ET SI POUTINE AVAIT FAIT DE NOUS DE VRAIS ÉCOLOS ?

Bonjour les Brillantes, bonjour les Brillants.

Le carburant, le gaz, l’électricité, l’alimentation… nous allons toutes et tous entrer dans une période de récession, donc devoir dépenser moins pour payer moins. Les causes sont multiples mais la guerre menée en Ukraine est à l’évidence l’une d’entre-elles…

Alors, en imaginant que l’économie de la carotte s’est substituée à celle du bâton, nous pouvons dès lors en conclure que toutes nos économies et toutes nos restrictions lui sont imputables… Donc, que Poutine a réussi là où les écolos ont échoué, il nous a rendu économes… CQFD…

L’argument est cruel, il paraît absurde, mais il mérite vos analyses. Alors, est-ce qu’une guerre qui restreint l’énergie peut devenir utile pour l’avenir de la planète ?

Réponses de crestois :

Bonjour Philippe…

  • Aujourd’hui suite notamment aux conséquences de la guerre en Ukraine, nous subissons des restrictions énergétiques, et des augmentations pour tous ce qui concernent nos façons de vivre, donc voici ma question : puisque que nous sommes dans une forme de restriction généralisée, est-ce que nous ne le devons pas à Poutine, et de fait, est-ce que Poutine, et sa guerre n’a pas impulsé un grand mouvement écologique ?
  • Et bien c’est une bonne question, parce qu’indirectement il faut être honnête, factuellement la réponse est oui… ça fait partie de cette logique naturelle, en ce sens que parfois ce ne sont pas les bonnes choses qui sont là pour nous aider, comme si « un moindre mal pouvait avoir des conséquences pour l’ensemble du bien de toute la communauté ». Vous connaissez l’histoire de l’oiseau dans la merde ? Allez, asseyez-vous, et si vous avez deux minutes, je vous la raconte, c’est une parabole qui nous vient du film « Mon nom est personne », la voici :
  • « Il s’agit de l’histoire d’un oisillon qui ne savait pas voler, et un soir, en plein hiver, l’oisillon tombe de son nid et se retrouve sur un sentier. Alors il se met à crier « piii, piii, piii… » parce qu’il meurt de froid. Et puis, pour son bonheur, arrive une vache, elle le voit, et elle veut le réchauffer. Alors, elle soulève sa queue, et paf, elle pose une grosse galette fumante grosse comme ça, qui recouvre entièrement l’oisillon. Le petit oiseau sort sa tête de la merde et il remet ça, « piii, piii, piii… ». Et là, par ses cris attirés, un renard arrive, il allonge une patte, il extrait délicatement l’oisillon de son tas de merde, il le nettoie, et ensuite… miam… le renard le gobe et n’en fait qu’une bouchée ». Et voilà. La morale de cette histoire c’est que ceux qui te foutent dans la merde, ne le font pas forcément pour ton malheur, et ceux qui t’en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur. Mais il y a surtout il y a ceci : si tu es dans la merde : surtout, tais-toi ». 
  • (…)
  • Bah que se passe-t-il ? Tu ne dis plus rien ?
  • Je ne sais pas Philippe. Peut-être êtes-vous le renard de votre fable ?
  • Certainement pas, mais peut-être que Poutine est la vache…
  • Donc celui qui te met dans la merde, n’en est pas pour autant responsable ? C’est ça ? Bon Poutine n’en reste pas moins un va-t’en guerre, mais il reste quelque qu’un qui défend ses frontières et son pré-carré… Et je pense qu’il n’ignorait rien des conséquences énergétiques de sa guerre, il le savait que nous allions devoir nous restreindre, et bien évidemment conséquemment il avait prévu que cette guerre allait se placer sur un rapport énergétique.
  • Mais est-ce que les restrictions énergétiques qu’on nous fait passer pour des vertus écologiques, faisaient partie de son plan de guerre ?
  • Évidemment non, mais dans un deuxième temps, il ne doit pas en être étonné : action/réaction. Je vous prive, vous devenez écolos pas la force des choses, vous comprenez ? Mais soyons sérieux, il y a les actions de Poutine c’est vrai, mais il ne faut pas oublier le faussaire de la république qui gouverne la France, lui non plus ne savait pas, car ce qui était important c’était d’amener le monde vers un chaos capable de cacher leurs gabegies et leurs échecs qui se sont évertués a faire depuis de si longues années.
  • Bonjour Joël…
