CREST: RENTREE SCOLAIRE, A VOS MASQUES, PRÊTS, PARTEZ!

Jour de rentrée scolaire à Crest, comme partout, mais ce jour est tellement important pour les écoliers que lebrillant.fr a tenu à le mettre à l’honneur. C’est le premier jour dans la classe supérieure, aussi important que l’anniversaire, le jour où c’est prouvé, les enfants ont concrètement grandi !

Mais à tout seigneur tout honneur, nous commencerons ce sympathique reportage réalisé dès potron-minet, par une rencontre avec le maître des lieux.

  • Bonjour je suis Gerry Galtier, le directeur de l’école élémentaire Charles Royannez.
  • Décrivez-nous votre école.
  • Alors c’est une école avec neuf classes, plus deux dispositifs Ulis (le dispositif Ulis concerne les élèves en situation de handicap NDLR), actuellement nous en sommes à 242 élèves. Les élèves sont de niveau variés, avec des difficultés variées, c’est assez hétérogène.
  • Vous avez combien de rentrées à votre actif ?
  • C’est ma seizième rentrée à l’école en temps qu’enseignant, et ma quatrième année en temps que directeur.
  • Qu’est- ce qui différencie fondamentalement le métier d’enseignant du métier de directeur ?
  • C’est à dire que depuis que je suis directeur, j’ai l’impression de ne faire que ça, mon métier de directeur, ça prend énormément de temps… Beaucoup plus que le temps prévu…
  • Je crois entendre comme un regret dans votre voix.
  • Non mais dans l’idéal, si j’avais plus de temps pour m’occuper de la direction, ce serait parfait. Mais c’est sûr il faut être capable de gérer les deux, la classe et la direction.
  • Parce que vous faites les deux…
  • Et oui… A mi-temps au bureau, donc aujourd’hui et demain je suis au bureau et lundi et mardi je suis en classe, et un mercredi sur deux.
  • Qu’est-ce qu’elle a de particulier cette rentrée 2021 ?
  • On va dire que maintenant on commence à être habitué avec les mesures Covid, donc par rapport à l’année dernière ça ne change pas énormément de choses.
  • Le protocole reste le même ?
  • Oui il est identique à celui de l’année dernière, ce qui a changé au niveau des consignes nationales, c’est qu’il y a désormais quatre niveaux dans le protocole. Nous nous sommes au niveau deux, c’est à dire que les enfants doivent porter le masque en classe, en extérieur le masque n’est plus obligatoire, mais les adultes quoi qu’il arrive doivent porter le masque dans les lieux clos. J’ajoute qu’on est obligés de faire des récrés décalées, séparées pour éviter que les classes se mélangent.
  • Qu’est-ce qui a changé dans la tête des enfants ?
  • Je pense qu’ils se sont habitués et même qu’ils s’habituent plus vite que les adultes. Après ce n’est pas évident de porter le masque, notamment pour les plus petits, les CP… Disons que l’idée c’est qu’ils respectent au mieux les règles, même si c’est vrai, ce n’est pas appliqué à 100%, et qu’on puisse éviter au maximum la diffusion du virus. Là par exemple ce matin, et j’en profite pour faire passer le message à tous les parents, il se trouve que ce matin un parent m’a envoyé un message en me disant que son enfant était cas contact, il n’est pas à l’école. Donc ça c’est important que les parents jouent le jeu également. Alors on n’a pas eu de cas de Covid chez les enfants l’année dernière, et on espère que ça va continuer… Vous le savez, un cas positif dans une classe et c’est toute la classe qui ferme pour une semaine.
  • Quel est votre avis à vous sur ces mesures ?
  • Je n’ai pas vraiment d’avis, je me contente d’appliquer les mesures, c’est très compliqué donc on fait au mieux, voilà.
  • Alors on peut aborder les désaccords qui ont eu lieu entre la municipalité crestoise et ses écoles, c’est la fameuse semaine de quatre jours, ou de quatre jours et demi, je crois savoir Monsieur Galtier que vous étiez plutôt favorable à la semaine de quatre jours…
  • Je ne vous dirais pas si j’ai voté pour quatre jours ou quatre jours et demi, disons que ce qu’il s’est passé, c’est qu’effectivement les enseignants de l’école étaient plutôt favorables aux quatre jours, la mairie veut rester aux quatre jours et demi, donc nous y sommes restés en tout cas pour cette année.
  • Mais c’est pas mal les quatre jours et demi… Ça permet aux élèves d’avoir des activités extra -scolaires…
  • Oui mais bon, je ne vais pas rentrer dans ce débat là, moi en temps que directeur je vais rester neutre dans cette discussion, et essayer de faire en sorte que le débat soit plus serein, parce qu’on arrive vite à s’énerver… C’est un sujet très clivant, très tendu, mais là je ne pense qu’à une chose : que la rentrée se passe bien, qu’il n’y ai pas de problème lié au Covid et que dans les classes les enfants soient biens.
  • Quelles sont les nouveautés de l’école Royannez pour cette rentrée ?
  • D’abord les programmes sont les mêmes, en revanche nous avons de nouveaux enseignants, certains en temps partiels qui sont complétés par d’autres enseignants, sinon il n’y a pas de grandes nouveautés.
  • Vous devez j’imagine vous livrer à des exercices de relations publiques, vous devez être assailli par les parents qui veulent être rassurés, non ?
  • Pas trop en fait. J’ai de très bonnes relations avec les parents et les représentants de parents et ça se passe plutôt bien.
  • Qu’attendez-vous de cette rentrée, qu’elle se passe bien au niveau sanitaire, mais quoi d’autre ?
  • Que tous les enfants réussissent au mieux leur année scolaire, qu’ils évoluent positivement,
  • qu’ils soient bien dans leur classe et que les enseignants soient également bien dans leurs classes.

