DEVIATION : LE BETON ET LES BAGNOLES DOIVENT-ILS POUVOIR DEFIGURER NOS PAYSAGES ET NOTRE ART DE VIVRE ?

Aux quatre coins de la France, le béton et le bitume se propagent via des infrastructures routières qui traversent les communes rurales. C’est le cas avec ce futur contournement de Coulommiers qui va dénaturer les communes alentours pour….?

Pour quoi au fait? Pour alléger la ville de Coulommiers de 15% de sa circulation? Hum….Qui peut y croire?

A la veille des élections départementales et régionales, les habitants vont-ils pouvoir se vacciner contre ces politiques éco-désastreuses?

Visiblement, le principe de précaution ne prévaut pas en matière environnementale…

Pour son retour, LEBRILLANT.FR a rencontré le collectif citoyen “Non au contournement de Coulommiers” et l’association ADEVA.

  • Nathalie CHADELAT, présidente de l’association ADEVA qui va fêter ses trente ans d’existence cette année.
  • Delphine COLON, agent immobilier du collectif citoyen.
  • Aurore CHOQUET, experte en déchets nucléaires très faiblement actifs, qui représente également le collectif citoyen. Toutes les trois se battent et argumentent.

Alors ce contournement, parlons-en : depuis plus de 40 ans, il est, sans cesse, remis sur la table. Régulièrement, toujours par les élus de Coulommiers, Laurence Picard sous ses différentes casquettes, municipale et départementale et Franck Riester qui était, rappelons-le, la double tête de liste lors des municipales 2020 et actuellement ministre délégué du gouvernement qui, aujourd’hui, brille surtout par son absence.

Nathalie CHADELAT nous explique que le contournement a été voté dans le cadre du SCOT en 2014. Un schéma territorial qui a été approuvé par 25 communes à l’époque. Elle rappelle que la communauté d’agglomération comprend aujourd’hui 54 communes soit plus du double. Très important, elle nous précise que même si le SCOT est voté, il n’est pas obligatoire de réaliser tous les projets qu’il comporte.. Ce qui n’est pas possible en revanche, c’est de revenir sur ce qu’il interdit. CQFD.

Tout cela étonne la rédaction du BRILLANT.FR qui pensait que cette déviation était un point essentiel du programme de la liste conduite par Mme Picard “Coulommiers demain” lors des municipales de 2020. C’était donc un projet d’hier qui datait de plus de 40 ans ! De là à en déduire que nous sommes vers un retour vers le futur… mais de quel futur parlons-nous?

Delphine COLON rebondit et nous fait part de son incompréhension. Vu les problématiques environnementales, elle est stupéfaite que ce projet pharaonique et pollueur ne soit pas considéré comme obsolète? Notre environnement serait-il lui aussi devenu un sujet “non essentiel”?

Aurore Choquet confirme et justement, prend la parole pour indiquer qu’à l’heure de la loi climat, ce projet est plus que jamais une aberration environnementale.

Le ton est donné, il faut faire face à un projet d’un autre temps, sans oublier de prendre en compte son coût en centaines de millions d’euros… Ah, son coût! Difficile de savoir combien de millions d’euros d’argent public vont être dépensés en finalité… Opacité quand tu nous tiens !

En effet, Nathalie Chadelat est indignée du nombre d’études toutes plus onéreuses les unes que les autres qui rendent fluctuant le coût final suivant les aménagements, l’allongement ou le raccourcissement du viaduc qui va s’implanter à 45 mètres au dessus de la commune de Pommeuse… Ce contournement a déjà engagé de nombreux frais d’études, on parle en centaine de milliers d’Euros !

Bref, vous l’avez compris, commander des études pour dénaturer, bétonner, “re-naturer” par des mesures compensatoires, ça coûte bonbon!

Mais alors, ce projet de contournement avec son gigantesque viaduc s’inscrit-il vraiment dans un Parc Naturel Régional (PNR)?

Nathalie Chadelat confirme que la compatibilité entre le PNR et ce contournement est inexistante. Aurore Choquet en profite pour rappeler que la construction de nouveaux réseaux routiers et à fortiori de ce viaduc sera dévastatrice. Une tonne de béton est égal à une tonne de CO2 ! Par expérience, il est raisonnable d’imaginer des retards probables et des surcoûts prévisibles.