  • Bonjour à tous les lecteurs du Brillant… bon c’est vrai, ce que je pense c’est que nous assistons à une surévaluations des prix, et cette surévaluation n’a d’autre objectif pour que les grosses multinationales qui s’en mettent « plein les fouilles », enfin… il n’y a qu’à voir les profits qu’ont fait des Total, ce sont de milliards et des milliards… maintenant, cette crise économique, est une réalité donc, alors si ça peut nous faire prendre conscience du désastre écologique, je pense évidemment à la sécheresse et notamment aux feux de cet été, si ça peut nous faire réagir, je dis oui… mais bon, il faut que nous dépassions les simples mesures comme trier les déchets, non… ce qu’il faut maintenant revoir c’est la structure même de notre société, et à mon sens ça passe par un limitation du capitalisme.
  • Alors, cette guerre en Ukraine, n’est-ce pas le moyen de passer de la carotte au bâton ?
  • Non, je ne pense que ce soit forcément pour nous obliger à devenir écolos, mais permettre, je l’espère, aux multinationales de reverser leurs énormes profits. Alors maintenant, que ce soit repris, amplifié par les médias, qui nous incitent à prendre des mesures écologiques, je pense que c’est plutôt bien.
  • Il n’y a pas un gouffre entre le message diffusé par les médias et votre conscience ?
  • Oui, c’est le moins qu’on puisse dire, il y a effectivement un gouffre… parce qu’il ne faut pas se leurrer, les médias appartiennent à qui ? Ils appartiennent aux milliardaires de notre pays. Qui a la presse ? Qui a les télévisions privées ? Qui véhicule ces idées comme quoi il faut faire des sacrifices ? Ce sont ces médias là… Alors, oui, il faut s’autoresponsabiliser, mais il faut aussi ne pas voter pour n’importe quoi et n’importe qui.
  • La démocratie peut encore sauver la planète ?
  • Bah, la démocratie est mise à mal, la moitié des gens ne vont pas voter, mais c’est dû à quoi ? Je pense que les médias jouent un rôle très négatifs, parce que lorsqu’il y a une petite phrase, je prends le cas de Sandrine Rousseau, c’est repris en cœur par nos médias, mais nous ne sommes pas sur le fond du problème, on ne fait que nous amuser avec de petits discours qui à la longue imprègnent les esprits.
  • Bonjour, je m’appelle Ludivine…
  • Moi c’est Emma…
  • Oui, va savoir, aussi bien cette guerre en Ukraine, elle crée une crise de l’énergie pour qu’on fasse des économies, et que donc on devienne écolos. Moi j’ai bientôt treize ans et oui, à mon niveau j’essaie de faire un peu d’écologie, en triant un peu mes déchets…
  • Bah, c’est vrai je suis d’accord avec Ludivine, la guerre en Ukraine c’est inquiétant mais, je ne pense pas que ce soit juste pour qu’on soit écolo parce que en soit, lancer des bombes comme ça pour que les gens deviennent écolos, ça me paraît trop bizarre. Mais c’est vrai que si cette guerre nous permet de faire des économies, donc de devenir écolos, et bien c’est bien, mais attention… je ne dis pas que des gens qui meurent c’est bien… mais en fait dans un autre sens, je me dis que là, c’est bien que les gens se rendent comptent que c’est bien que ce qu’on faisait c’était pas très cool, et que s’ils pouvaient prendre des petites considérations qui peuvent améliorer leur comportements écologiques, c’est pas plus mal.
  • Vous en en voulez à ces adultes qui vous laissent une terre qui ressemble à une poubelle ?
  • Mais vous savez, moi je crois qu’on a encore un peu le temps de changer un peu les choses avant qu’il ne soit trop tard, et que ce serait bien d’améliorer nos habitudes pour sauver la planète et toutes les autres générations. Tu crois pas Emma ?
  • Carrément, parce que sinon, on va se trouver avec une planète toute dégoutante où on aura du mal à respirer ; où on devra porter des masques, avec pleins de maladies, et ça, ça ne nous enchante pas trop.
  • Vous avez toutes les deux treize ans, est-ce que estimez que vous êtes plus écolos que vos parents ?
  • Heu, non. Pas plus, mais j’essaie de les suivre. C’est eux qui m’ont entrainé, et moi j’essaie d’être un peu comme eux.
  • Moi je dirais que je suis un peu plus écolo qu’eux, parce que par exemple le matin, quand ma mère elle se coiffe, elle laisse la lumière de la salle-de-bains allumée, et moi je repasse derrière-elle et je lui dis « bon, il faut éteindre, ça coûte cher »…
  • Bonjour, je m’appelle Anthony et j’ai vingt ans…
  • Donc vous êtes en train d’imaginer que la guerre en Ukraine serait menée pour que des restrictions énergétiques nous soient imposées et que donc, on nous oblige à devenir écolos ? C’est ça, j’ai bien compris ? Alors au-delà de votre scénario qui est un peu fantaisiste, voir complotiste, je vous dirais juste que pour moi c’est très important d’être écologiste, en vrai, je pense que c’est notre dernière chance… Il faut s’activer maintenant, il ne faut pas perdre de temps, pour les futures générations… j’ai très peur. Après oui, je pense que vous et moi nous n’avons pas toutes les réponses et que pourquoi pas, il peut y avoir une sorte de complot, l’état a peut-être organisé ça, comme un peu avec le Covid, le Covid, bizarrement il est en Chine, et hop il arrive dans toute l’Europe et on doit se restreindre, voilà… j’ai un peu le même sentiment qu’à la période du Covid.
  • Et si la crise énergétique et alimentaire devait s’arrêter demain ? Quel serait votre comportement ? Vous auriez encore des réflexes écolos, ou bien, vous redeviendrez un consommateur comme avant ?
  • Bah, oui… en tous cas j’essaierais de rester écolo, parce que si on commence il faut aller jusqu’au bout, et puis sincèrement l’écologie aujourd’hui ça doit devenir une priorité de la France et même de l’Europe et du monde, donc oui, il faut commencer dès maintenant, et ne pas perdre de temps quoi… Des fois il m’arrive de penser à mes futurs enfants, et je pense qu’ils méritent le meilleur monde possible, un meilleur avenir, et c’est vrai que ça passe par l’écologie…
  • Est-ce que parfois, vous ne pensez pas qu’il est déjà trop tard ?
  • (long soupir), oui j’en ai bien peur, mais maintenant, qui ne tente rien n’a rien.
  • Bonjour, je m’appelle Rico. J’ai bien écouté votre scénario qui voudrait qu’une chose mauvaise comme la guerre amène du bon, amène un changement de mentalité, alors oui, ce serait une bonne chose. Maintenant, la vrai question c’est toujours : que va-t-il rester après la guerre ? Moi je le sais, écolo je suis, écolo je resterais. D’ailleurs j’ai déjà commencé avant que cette guerre ne commence, par exemple on peut prendre des douches de deux minutes, au lieu de douches de dix minutes, on peut, par exemple mettre les pâtes à cuire juste avant que l’eau ne soit tout à fait bouillante, il y a mille manières d’économiser… Et il faut le faire.
  • Et vous pensez qu’une multinationale comme Total, surveille l’eau de cuisson de ses nouilles ?
  • Bon, déjà, je sais qu’ils s’en mettent plein les poches, à travers les prix qu’ils pratiquent sur notre dos. Mais vous savez, leur responsabilité serait de pérenniser leurs ressources, parce que celles-ci ne sont pas indéfinies, on ne peut pas continuer comme ça pendant des années, ou des siècles, un jour il n’y aura plus de pétrole, les ressources doivent par définition être économisées, donc oui, ces grandes sociétés doivent prendre en compte la finitude de ce qui aujourd’hui assure leur fortune et donc doivent faire des efforts. Mais le problème est arithmétique puisque qu’elles agissent en réponse à la demande, si nous sommes demandeurs avec des déplacements en avion, partir 5 fois, 10 fois chaque année en vacances, elles répondront à cette demande.
  • Par extension, dois-je en conclure que nous entrons dans un capitalisme de l’écologie ?
  • Ça… ça c’est un terme intéressant. À vrai dire je ne l’ai pas entendu comme cela. Je ne sais pas si c’est un nouveau terme, un néologisme…
  • Vous cassez pas la tête, je viens de l’inventer…
  • Alors oui, bravo… un capitalisme de l’écologie… Mais vous savez, quelque forme qu’il prenne, le capitalisme est mauvais, il faudrait le mélanger à autre chose, parce que nous sommes tous conditionnés à devoir consommer, on aura tous besoin de matières, nous sommes des humains du XXIème siècle, il me semble impossible qu’on nous impose une vie faite de rien du tout.
  • J’ajoute le problème démographique, la planète terre accueille aujourd’hui plus de 7 milliards d’habitants, et demain ce sera 9 milliards…  
  • Oui, c’est une vraie question, comment faire avec toutes ces populations ? Et peut-être que oui, ça devrait nous inciter à ce que la population mondiale n’augmente pas davantage… on voit beaucoup d’endroits sur la planète qui sont pollués, qui n’accueillent plus la vie en somme. Donc les populations se déplacent et se dirigent vers des endroits, où elles trouvent de l’eau, où elles trouvent des ressources, donc oui, là aussi il s’agit d’un enjeu. Il me semble qu’il faut vraiment inciter ces pays où la natalité est très élevée, à faire attention quoi… On ne peut pas interdire d’avoir des enfants mais, quand même, il faut être responsable.
  • Bonjour, je me prénomme Nadège. Alors oui, je vous avoue que j’ai eu du mal à comprendre votre question, mais ma réponse est oui : nous devons être forcés à être écologiques. Mais vous savez, sur ce sujet, je pense qu’on nous a beaucoup trop infantilisés. On a toujours essayé de nous faire marcher à la baguette, malgré nos convictions, on veut tous nous faire aller dans le même sens, et ce depuis des décennies. Mais vous savez, la guerre ou pas la guerre, moi j’ai vraiment le sentiment que nous avons des difficultés à sortir de ce système, parce que toutes les initiatives qui peuvent aller à l’encontre de l’hyperconsommation, ne sont pas prises en compte, ça n’est jamais mis en lumière, donc la guerre en Ukraine n’y change rien, ce sont les citoyens qui sont ce qu’ils sont. Mais vous savez, la « déflation », ce n’est qu’un mot, ce qu’il faut vraiment savoir c’est à qui elle profite, si c’est aux travailleurs, je dis « oui », si c’est juste pour engraisser des capitalistes, alors c’est « non ».
  • Le nerf de la guerre reste selon vous la question du social ?
  • Oui tout à fait. C’est le social qui nous sauvera, j’espère… ! Mais pour ça, il va nous falloir rester unis et solidaires.
  • Bonjour, je m’appelle Jean-Pierre. Vous me dites avec ironie que Poutine est malgré-lui le grand écolo de notre Europe. Je vous avoue que l’idée me fait sourire, non, plus sérieusement, l’écologie ne peut être l’idée d’un seul homme, mais là où tout de même je vous rejoins c’est sur l’idée du bâton en opposition à la carotte. Pour moi, c’est typiquement français, pour les français c’est à croire qu’il n’y a que le bâton qui fonctionne, tous les pouvoirs, surtout les pouvoirs administratifs ne comprennent que le bâton, alors que si la carotte était utilisée, nous avancerions beaucoup plus efficacement.
  • En 2022, elle a quel profil la goutte qui peut faire déborder le vase de la colère des français ?
  • Vous savez en 1968, on a déjà essayé, et aujourd’hui, comme disent les mômes, c’est « assez craignos », il semble que notre seuil de tolérance à la soumission ait beaucoup été augmenté. Et puis, il y a cette fameuse résilience, cette espèce de notion du politiquement correct, qui m’agace énormément, parce qu’au lieu de théoriser sur cette « résilience », on ferait mieux de réparer les licences, voilà, c’est-à-dire de nous respecter à nouveau, nous les citoyens.
  • Pourtant, je vous vois, vous êtes ce que les gamins appellent un  « boomer », vous pensez qu’ils vous en veulent ?
  • Je ne sais pas s’ils nous en veulent, personnellement mes enfants, ce n’est pas à nous qu’ils en veulent, ils ont compris que nous avons fait ce que nous pouvions, et qu’il y a un échelon de pouvoir qui de toute façon nous échappe, non… je crois plutôt que leur rancœur va plutôt vers le système.
  • Vous avez l’air triste…
  • Oui, c’est vrai je suis triste pour le monde, mais heureusement, je me suis construit ma bulle mentale dans laquelle je me démerde quoi… Il y a un proverbe africain qui dit que « si Dieu a planté sa petite graine, l’homme a grandi par lui-même ».   
  • Salut, moi c’est Pablo. Si je résume, tu es en train de me demander si la guerre en Ukraine nous rend écolo ? Ouais, non, je pense pas. Pour moi les gens, ils ne vont pas forcément limiter leurs dépenses d’énergies, parce que il faut dire la vérité, les gens ils ne s’occupent pas vraiment de l’écologie, regarde… quand moi je vois par exemple les footballeurs qui se déplacent encore en jets, alors qu’ils sont à deux heures de TGV, moi, je trouve ça complètement absurde donc, je ne pense pas que les gens dans les petits villages, ils vont prendre conscience de ça, mais voilà… les gens aisés, ils ne vont pas participer à la cause écolo, ils ne vont pas changer leur vie. En fait il faut dire la vérité sur cette histoire d’écologie, celui qui va payer, c’est celui qui n’a pas d’argent. Les choses ne changent pas et ne changeront jamais mec.

Textes et Photos : Mathias Deguelle.

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