Après une telle profession de foi, le désir irrésistible d’aller à la rencontre des parents toujours soulagés et jamais inquiets(hum), et le désir d’entendre leur petit bout’chou, qui ont du mal à se départager entre immense plaisir pour certains, les autres jouant faussement les blasés. Parce qu’il ne faut pas l’oublier, si la rentrée scolaire est l’événement qui sonne le glas des vacances, c’est aussi pour les parents, un jour pas tout à fait comme les autres…

  • Bonjour je suis Marc.
  • Marc la question peut vous sembler incongrue : Que faites-vous là ?
  • J’amène ma fille à l’école, c’est la rentrée, et elle est très contente de reprendre.
  • Et bien donnons la parole à la première intéressée. Comment te prénommes-tu ?
  • Kira et moi je suis très contente de revenir à l’école juste pour revoir mes copains.
  • Tu préfères revoir tes copains que les leçons… Ça t’ennuie l’école ?
  • Non ça va.
  • Bon, alors si ça va je me retourne à nouveau vers le papa. Avouez, c’est un soulagement de pouvoir vivre enfin sans les enfants…
  • (Rires) Non , c’est pas un poids. Non, la rentrée est devenue une habitude, un rituel.
  • Parlons deux secondes des contraintes sanitaires.
  • Oui, on sait qu’il faut faire attention, après c’est vrai que sur les enfants on n’a pas beaucoup de recul mais voilà, il faut rester prudent.
  • Vous avez donné des recommandations à Kira ?
  • Oui… Le masque, et puis faire attention à l’hygiène, les mains, ce genre de choses quoi.
  • Kira est une bonne élève ?
  • Oui ça va. Quand elle veut.

Je quitte ce papa averti et prudent, quand mon regard est attiré par une jeune femme assurément trop jeune pour être la maman de la petite fille haute comme trois pommes qui l’accompagne.

  • Bonjour je m’appelle Julie, et je suis la grande sœur de Mathilde.
  • Comment vous la vivez cette rentrée ?
  • Moi je suis très contente, même si les vacances sont passé trop vite, mais là la rentrée ça va me faire du bien. Ça va me libérer… (rires). Non je plaisante, Mathilde entre en CE2.
  • Bonjour Mathilde, tu es contente de rentrer en classe ?
  • Non (éclats de rires), je ne suis pas contente mais je ne sais pas pourquoi.
  • Pourtant tu vas retrouver tes copains et tes copines.
  • Oui ça c’est la bonne nouvelle, mais l’école c’est ennuyant.

Je continue à fureter devant l’école élémentaire Charles Royannez à présent bondée de parents d’élèves accompagnés par la prunelle de leurs yeux.

  • Bonjour je m’appelle Mélissa et je pose ma fille à l’école.
  • Elle en est à combien de rentrée ?
  • (long moment de réflexion, et long soupire) La troisième, c’est ça. En fait je ne sais plus, elle est en CE2, voilà.
  • On parle beaucoup des gestes sanitaires. Vous les vivez comme une contrainte ?
  • Oui c’est embêtant, mais on n’a pas le choix. C’est plus prudent et on fait avec. Mais ce qui fait plaisir, c’est de la voir contente d’aller à l’école.