Enfin, nous voyons donc que cette construction n’est pas pour demain ! D’ailleurs, Nathalie Chadelat nous informe que pour avancer, il est nécessaire de constituer un Syndicat Mixte des Etudes de Préfiguration (SMEP). Or en février, celui-ci n’avait pas pu être acté car les élus se disputent… Ce “petit aléa” bloque donc le Comité Local de Développement (CLD) qui, lui est constitué de citoyens et est prêt à fonctionner.

Encore une fois, LEBRILLANT.FR qui a suivi les informations locales, s’étonne d’un schéma pour la réduction des particules fines en ville présenté en conseil communautaire et qui inclut ce contournement comme si celui-ci était acté ? Et la question naturelle qui se pose est celle de savoir si de toutes les études réalisées, une seule ait pris en question la problématique environnementale ?

Nathalie Chadelat affirme qu’aucune association environnementale n’a été consultée à défaut d’être mandatée pour fournir un véritable état des lieux. La faune et la flore sont des arguments optionnels dans les études produites !

Au delà de la faune et la flore, la pollution engendrée sera-t-elle mesurée ? L’humain est-il également considéré comme quantité négligeable par rapport aux effets économiques escomptés?

Comment accepter cette génuflexion contre nature?

Encore plus surprenant, Nathalie Chadelat, Delphine Colon et Aurore Choquet interpellent sur le fait qu’il n’y ait pas de plan de développement des transports en commun, que les constats qui ont été fait pour argumenter sur la nécessité de cette déviation ne reposent que sur des comptages de véhicules majoritairement à moteurs thermiques sans chercher les origines de la densité de la circulation. Est donc supposé qu’en fait, la raison serait de relier des zones commerciales entre elles, voire que la finalité en serait en fait de créer une plate-forme logistique.

Est-il question de nous “contourner” pour nous éviter, et nous réduire au silence?

Cela pose la question de la transparence et de la confiance en nos élus locaux, non?

En réponse, c’est le cri du cœur et du NON ! Aucune transparence, tout est décidé dans l’opacité pour les habitants. Nos interlocuteurs(rices) estiment qu’il est permis de penser que certain(e)s de nos élu(e)s n’ont d’autre choix que de suivre le mouvement indiqué. Mais être élu n’est pas forcément une fonction de suiveur et certain(e)s montrent clairement leur opposition.

L’association ADEVA et le collectif citoyen “Non au Contournement de Coulommiers”, ne proposent pas de radicalisme par des actions fortes mais tous sont conscients que le mépris pour leur opposition à ce projet et le refus de concertation avec les habitants risquent à terme de provoquer des formes plus dures de contestations. Que faire ? Puisque le pire semble à venir.

Tous les opposants avancent 4 arguments massues :

  • Ces ouvrages “d’art” comme le viaduc prévu ne résolvent absolument pas les problèmes de circulation et au contraire sont un appel d’air justement pour son augmentation.
  • L’impact environnemental va avoir des effets désastreux sur plusieurs décennies.
  • Les habitants ne sont pas consultés alors que leur cadre de vie va être modifié.
  • Ce projet va générer des dépenses incommensurables

L’attente est de plus en plus forte pour que des référendums soient organisés dans les communes de l’agglomération et les habitants veulent, et de plus en plus, ils exigent des projets qui répondent enfin à leurs attentes et plus qu’aux ambitions ou aux rêves d’une poignée d’élites.

Nathalie Chadelat, Delphine Colon et Aurore Choquet vous invitent à prendre contact avec l’association ADEVA et le collectif citoyen “Non au Contournement de Coulommiers” pour plus d’informations. Si vous en avez “ras le pompon”, sachez tout de même qu’à partir d’un certain nombre d’adhésion à la contestation, il sera possible d’obliger une consultation, tient à nous préciser la présidente de l’ADEVA.

Un monde de fou dans lequel ce sont les citoyens qui se mobilisent pour une démocratie qui est émiettée telle un morceau de pain séché par ceux qui devraient en être les garants?

Vous n’êtes pas des miettes!

Vous êtes le pain!

Mathias Deguelle.