ÉTÉ 2022: LE BILAN DES CRESTOIS.

Bonjour les Brillantes, bonjour les Brillants.

Quel souvenir allons-nous garder de l’été 2022 ? Oui, dit comme ça, la réponse semble évidente, et le résultat, vous allez le lire, va certainement confirmer votre pronostic.

Lebrillant.fr a toutefois voulu entendre celles et ceux qui flânaient dans les rues de Crest ce mardi matin. Profitant du marché, des notes des musiciens de rue, des étals multicolores, les crestoises et les crestois n’en restaient pas moins vigilants, voir légèrement inquiets pour certains… Mais quoi… ? Puisque la rentrée n’est pas encore là, les derniers instants estivaux sont à savourer avec délicatesse et lenteur, ils n’en sont alors que plus délectables.

Allez, suivez-moi, et recontextualisations, nous sommes donc mardi matin, il est environ 10h 00, je sais par expérience que celles et ceux qui parlent le plus aisément dans un micro, ne se trouvent pas dans la cohue d’une foule… trop de regards et d’oreilles indiscrètes, l’interviewé perd alors sa zone de confort. Donc, je m’éloigne du cœur du marché pour revenir sur les personnes qui s’y rendent et qui donc, acceptent de stopper leur marche pour me répondre.

Alors, nous allons suivre l’ordre chronologique de mes rencontres, et donc je vous présente… Andrée.

  • Bonjour Andrée…
  • Bonjour. Alors moi ça va…
  • Andrée quel souvenir allez-vous garder de cet été 2022 ?
  • Bah… Moi j’aime bien, j’ai bien aimé, mais voilà, c’est toujours pareil, les étés se suivent et se ressemblent, voilà…
  • Bon, Andrée, je ne peux pas vous laisser dire ça, cette été il y a eu la canicule, et…
  • Oh, bo, bo, bo… Il y a eu rien du tout, alors c’est vrai qu’il a fait chaud, et qu’il y a eu des incendies, c’est vrai mais enfin il n’y a pas eu « un grand truc »… Moi je trouve que cet été on a été très bien, moi j’aime bien comme ça, regardez comme je suis…
  • Je vois, en T-shirt, tranquille…
  • Et oui, voilà…
  • Andrée, je peux imaginer que vous êtes grand-mère, donc je ne vous apprends rien quand je vous dis que la rentrée scolaire se rapproche…
  • Oui, je suis même arrière-grand-mère ! Deux fois ! Alors il y a André…
  • Tiens, comme vous…
  • Oui, André comme moi. Et puis l’autre c’était… (un temps), comment c’était déjà ? (un autre temps), Gilbert ! Moi pour cette rentrée je leur souhaite beaucoup de bonheur, et beaucoup de santé parce que je les aime bien, ce sont mes petits-enfants… et puis voilà.
  • Dites-moi Andrée, je change de sujet, mais si je vous parle de la guerre en Ukraine, est-ce que ça vous choque ?
  • Non. Non ça ne me choque pas parce que je suis comme ça… Voyez, moi j’aimerais bien que le prochain été en 2023, soit le même que cette année, je voudrais bien. Mais est-ce que ça va le faire ? J’en sais rien. Beaucoup de choses me font douter maintenant, tout est renversé, c’est jamais pareil, un coup c’est blanc, un coup c’est noir… un coup c’est bien, un coup c’est pas bien, alors vous savez… c’est dur. Il faut sans cesse pouvoir s’adapter, et moi je vais vous dire, je fais comme je peux, mais c’est pas facile

C’est bon ? Nous continuons ? Parce que vous n’êtes pas encore au point d’avoir rassasié votre soif de bon sens. Je suis toujours près de la passerelle qui doit rester comme « la Pyramide du Louvres » de Monsieur le Maire, et là bim… J’arrête Thomas dans sa course, et re-bim, j’adhère à tous les mots de Thomas. Voici Thomas…

