ont bien voulu nous répondre.

  • Bonjour, je m’appelle Anne.
  • Que pensez-vous de l’offre culturelle de la mairie de Crest ?
  • Je trouve que ce qui est présenté prochainement, il y a en ce moment une affiche pour la présentation de la saison avec une comédienne qui est maquillée comme pour découper son cou…
  • Je vous interromps, ce n’est pas l’affiche de la saison culturelle, il s’agit de l’affiche de la chanteuse Marion Elgé.
  • Oui, enfin c’est assez curieux. Et après vous avez « le magasin des suicides », je pense que vu la période c’est de bon ton.
  • Je sens poindre une pointe de sarcasme.
  • Pas du tout (rires).
  • Alors vous le savez peut-être, hier la Mairie de Crest a ouvert la nouvelle saison culturelle qui peut se résumer en trois thèmes principaux : beaucoup de théâtre contemporain, un peu de danse, qu’elle soit classique ou urbaine, et puis des spectacles pour enfants. Voilà pour le résumé un peu succinct. Une réaction ?
  • Plus il y a d’offres, mieux c’est.
  • Le théâtre contemporain est une offre qui vous séduit ?
  • Ca m’intéresserait si j’allais dans le sens du pass sanitaire.
  • Ah. Vous n’avez pas le pass.
  • (…)
  • Vous ne voulez pas répondre.
  • Je n’ai pas à répondre (rires). Mais je veux dire, on n’est pas très loin de Valence ou La Comédie présente beaucoup de choses.
  • Vous pensez que la Mairie de Crest en fait assez ? Parce qu’au fond il y a deux entités culturelles ici à Crest. Il y a ce que la Mairie propose et puis parallèlement il y a tout ce que font les associations.
  • Je pense qu’il y a une gestion des fonds publics. Par exemple ici quand il y a eu le Festival de musique contemporaine, qui est quand même un événement assez rare en France et qui n’existe que depuis 25 ans à Crest et bien lorsque que je me suis rendu à l’Office du Tourisme en demandant le programme, on m’a répondu : Quoi… ?!
  • Ils ne savaient pas à quoi vous faisiez allusion ?
  • Voilà, ils ne savaient absolument pas.

Je quitte Anne, et je poursuis mon vagabondage dans le centre de Crest.

  • Bonjour je m’appelle Jean.
  • Que vous inspire l’offre culturelle crestoise ?
  • Elle est diverse et variée, moi j’y trouve rien à redire, mais je suppose que pour certains, ils n’y a pas assez d’offre.
  • Vous êtes amateur d’œuvres dites « contemporaines » ?
  • Certaines pièces de théâtre contemporain, si elles ne sont pas trop élitistes. Qu’ils ne s’enfoncent pas dans du jargon ou de l’abstrait complet. Parce qu’après c’est soporifique. C’est très bien d’être intello, mais point trop n’en faut.
  • Est-ce que vous considérez que la Fête Médiévale, et le Festival de Jazz à Crest, font partis, définissent, l’offre culturelle de Crest ?
  • Oui, ils sont parfaitement intégrés. L’un est complémentaire de l’autre.
  • J’en déduis qu’avec vous, je suis tombé sur un homme satisfait du travail municipal en matière de culture ?
  • De ce point de vue là oui. Je n’ai pas non plus à m’esbaudir, à lever les bras au ciel, et à maudire qui que ce soit.
  • Vous êtes plutôt abonnement, ou ticket à l’unité ?
  • Vous savez chez moi j’ai une pléthore de livres, moi-même j’écris, donc la culture, je connais.

Je le confesse, parler aux crestois est la plus dure des drogues, une rencontre et c’est l’escalade, on n’arrive plus à s’arrêter.

  • Bonjour, je m’appelle Muriel.
  • Etes-vous « consommatrice » de l’offre culturelle crestoise ?
  • Alors. Depuis les confinements… donc, pas de théâtre. Je retourne de temps en temps au cinéma, et puis parfois des spectacles qui se déroulent dans la ville, mais voilà… pas de théâtre, non.
  • Vous pensez que la municipalité « fait le job » au niveau culturel ?
  • Je pense qu’ils ne communiquent pas assez sur ce qu’il se fait dans le secteur. Ça reste un peu confidentiel… Enfin moi quand je suis arrivée sur Crest, j’ai eu beaucoup de mal à savoir ce qu’il s’y passait.
  • En revanche, avez vous été surprise par l’énergie, la vivacité des associations qui elles aussi proposent des activités culturelles ?
  • Oui pour moi c’est une ville où il y a beaucoup d’associations, il y a beaucoup de choses qui se font mais je reviens sur la communication, ce n’est pas su parce que c’est compliqué de savoir où, quand, comment…
  • Cette année peut, si je résume, être résumée à trois expressions : Le théâtre contemporain, la danse et les spectacle pour enfant. Une réaction ?
  • C’est intéressant. Ça peut potentiellement toucher tous les publics.
  • Le théâtre contemporain ne vous rebute pas ?
  • Non. Absolument pas. A partir du moment où on va vers quelque chose qui s’appelle de l’art il faut s’attendre à tout. Et je dirais il faut être ouvert d’esprit, sinon ça va pas fonctionner (rires).
  • C’est une école de la tolérance ?
  • C’est ça oui. Pour moi, oui.
  • Donc et pour finir, vous êtes tout de même séduite par l’offre culturelle d’une ville de la taille de Crest ?
  • Oui, je trouve qu’il y a vraiment beaucoup de choses à faire, bon il y a toujours des petits temps dans l’année où il se passe beaucoup moins de choses, mais c’est une ville, notamment en été, on n’a pas assez de nos soirées pour tout faire… Par exemple.
  • La Fête Médiévale, fait partie intégrante de l’offre culturelle ?
  • Oui oui. Et puis je trouve que c’est intéressant quand on a du monde, de faire découvrir ça c’est une autre façon de… enfin, moi je trouve ça très intéressant.

Je sautille, je bondis dans les rues de Crest, et armé de mon pacifique micro, je me confectionne un bouquet de crestois(e)s.

  • Bonjour, je m’appelle Estelle.
  • Que vous inspire l’offre culturelle crestoise ?
  • Y’a pas mal d’événements sur la ville de Crest, qui s’adressent à différents âges, donc je dirais que pour une petite ville, c’est pas si mal. Mais bon, on peut toujours faire mieux… (rires). Non, je ne peux pas dire que je suis pleinement satisfaite, mais en tous cas dans ma vie débordée, débordante, pour l’instant j’arrive à assister à quelques sorties culturelles mais pas toutes…
  • Dans le domaine de la culture, il y a deux groupes. Alors on ne sait pas s’ils sont face-à-face ou côte-à-côte, je parle de la municipalité et des associations. Que pensez-vous de ce numéro de duettistes ?
  • Alors moi, je trouve que les associations se bougent énormément sur Crest, et c’est peut-être ça qui fait la force de la ville de Crest, beaucoup plus que ce que fait la Mairie, en tous cas, j’espère que la Mairie peut soutenir un maximum de toutes ces associations pour continuer ce genre d’événements.
  • Vous avez des enfants ?
  • Oui.
  • Est-ce que vous proposez à vos enfants de participer à des activités culturelles, proposées par la Municipalité ?
  • On pense tous à Crest’Actif quand on a des enfants sur Crest. Néanmoins les tarifs ne sont pas toujours abordables, en tous cas pour nous, notre famille. Du coup, non, jusqu’à maintenant, on n’a pas adhérer.

Allez, le dernier crestois, c’est pour moi. Pour la soif.

  • Bonjour, je m’appelle Denis.
  • Trouvez-vous que la mairie en fait assez en matière de culture, ici à Crest ?
  • Oui je pense qu’ils font le maximum de ce qu’ils peuvent faire.
  • Vous êtes homme à vous abonner pour une saison entière ?
  • Non, moi c’est plutôt coup de tête… Ou coup de cœur plutôt (rires).
  • Vous trouvez ça cher, la culture ?
  • Non, c’est abordable. Ça me convient. Moi je suis satisfait de vivre à Crest, c’est une bonne ville. Je suis content. Voila.

Je vous ai dit que c’était le dernier ? Et voilà, lebrillant.fr ne pourra jamais s’empêcher de vous en offrir un peu plus. On est comme ça.

  • Bonjour, je m’appelle Christian.
  • Que vous inspire l’offre culturelle de Crest ?
  • Elle n’est pas très importante, mais très variée. Bon, c’est vrai qu’en ce moment, avec toutes ces contraintes sanitaires c’est pas évident.
  • D’une manière générale, est-ce que l’offre culturelle crestoise vous paraît suffisante ?
  • Non. Moi je m’occupe des concerts qu’on fait à l’église, l’été, les concerts classiques. Donc à mon avis c’est un aspect des choses qu’on pourrait développer sur la commune. Et puis moi je suis jazzman, donc j’aimerais bien qu’il y ai du jazz, moi je joue du banjo. Alors c’est vrai qu’il y a le Festival Crest Jazz…
  • Houla… Visiblement, vous n’êtes pas client !
  • Pas trop… Moi c’est plutôt du jazz ancien on va dire, avant les années 40 on va dire, donc là c’est pas tout à fait mon style (rires). Mais en revanche je suis client comme vous dîtes de la Fête Médiévale… Nous on offre un petit spectacle devant l ‘église à chaque fois, avec les costumes et tout… C’est bien.
  • Selon vous il y a rivalité ou complicité entre les associations et la Mairie ?
  • Je sais pas trop, ça doit certainement nuire au développement culturel de la ville.
  • Ça ne peut pas l’enrichir ?
  • Pas sûr. Parce qu’après ça fait des conflits, chacun son domaine… donc ça se durcit d’un côté comme de l’autre. Enfin je pense.

Pour conclure cet article, parlons prix, le prix du spectacle municipal varie entre 5 à 15 Euros, l’abonnement annuel va de 18 à 52 Euros, la formule 3 spectacles vous coûtera entre 8 et 25 Euros, et enfin, il existe un passe qui vous permet de choisir au dernier moment, il coûte 60 Euros pour une année de spectacles. Voilà, vous savez tout.

Et puisque nous avons commencé cet article par une citation, vous me permettrez de le finir par un proverbe africain : « Un homme sans culture, ressemble à un zèbre sans rayure».

Mathias Deguelle.

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