  • Bonjour, mois c’est Sophie. C’est la rentrée de ma fille qui entre en CE2, donc à ce titre, je tiens chaque année à l’accompagner pour faire au moins la rentrée.
  • Comment se prénomme t-elle ?
  • Elle s’appelle Léa.
  • Je pose la question à tout le monde, mais elle est dans tous les esprits : comment se passe cette rentrée avec son lot de contraintes sanitaires ?
  • Bon, elle est au courant qu’elle va devoir reporter le masque, mais bon, malgré tout elle s’y résout plutôt bien, l’année dernière c’était déjà le cas quand elle était en CE1, donc là cette année c’est devenu un petit automatisme, et elle n’a pas trop rouspété, ça va.
  • Bonjour Léa, alors, est-ce que tu as un peu la boule au ventre pour cette nouvelle rentrée ?
  • Un peu. Je suis un peu stressée parce que j’ai un nouveau maître et une nouvelle maîtresse.
  • C’est quoi tes matières préférées ?
  • La lecture et les maths.
  • Ah… Une scientifique littéraire, c’est le jackpot… !
  • Le masque, tu le supportes bien ?
  • Oui, ça va mais je suis pressée de le retirer quand je rentre à la maison.

Et puis au milieu de cette foule bigarrée, un monsieur qui pourrait être grand-père, je m’approche.

  • Bonjour je m’appelle Alain, je suis chauffeur de taxi scolaire, c’est ma troisième année, donc ma troisième rentrée, mon rôle consiste à aller chercher et conduire des enfants de leur domicile jusqu’à l’établissement scolaire. Je transporte jusqu’à quatre enfants par voyage. Les voyages se passent très bien, ils sont plus turbulents l’après-midi, mais le matin ça va, ils sont calmes. Alors bien sûr, je fais respecter les mesures sanitaires, masques et gel avant de monter dans la voiture.

Je quitte Alain et me dirige vers ce qui semble être un papa, un peu esseulé, je lui tend mon micro.

  • Bonjour, je m’appelle Fafa et j’emmène ma fille à l’école. C’est sa quatrième rentrée, elle est en CE1.
  • Ca se passe bien, vous êtes content ?
  • Mouais… plutôt oui.
  • Hola, c’était un petit « oui » ça…
  • (rires) Non, elle est contente de rentrer, donc je suis content pour elle.
  • Le climat sanitaire, vous en parlez avec vos enfants ?
  • Oui, ils sont un peu saoulés, mais on n’a pas trop le choix, mais c’est vrai que par exemple le port du masque c’est toujours un peu la galère, mais quand ils rentrent à la maison, ils oublient qu’ils l’ont, mais par contre, quand il faut le mettre le matin, quand il faut partir ou le porter c’est plutôt une gène oui, une contrainte pour le moral.
  • Les fournitures scolaires étaient plus chères que les années précédentes ?
  • Je n’ai absolument rien gérer. C’est madame. Donc je ne peux pas vous répondre, quoique si… Elle m’a dit la facture, et ça avait l’air un peu cher quand même…

L’entrée de l’école se vide, les enfants sont à l’intérieur du bâtiment, les parents quittent les lieux, seul quelques retardataires sont encore là.

  • Bonjour je m’appelle Antoine, j’accompagne ma fille qui rentre au CP.
  • C’est le grand jour !
  • Carrément oui, c’est chouette, c’est le grand pas…
  • Comment ça se prépare psychologiquement, vous l’avez préparée à cette rentrée chez les grands ?
  • C’est assez étonnant parce qu’il y a zéro crainte chez notre fille, et je pense qu’ils ont été super bien préparés l’an passé, avec le fait notamment de faire visiter la classe en fin d’année. Parce qu’elle était à l’école maternelle d’à côté, et puis le fait de savoir aussi dans quelle classe elle va atterrir, parce qu’il se trouve qu’on connaît les classes depuis un bon moment. Pas de stress, c’est plutôt serein oui.
  • Au niveau sanitaire, il y a eu briefing ?
  • Oui, mais elle sait bien comment ça se passe parce qu’elle avait des copains en grande section, et elle a bien vu qu’ils portent tous le masque, donc nous on n’en a pas remis une couche par dessus. Et puis il y a une certaine fierté à porter le masque, parce que c’est un signe de… Qu’on est grand ! Qu’on passe du côté des grands, donc ce n’est pas vécu comme quelque chose de contraignant.

Alors vous vous attendiez à des pleurs, des déchirements, ou autres sentiments d’abandon qui amèneraient les petits à suivre, une fois devenu adulte, une longue psychothérapie ? Non, rien de tout cela, la rentrée 2021 de l’école Royannez au centre-ville de Crest, s’est déroulée en toute quiétude, entre parents pas encore tout à fait réveillés et enfants pressés de retrouver leur nouvelle classe, et surtout les copains et les copines, qu’on a pas forcément vu depuis deux mois, et dont on redécouvre le regard au-dessus du masque.

Mathias Deguelle

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *