CREST : FÊTE DE CREST’ACTIF, DU LIEN, DU LIEN, ET ENCORE DU LIEN

Avant de vous inviter à la garden-party qui célèbre l’ouverture de la nouvelle saison de Crest’actif, avant de donner la parole à mes invités pour en savoir plus sur les missions de cette structure municipale crestoise, une question en forme d’avis personnel : personnellement, la définition d’un centre social municipal ne doit avoir qu’un seul sens : créer du lien entre tous les habitants. Ensuite bien entendu, tous les « outils » sont bons à prendre, le sport et le jeu, l’expression théâtrale, la danse, les arts plastique ou les échecs… La liste ne saurait être exhaustive.

Le lien… le mot va revenir souvent.

Allez, je vous embarque avec moi pour quatre rencontres : l’institutionnelle, le râleur heureux, les ludiques pour petits, et un jardinier humaniste.

Lebrillant.fr est heureux de vous convier, dans un coin bucolique près des bords de Drôme, au parc du Bosquet. Ici il y a des stands de boissons et de hot dog (tout gratuit!), ici il y a une multitude de jeux pour les grands comme les petits, ici il y a un DJ et de la musique… Des tables et des bancs pour nos aînés qui contemplent la marmaille, des femmes, des hommes… Ici, on est sociaux, on est pluriels.

Je suis légitimiste, et naturellement je me dirige vers l’adjointe aux affaires sociales de la Mairie de Crest.

  • Bonjour Mathias, je suis Ruth Azais, et je suis l’adjointe sociale à la ville de Crest.
  • Nous sommes ici dans un petit coin de verdure, ici on se promène entre les stands, expliquez-nous de quoi il retourne.
  • Alors il s’agit de la fête de Crest’actif…
  • Alors s’il vous plaît Ruth, dîtes-nous ce qui se cache derrière ce sigle, tout le monde ne le sait pas. Crest’actif kézako ?
  • Tout à fait. Donc Crest’actif est le centre social du CCAS de la ville de Crest.
  • Donc il dépend de la mairie ?
  • Exactement. Aujourd’hui nous fêtons la nouvelle saison, dans la perspective de toutes les activités qui vont redémarrer dans l’année scolaire.
  • Quelles sont les missions de Crest’actif, quels domaines vous couvrez ?
  • A Crest’actif, il y a trois pôles, il y a le pôle famille à qui nous proposons des sorties, des activités, et d’autres actions sociales en direction des familles il y a le pôle aménagement des rythmes scolaires, qui permet à bien des enfants d’avoir des activités périscolaires, enfin il y a le pôle tout public, c’est tout ce qui est activités loisirs. Ce qui est formidable c’est qu’il y a des adolescents, mais aussi des personnes âgées, il y a des familles.
  • Combien de personnes travaillent à Crest’actif ?
  • Alors au total je ne sais pas. Alors il faudrait que je compte… Au total nous sommes une petite quinzaine de personnes.
  • Quinze personne pour une ville comme Crest, vous êtes satisfaite de vos effectifs ?
  • Oui, je pense même que la ville de Crest est gâtée à ce niveau là. Parce que nous proposons énormément de services pour une ville de l’importance de Crest.
  • Vous n’avez pas l’impression de vider un océan à la petite cuillère ?
  • Ah, non… Absolument pas ! Au contraire, les personnes de Crest qui veulent des activités et qui veulent profiter des occasions de se sociabiliser, pour pourquoi pas, se faire des amis, ici à Crest, ils peuvent le faire… Absolument.
  • Je vais faire une digression Ruth… Qui dit social entend, pourquoi pas, socialisme. Or, tout le monde le sait, Monsieur le Maire Hervé Mariton, n’est pas à proprement parler un socialiste, pour autant, est-ce que vous le considérez comme un Maire social…
  • Absolument, il prend très à cœur l’activité sociale à Crest, et d’ailleurs le pourcentage de l’argent qui est consacré à Crest’actif le prouve et même est au-delà de certains socialistes, n’est-ce pas…
  • Merci Ruth Azais, nulle doute là dessus : vous serez l’employée du mois !
  • (Rires) Merci Mathias.

Je continue mes tribulations et je traverse le rond central dédié au cours de Zumba au milieu, en travers la garden-party, animée avec ferveur et enthousiasme par Faïsal,, le responsable du service de l’aménagement des rythmes scolaires qui, c’est un euphémisme, donne de sa personne pour fédérer grands et petits autour des activités musicales. Je me dirige vers le coin réservé aux enfants, le lieu ou le jeu règne en maître, et là, je rencontre un papa, plutôt singulier.

