CREST 2022 : SPORTEZ-VOUS BIEN!

Bonjour les Brillantes, bonjour les Brillants. Je ne me risquerais pas ici à dresser la liste exhaustive des bienfaits du sport, étant moi-même plus croyant que pratiquant. Il n’empêche, Crest est une ville où le sport a toute sa place, sans limite d’âge, mais avec des hommes, surtout des hommes, qui ont à cœur de transmettre les valeurs de solidarité, de compétition et de dépassement de soi qui forcément ont attiré mon attention. Alors rendez-vous a été pris sur un terrain goudronné avec piste de course, car oui, j’ai omis de vous le préciser, aujourd’hui dans cet article nous allons parlez athlétisme.

  • Bonjour, je m’appelle Jean-Luc Gros et je suis Président du CAC, le Club Athlétique Crestois qui comporte toutes les disciplines de l’athlétisme, c’est à dire les courses, les sauts, les lancers… Alors les courses ça démarre au sprint, puis ça va au fond, on a également quelques trailers, voir des ultras trailers au club, et les lancers, ce sont les javelots, le disque, le marteau, le poids, et les sauts en hauteur et longueur… A noter que nous ne faisons pas de saut à la perche à Crest puisque nous ne sommes pas équipés d’un sautoir.
  • Est-ce que vous-même vous avez un passé d’athlète ?
  • Alors j’ai fait de l’athlétisme pendant deux saisons, mais alors c’était il y a très longtemps, je crois que j’avais l’âge de nos jeunes qui s’entraînent aujourd’hui. Non, seulement deux ans, après l’athlétisme ce sont mes enfants qui m’y ont amené, j’ai mon fils qui voulait courir, faire de l’athlétisme depuis qu’il avait sept, huit ans, suite à un cross scolaire, et puis il n’y avait pas de club, ou alors il fallait aller à Chabeuil ou à Valence et mes activités professionnelles m’empêchaient de me libérer pour l’emmener dans un de ces clubs, et puis en juillet 2017, j’ai appris qu’un club se montait à Crest, donc ça été un grand bonheur. Donc il a débuté l’athlétisme en septembre 2017, j’étais là pour l’accompagner aux entraînements et je crois que c’est en décembre 2017 que le Président d’alors, le Président fondateur Alain Curtil, qui est maintenant Président de l’UFC, qui est une association qui regroupe un grand nombre d’associations sportives crestoises, l’UFC les héberge, d’ailleurs notre siège social se trouve au sein de l’UFC. Donc moi j’ai intégré le club en son comité directeur, son conseil d’administration en décembre 2017, puis je suis devenu trésorier et enfin Président.
  • Quel parcours ! Pour en revenir aux rapports avec votre fils qui, vous venez de le dire, vous a mis le pied à l’étrier de l’athlétisme, est-ce que vous n’avez pas à un moment confondu votre rôle de papa et votre rôle de coach sportif ?
  • (long silence), je crois que je le confonds tous les jours, alors euh… c’est un peu compliqué ça… Attends, je ne sais pas, tu peux mettre « sur pause » parce que là il me faut réfléchir à ma réponse… (Je mets mon magnétophone sur « pause », et nous reprenons le cours de notre discussion), bon c’est sûr que ce n’est pas un exercice facile, j’essaie de faire attention personnellement…
  • Faire attention à quoi Jean-Luc ?
  • Faire attention à ne pas mélanger les genres quoi… ! Moi je ne suis pas son coach, je suis le Président du club, mais en même temps j’ai un gamin et même des gamins, puisque j’ai ma fille qui est intégrée, ils sont très motivés, très en demande d’entraînements d’une part mais aussi de conseils, et c’est vrai que c’est très compliqué de ne pas mélanger le rôle du père et celui du coach que je ne suis pas réellement. Voila, je suis le Président, je ne suis pas leur coach quoi…