  • Ce fut l’été le plus chaud que ne n’ai jamais vécu. Et franchement ça m’angoisse. Je me dis que « si c’est ça la norme », et bien, il va falloir alors qu’on fasse de sacrés efforts pour s’adapter.
  • Là, vous avez accepté d’être arrêté par moi, je vous en remercie, mais ce qu’il faut que je précise, c’est que vos très jeunes trois enfants sont également parmi nous… J’imagine donc que vous avez un avis sur cette adaptation qui va inévitablement concerner la génération qui vient…
  • Mais c’est déjà nous, vous savez… C’est nous, c’est l’ensemble du vivant, et puis en plus effectivement ce seront nos enfants. Donc oui, la question c’est ça : est-ce que cet été c’était la norme ? Est-ce que c’était exceptionnel ? Et puis si c’était exceptionnel, à quelle fréquence, ça va être l’exception ? Et maintenant, on va voir les orages de cette semaine, on va avoir l’automne qu’on va avoir, les pluies et leur intensité. Ce qui est sûr c’est que ça ne présage pas grand-chose de bon et que la manière dont nos sociétés changent n’est pas du tout suffisante.
  • Il y a un entêtement à ne pas voir les choses ?
  • Oui, mais surtout il y a une inertie du système économique dans lequel nous nous trouvons, il y a des pouvoirs, qu’ils soient privés ou publics, qui ne comprennent pas l’urgence dans laquelle nous nous trouvons, ou qui font semblant de ne pas la voir, parce que ça dérange trop leurs intérêts.
  • A vous entendre, il y aurait comme une obligation à l’écologie…
  • Je dirais plus une obligation à l’économie des énergies, du vivant, des ressources, de la mobilité… et en gros : tout faire baisser ! Alors je ne dis pas que nous devons vivre dans l’astreinte, mais personnellement je ne ressens aucun sentiment de liberté quand je vois tous les déplacements automobiles, les gens forcés au travail non, non, je pense qu’on s’est trompés, on a accumulé les erreurs sans vraiment vouloir les voir, et on peut tout à fait vivre sereinement, enthousiastes et heureux avec beaucoup, beaucoup moins d’objets, de produits d’oppression, de travail… je pense que c’est tout à fait organisable, il faut juste se dire que c’est ça qu’on veut, et que c’est vers ça qu’on va.

Je repense à la célèbre citation de Marc-Aurèle : « Accomplis chaque acte de ta vie comme s’il devait être le dernier », je traverse et incroyablement je tombe sur Marc-Antoine qui, je cite encore, a dit : « Depuis que pour nous le jour luit, un an succède à l’an qui suit ».

Je laisse donc la parole à Marc-Antoine…

  • Alors, si je ne devais garder qu’un souvenir de cet été, ce serait sûrement le passage de la Pierra Menta avec ce tour dans le beaufortain qu’on a fait avec des copains, on était une quinzaine à partir en randonnée pédestre pendant sept jours.
  • Et si on élargit le spectre ?
  • En élargissant le spectre je dirais que la vie reprend son cours. On a eu un bel été… bon il y a eu des problèmes sur différents secteurs, mais on a quand même bien profité je trouve.
  • Le randonneur que vous êtes doit avoir un avis sur tous les incendies qui ont frappé la France…
  • Bon c’est vrai que le nombre d’incendies qui augmente doit être pris en compte, je veux dire ce n’est même plus un signe avant-coureur, c’est un signe concret que la planète part à volo…
  • Quand on parle de restriction de personnels dédiés à l’entretien des forêts ça suscite quel genre de réflexion chez vous ?
  • Moi je suis outré. On arrive pas à se concentrer sur les problèmes qui peuvent répondre aux vraies questions. On se pose des questions sur la répartition des ressources, mais on ne réfléchit qu’à une échelle un peu trop « fermée » en fait. On devrait élargir notre vision et réfléchir en tant que citoyen du monde, et arrêter de se renfermer sur nous-même. Ce sont des problèmes qui nous impactent nous au quotidien, les incendies etc… Il y a des gens qui ont perdu leur habitation, il y a des faunes et des flores que nous sommes en train de perdre… il y a plein de gens qui sont dans la merde maintenant, économiquement, c’est pareil, tout part à volo, et vraiment… on réfléchit tous à notre petite échelle et en fait si on regarde les infos, on voit pleins de problèmes, et tout le monde va réfléchir sur ce problème, alors que personne ne va réfléchir aux solutions de ce problème. Et aujourd’hui il faut vraiment les trouver ces solutions, et pas perdre du temps sur les causes de ces problèmes. On ignore les problèmes dans l’espoir qu’ils disparaissent, et nous sommes dans un pays qui a pas mal de « têtes pensantes », et pas mal d’ouvrages ont été publiés, de scientifiques qui essaient de secouer un peu tout ça depuis des dizaines d’années, et à chaque fois aux élections ce ne sont pas les sujets qui sont mis en avant. Il y a des regroupements de scientifiques, d’universitaires etc… qui publient des documents qui avant les élections ont eu la promesses d’ouvrir des discussions, de faire des débats publics, et puis ça n’a jamais eu lieu… C’était encore une course aux voix… Ce n’était pas une course aux idées, c’était une course aux voix.