  • Bonjour je m’appelle Felix.
  • Nous sommes au milieu de l’espace réservé aux jeux pour enfants. Vous accompagnez le votre ?
  • Oui, je suis avec mon fils César le Malabar. Il est où… ? Ah, regardez, il est là…
  • Qu’est ce qui vous a décidé à venir à cette fête Crest’actif ?
  • Non, en fait je devais amener mon fils à son cours de karaté-shaolin, et comme il n’a pas eu lieu, nous nous sommes repliés sur la fête Crest’actif.
  • Comme quoi on rencontre souvent son destin en empruntant le chemin qu’on a choisi pour l’éviter.
  • Oui, mais moi, regardez… Si je me cogne dans l’arbre là, c’est que je l’ai choisi.
  • Parlez-moi de votre sentiment de ce que je vais appeler « la branche sociale » de la ville de Crest.
  • Oh, ben moi c’est simple je constate que Mariton a fermé la Maison des Jeunes et de la Culture, m’enfin Mariton semble affaibli donc tout est parfait, moi je lui souhaite le meilleur, mais simplement de ne plus être Maire… Je me souhaite de ne plus l’avoir comme Maire.
  • Felix, cette pré-campagne électorale pour les présidentielle prend un tour ou le tout sécuritaire, le tout répressif semblent être des arguments forts. Je voulais vous demander : pensez-vous, qu’il puisse y avoir une sorte de vases-communiquants, et donc est-ce que cette politique ne risque pas de se faire au détriment du social ?
  • Ah bien, bien évidemment… Bien évidemment. C’est anti-social absolu, la politique de Monsieur Mariton.
  • Arrêtez Félix, vous allez me faire passer pour un média anti Mariton…
  • Mais, non… Vous, vous n’êtes qu’un instrument, moi je me prononce contre Mariton en temps que soixante-huitard, homme de gauche. Et la fermeture de la maison de la culture est une décision politique. (Pour rappel, c’est l’intercommunalité CCCPS qui a la compétence de la jeunesse, aucunement la municipalité NDLR).
  • Pas économique ?
  • Mathias, arrêtez de faire le candide, tout est politique, comme il empêche La Caverne (un bar du centre-ville NDLR), d’avoir une terrasse dehors parce que soit disant ça empêcherait les pompiers de passer, non… C’est simplement que la municipalité considère La Caverne comme un repère de dangereux gauchistes.
  • Bon, on va arrêter là, parce que lebrillant.fr n’a rien d’un fanzine militant pour une cause ou une autre.
  • Ok, Posez-moi une question qui n’a rien à voir avec Mariton.
  • Votre fils à 8 ans, vous me semblez plutôt assez mûr pour être papa ?
  • J’ai 64 ans.
  • Qu’est ce que ça fait d’être un vieux croûton, qui a César comme fils de 8 ans ?
  • C’est formidable. C’est merveilleux. Lui ne me considère absolument pas comme un vieux.
  • Mais la temporalité et votre propre finitude, ça doit entrer en jeu ?
  • Ben oui, entre le temps court et le temps long. Je suis niqué sur l’un et béni sur l’autre.

Bien. Bien. Bien. Il se trouve que je suis actuellement au milieu des jeux pour enfants, et qu’il se passe une sorte de transfert, de mimétisme avec les mômes… J’ai moi aussi une tendance à l’émerveillement devant ces enfants qui se chicanent entre eux pour gagner une partie ou un jeu. La seule différence c’est que ma boussole m’amène vers celles qui sont les organisatrices de toutes ces organisations ludiques à destination des plus petits.