Le marché de Crest était ensoleillé, mais vous l’avez lu, la sombre inquiétude demeure. Continuons notre déambulation, je reste à l’affut, toujours posté vers la huitième merveille du monde la « Mariton’s Passerelle » nettement moins blig-bling que la Trump Tower…

Tiens, lui je le sens bien, je suis sûr qu’il a un ou deux mots à nous dire sur le sujet du jour…

  • Bonjour Yves, c’est la fin de l’été 2022, quel souvenir, quelle image, allez-vous conserver de cet été ?
  • Personnellement, c’est ma maison qui commence à construire. Maintenant pour mon souvenir au niveau national, et en temps qu’ancien pompier, il ne vous étonnera pas d’apprendre que les incendies de forêts m’ont beaucoup marqués, et même ça m’a fait un peu chier pour tout vous dire.
  • Parce que les pompiers, sont aux avant-postes de ce dérèglement climatique ?
  • Oui, c’est là où on voit le climat qui plonge quoi… Parce qu’il n’y avait pas tout ça avant. Que ce soit la flotte… que ce soit… Voilà, les incendies, c’est catastrophique.
  • A quoi vous avez pensé lorsque vous avez appris que l’état français a du avoir recours aux forces de pompiers venus d’à peu près toute l’Europe, pour venir en aide aux pompiers de France ?
  • Mais ça démontre clairement nos manques de moyens. Phénoménal. Quand on a que sept Canadairs dans le sud de la France, et qu’on a que cinq pilotes, il y a un gros problème. Un gros problème ouais…
  • On parle de la rentrée, mais pas que scolaire, nous allons dire deux mots sur la rentrée sociale. En gros, comme l’a dit le Président, nous allons devoir « payer le prix de la liberté »… La guerre en Ukraine, ça vous inspire quoi ?
  • Oh mais l’Ukraine elle a bon dos. Moi je ne suis franchement pas du tout convaincu que l’Ukraine soit à l’origine de ce que nous subissons. Comme par hasard, l’essence, comme par hasard, l’huile, comme par hasard, la moutarde, comme si on était pas capable de nous fournir nous-même, hein, et comme par hasard, l’Ukraine, l’Ukraine, l’Ukraine, l’Ukraine, l’Ukraine (je les ai compté – NDLR), dès qu’il se passe quelque chose, voilà, c’est de la faute de la guerre en Ukraine, et à côté de ça, on n’intervient pas, on ne fait rien quoi… À part des réunions à la con, où on va dire « on va piquer de l’argent à droite, à gauche »… Arrêtez… C’est pas l’argent qui va faire arrêter la guerre.

Je quitte Yves en me disant que c’est peut-être l’argent qui va la faire perdurer. Mon bob me protège du soleil, j’ai l’âme légère, écouter tous ces crestois me met le cœur en joie, pour tout vous dire.

Ah, lui…

  • Bonjour, je m’appelle Paul-Jean. Alors pour moi le fait marquant de cet été 2022, c’était le rivière Drôme. Ça fait plus de 55 ans que j’habite sur Crest, et je n’ai jamais vu la rivière aussi basse. Alors évidemment ça m’inspire beaucoup d’inquiétude, notamment sur le problème des réserves en eau, parce que je pense que l’avenir nous réserve des étés encore plus chauds donc la ressource en eau, va être très problématique.
  • Concernant l’eau, on parle de « l’or bleu », pour vous c’est le défi de l’avenir ?
  • Je pense que l’eau va déclencher des batailles très importantes. Ce que je redoute c’est que l’eau on va la payer de plus en plus chère, et ça va être un bien qui va être très cher, et vraiment, je ne pense pas qu’on se prend en main, par rapport à ça, on ne réutilise pas les eaux usées alors que dans plusieurs pays d’Europe c’est le cas. Donc oui, je pense qu’il y a un gros gros problème au niveau des ressources en eau.
  • Elle passe par quoi la solution ? Par des mesures restrictives décidées par l’État, ou par une discipline individuelle ?
  • Bah il y a l’état, et puis il y a le cas par cas. Il faut que les personnes soient plus « prenantes », sur ce sujet. Je ne pense pas qu’on ait réellement pris conscience de la gravité de ce qui est en train de se passer sous nos yeux. Et pour tout vous dire, moi je viens d’Albertville, avec les stations et tout, la ressource en eau avec la neige… On pourrait se croire préservés… Et bien, c’est le même combat ! C’est mondial ! Voilà, c’est tout ce que j’avais à dire, mais je pense que l’eau, bientôt ça va être compliqué.

C’est quand même assez réconfortant d’écouter la lucidité. Bon, ce n’est pas forcément joyeux, mais vu la couleur de l’avenir, forcément l’esprit lui-aussi est un peu noir.

Monsieur… Hep, Monsieur… Là on dirait que je hèle un fiacre en plein marché de Crest. Or, pas du tout. Je ne faisais qu’interpeler Jérôme.

  • Pour moi les faits marquants de cet été 2022 sont la sécheresse et les incendies. Le réchauffement climatique pouvait paraître pour beaucoup de personnes comme quelque chose d’assez abstrait, c’était pour plus tard, on trouvera des solutions… donc là ça donne un côté très concret, très réel à ce qui nous attend puisque ça ne va qu’empirer, donc j’espère qu’enfin ça va faire un peu bouger les esprits parce que c’est très triste ce qu’il s’est passé, mais je pense que l’été 2022, dans vingt ans, pourra nous paraître comme une période dorée… Et il faut que les adultes pensent à leurs enfants et à l’avenir.
  • Selon vous, est-il déjà trop tard ?
  • Alors oui, disons que ça ne peut qu’empirer, ce qu’on peut, c’est limiter la croissance de ce réchauffement, en faisant pas mal de choses en termes politiques mais aussi nous, au niveau de nos actions quotidiennes, de nos déplacements, la façon de se chauffer, de consommer… mais oui, surtout au niveau politique. On dit toujours « regardez il y a 20 ans, les produits étaient meilleurs », et donc il y a beaucoup de choses qui étaient mieux il y a 20 ans, et donc dans 20 ans il est à craindre que tout empire, la qualité de l’air, et puis ce problème sécheresse ne peut qu’empirer, je ne vois pas comment il peut s’améliorer. Donc, il faut prendre conscience des difficultés que ça entraîne, pour changer les choses, le plus vite possible.
  • Quel est le message que vous enverriez aux générations futures, à celles qui vont nous succéder vous et moi ?
  • Lâchez rien. Il faut rien lâcher… parce que je vois beaucoup de personnes qui sont de la génération de mes parents, qui n’ont jamais fait un seul geste pour le climat, qui n’ont jamais eu aucune conscience de ça, qui ont toujours consommer selon leur bon plaisir, et… c’est ce que font les américains par exemple, c’est « nous d’abord, notre confort d’abord, et on ne fera rien qui puisse aller contre notre confort de vie », donc oui, il faut que les jeunes se battent pour changer les mentalités, et pour empêcher ça, pour arrêter ça, pour comprendre qu’il faut voir la société autrement, plus comme une foire où on consomme, mais comme un lieu de partage équitable entre les gens.

Vous pouvez en déduire une forme de bipolarité, mais là, je vous assure, j’ai quitté Jérôme, j’étais plombé… En fait, vous savez quoi ? J’avais besoin qu’on me parle d’amour. Tout simplement.

  • Je m’appelle Déborah, alors moi mon souvenir marquant de cet été c’est la canicule, la chaleur et l’eau qui s’assèche. Malheureusement.
  • Ça vous inquiète ?
  • Non, je ne suis pas inquiète parce que j’ai foi, j’ai confiance dans la vie, je pense que ça va bien se passer… Mais j’aimerais que ça bouge et qu’on prenne conscience des choses. Moi ça m’a ramenée, même moi, à la qualité de l’eau et maintenant quand je bois un verre d’eau et bien je le bois avec beaucoup plus de conscience, et ça m’a fait du bien… j’aimerais aussi qu’on arrête d’aller jusqu’à des extrêmes, il faut juste savourer qu’on a la chance d’avoir une belle planète et quand il y a un beau soleil et une belle rivière, on a tout quoi…(rire).
  • Vous êtes une future maman, vous êtes enceinte. J’imagine que vous avez déjà imaginé quelle forme prendra cette transmission du beau à votre futur enfant…
  • Je vais lui parler d’amour et de l’amour de tout en fait… L’amour de la terre, l’amour des humains, l’amour des animaux, le respect… Ça paraît un peu bateau, mais c’est ça… ! (éclat de rire).

C’est le grand-huit de l’émotion, du rire aux larmes. Maintenant j’angoisse un peu, sur qui donc vais-je tomber ?

Pour la photo, tu peux… ? Non. Ok, pas de problème, ça ira très bien comme ça.

  • Bonjour, je m’appelle Jordan, et moi je retiendrais le manque d’eau dans la rivière Drôme. Pour moi elle n’a jamais été aussi basse et ça fait mal au cœur, ce qui m’amène à penser qu’il faut une vraie politique de la gestion de l’eau, régulation de l’arrosage des agriculteurs, notamment en journée, une réflexion sur les piscines, sur la qualité de l’eau… Une réflexion globale en fait.
  • Tout le monde parle de la canicule de cet été, est-ce que pour vous il y a une prise de conscience collective, est-ce que cet été 2022 aura été un révélateur ?
  • Non, les questions elles étaient déjà posées avant… Simplement ça permet effectivement à tout le monde de voir un problème réel qui est objectivé, qui est là sous nos yeux, or je ne pense pas que les pouvoirs publics aient suffisamment pris en compte cette réalité, il y a des mesures départementales par les préfectures etc… mais qui sont pas vérifiées, appliquées, donc tant qu’on sera que dans l’incantatoire et pas dans l’injonction de nouveaux changements de pratiques, ça ne marchera pas.
  • Vous pensez que c’est par l’obligation, voir par la loi, que l’on va résoudre le problème de l’usage de l’eau ?
  • Mais bien sûr, quand on voit qu’une piscine nécessite une mètre cube par jour pour rester à niveau et pour que les gens puissent se baigner, quand on voit qu’un été dur trois mois comme celui-ci, on imagine la quantité d’eau et de ressources qui sont utilisées pour une piscine, pour une maison, donc à l’échelle de toute la vallée c’est impressionnant. Alors pour moi il ne s’agit pas je le précise, d’interdire les piscines, c’est simplement de dire qu’on peut les utiliser à certaines périodes, et que lorsqu’il y a restriction, on en a un usage différent.

Bien, l’unanimité est donc d’accord sur ce point : l’été 2022 aura sonné comme un lanceur d’alerte, nous l’avons entendu. Avant de quitter le marché, je me faisais fort de rencontrer un optimiste, quand soudain, surgit face au vent : Patrick.

  • Pffuuu… ce fut un été très chaud… Il y a eu deux étés finalement, jusqu’à fin juin, et puis là on a un nouvel été qui démarre.
  • C’est source d’inquiétude pour vous ?
  • Non, alors pas du tout. Non, il faudrait simplement que les saisons soient bien  marquées une nouvelle fois, et puis ça serait très bien. Parce que des étés chauds on en a connus, mais il faudrait que les saisons soient marquées derrière. Non… il fait chaud, c’est tout.
  • La rivière Drôme n’a jamais été aussi basse…
  • Oui… Mais elle va remonter. Il faut être optimiste dans la vie, sinon on ne va pas y arriver. Donc il va falloir faire attention à notre consommation d’eau, à nos gestes quotidiens.
  • Est-ce que vous qui êtes un ancien vous ne vous sentez pas un peu en décalage sur ce sujet par rapport aux générations futures ?
  • Justement, c’est à nous « les vieux », les anciens, ou les moins jeunes, de dire à nos petits enfants « faites gaffe, si vous ne faites rien, ça peut être dangereux pour la suite ».
  • Optimiste mais lucide…
  • Bien-sûr, là je suis venu à vélo, et je vais rejoindre ma femme et ma petite-fille.

Merci Patrick.

J’ai comme un pressentiment, et si l’année prochaine, à la même date, et dans le même exercice, les interlocuteurs crestois me disaient :

« la chaleur… c’était nettement plus supportable l’année dernière ».

Texte et photos : Mathias Deguelle.

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