  • Bonjour, je m’appelle Francesca, je représente l’association Zimboum 26.
  • Votre présence le prouve, le social est soluble dans l’enfance… et vice-versa…
  • Quand vous avez un enfant en bas-âge, vous avez nécessairement besoin de socialiser avec lui parce que c’est un nouveau moment de la vie, et on cherche à avoir des liens. Moi je suis maman, j’ai eu besoin de ce lien, j’ai cherché ce lien. Et aujourd’hui ce qu’on offre à Zimboum, c’est vraiment ça, c’est un endroit où les familles, où les parents, où les enfants peuvent se rencontrer autour des ateliers qu’on propose, qui vont également développer la motricité, l’éveil artistique, et tout ça…
  • Vous parler d’atelier, il y a également le jeu. Est-ce que ce sont des passerelles pour se sociabiliser ? Est-ce que ce sont des outils ?
  • Bien sûr, je dis oui. C’est même indispensable pour créer du lien social, du contact.
  • Dans quelle mesure les parents interviennent dans votre structure ? Ils ont un droit de regard ?
  • Alors les parents sont carrément acteurs de nos ateliers, c’est à dire que ce sont des ateliers parents/enfants, où l’enfant vient accompagné du parent, mais où le parent trouve une certaine notion de plaisir du jeu, où il revisite son propre espace d’enfance, il n’est pas passif. Parce que cette part d’enfance, nous l’avons un peu perdu en grandissant, mais il faut se la réapproprier parce que ça fait du bien, parce que ça nous ouvre aux autres, et parce que c’est vivant (rires)
  • Racontez-nous une satisfaction, la fois où vous vous dites que oui, vous avez rempli votre mission.
  • Quand je vois dans les ateliers que les enfants sont épanouis, qu’ils sont dans la proposition qui leur est faite, et que les parents sont dans ce même ressenti, et que y’a pas de frustration, y’a pas de malaise, Voilà, je me sens biens quand tout le monde est content, et que tout est fluide.
  • Ah, il me semble qu’Aurélie va peut-être avoir son mot à ajouter, que faites-vous chez Zimboum, Aurélie ?
  • Je m’occupe de toute la coordination des activités, je voulais juste d’un mot ajouter que les parents sont effectivement présents dans les ateliers, mais ce n’est pas tout, ils interviennent dans la structure, donc en temps que membre du CA, ils peuvent tout à fait être à l’initiative de sorties entre famille. Parce que l’objectif social de Zimboum, au-delà des ateliers, c’est de permettre aux familles de faire des choses ensemble, d’être ensemble.
  • Je m’appelle Gaelle, et je voudrais finir en disant que les prix sont adaptés à toutes les familles, et on est présent avec le pôle famille de Crest’actif dans les quartiers, pour casser les barrières sociales justement, et aller vers l’autre.

  • Le social revêt des formes multiples et protéiformes. Pour terminer ce reportage j’ai conversé avec Jonathan, qu’on appellera John, et qui est animateur des jardins familiaux municipaux ici à Crest. Son, job ? Il nous le raconte.

  • Ah, ça ça m’intéresse. Comment arrive t-on à faire la passerelle entre le végétal et le social ? – Et bien on crée des liens sur les jardins familiaux, pour que les gens puissent se rencontrer entre eux, et que ce ne soit pas forcément des locations de terrains où chacun va cultiver son terrain chacun de son côté, l’idée c’est qu’il y ait une dynamique sur les jardins, que ça se passe bien, et que tout le monde aime jardiner avec ses voisins. – Depuis que je suis parmi vous, j’entends beaucoup parler de lien, est-ce que toi John, tu dirais que le jardin est un lien social ?
  • Alors, oui, c’est un lien, après il faut que nous ayons les moyens de réaliser des choses, parce que ce lien il faut parfois le créer, il ne se fait pas automatiquement. Du coup c’est mon rôle de faire ça, qu’il y ai une cohérence entre les jardiniers, même si chacun a sa façon de jardiner.
  • Ce serait quoi ta définition du jardin parfait, le jardin de la convivialité ?
  • Bah, moi, je suis un peu mitigé sur tout les types de jardins, je peux comprendre les jardins qui sont taillés et droits, on va dire sur de l’agriculture traditionnelle, mais aussi les jardins qui sont plus de la permaculture. En fait je trouve que c’est la diversité qui fait qu’il y a des échanges, et puis les personnes qui viennent jardiner n’ont pas forcément le même objectif. Y’en a qui vont venir pour avoir du légume et en avoir toute l’année. Et puis il y en a ce sera plus du jardin plaisir. Du coup, je pense qu’on ne peut pas comparer les types de jardinages, mais tous s’accordent bien.
  • Est-ce que les hommes et les femmes se sentent mieux au milieu des végétaux ?
  • Alors nous à Crest ce sont des personnes qui n’ont pas de jardins, qui vivent soit en appartement soit en immeuble, du coup les gens viennent jardiner pour le plaisir d’être ensemble, d’être dans la nature, à l’air libre… Tout ça fait du lien…

– Le lien. On y revient…

  • Merci John, alors maintenant, tu te charges de quoi ?
  • Alors là, je vais me charger de l’alimentation à la fête de Crest’actif…
  • Bref, tu vas faire des hot-dogs…
  • (rires), oui, je vais mettre un peu de salade et de tomate dedans, salut Mathias.

Voilà, voilà, les crestois étaient nombreux à la fête de Crest’actif, et le lien semble être mission réussie. Car après tout, qu’est ce que le lien sinon l’échange et le partage, et ici en cette fin d’après midi baignée de soleil, ce fut le cas, les anciens avec les petiots, les hommes avec les femmes dans la plus grande diversité et beaucoup plus car beaucoup d’affinités…

Mathias Deguelle.

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