  • Votre structure dédiée à l’athlétisme concerne tous les âges ?
  • Depuis cette année on accueille les enfants de neuf ans, jusqu’à… sans limite puisque notre licencié le plus âgé a 62 ans je crois aujourd’hui.
  • Les entraînements sont donc adaptés en fonction de l’âge ?
  • Tout à fait. Nous avons donc plusieurs groupes, on démarre chez les poussins qui ont neuf ans, eux ont leur entraînement spécifique, et puis après on a un groupe de benjamins / minimes, en gros ce sont des collégiens, et ensuite nous avons un groupe pour les plus grands qui démarre en cadet, c’est à dire lycéens, et qui va jusqu’au master.
  • Comment vous détectez les spécificités d’un jeune sportif pour plutôt le diriger vers la course de fond, ou vers le 100 mètres, voir d’autres disciplines faisant partie de l’athlétisme ?
  • Alors ce qu’il faut savoir c’est qu’en athlétisme les préconisations de la Fédération recommandent de faire pratiquer toutes les disciplines jusqu’à la catégorie cadet, c’est à dire qu’un collégien va pratiquer toutes les disciplines, ça c’est les préconisations. Après il y a un âge, on va dire minime, c’est les gamins de 13 ans, on peut… on peut voir certaines compétences, dans certaines disciplines plus que dans d’autres, mais il faut se garder d’avis définitifs à cet âge là, parce qu’on est encore à un âge où les gamins n’ont pas terminé leurs croissances, et donc leurs caractéristiques physiques en fait… En athlétisme on dit que ça commence en cadet, c’est à dire, ça commence à 15 ans.
  • Il vous est arrivé de détecter un ado de 15 ans qui avait un potentiel ?
  • Alors le club n’est pas assez… Il est trop récent pour faire de telles détections, alors des potentiels on en voit énormément, après de l’état de potentiel à l’état de sportif accompli, il y a un monde, il y a des années de pratique surtout. Et en athlétisme il y a une particularité, qui correspond à tous les sports : ils ne sont pas tellement ludiques. A ce propos on ne dit pas « qu’on joue à l’athlétisme », comme on dit qu’on « joue » au foot, mais on pratique l’athlétisme, et vous allez pouvoir le constater aujourd’hui lors de cet entraînement, il faut vraiment s’accrocher, et on a évidemment beaucoup de gamins qui ne durent pas, bien sûr, ceci-dit c’est valable pour tous les sports il me semble, puisqu’on parle de jeunes, et les jeunes doivent concilier les études et le sports par exemple. Donc des potentiels il y en a, ils existent mais c’est particulièrement difficile en France notamment de concilier le sport et les études. En France on est toujours sur des rythmes scolaires qui rendent, je vais pas dire impossible, mais disons très difficile, cette double pratique.

  • Vous opteriez donc pour un système à l’allemande, avec une journée divisée moitié étude-moitié sport ?
  • Alors il n’y a pas qu’en Allemagne, je sais qu’en Italie et dans énormément de pays, les cours se déroulent le matin jusqu’à 13 heures, 14 heures, et après il y a une activité obligatoire, qu’elle soit artistique, culturelle ou sportive l’après-midi. Finalement le gros problème en France, il me semble, c’est que les rythmes scolaires sont basés sur les vacances, et les vacances sont tenues par les professionnels du tourisme, et c’est de là que tout part en France… Les vacances scolaires sont notamment calées par les moniteurs de ski à la base.
  • Pourquoi faire du sport ?
  • Bon il y a moult raisons de faire du sport, pour des questions de santé dans un premier temps, j’ajoute à ce propos que la pratique du sport impose une pratique raisonnée, d’autre part, moi j’ai des enfants qui ont dix et quatorze ans et je trouve que la pratique du sport, de l’athlétisme, voir… du demi-fond, ou du fond, c’est à dire des épreuves de durée, ça leur amène une connaissance, et une pratique de l’effort, de l’effort sur la durée, et je trouve qu’aujourd’hui c’est super important pour des jeunes de pratiquer des sports qui demandent des efforts longs, parce qu’aujourd’hui, socialement, on sait bien que tout mène à la facilité, aux jeux… Donc voilà, le sport et l’athlétisme en particulier, je trouve que c’est un bon contrepoint à cette évolution de notre société qui met en avant les notions de plaisirs et de facilité.
  • L’athlétisme est un sport individuel, à contrario des sports collectifs. N’est-ce pas là une façon de privilégier donc, l’individualisme ?
  • L’athlétisme est certes un sport individuel, mais c’est aussi, on va dire 90% d’entraînement, pour 10% de compétition… Et l’entraînement c’est un sport d’équipe, c’est à dire que si vous mettez un jeune seul sur la piste pour qu’il s’entraîne, il ne va pas durer, il a vraiment besoin de l’émulation, tous les gamins aiment courir, mais je vous promets, ils vont tous aimer ça sur la durée s’ils courent ensemble.
  • Vos compétitions sont drômoises ou inter-régionales, voir plus ?
  • On participe aux compétitions de premier niveau, c’est à dire départementales, en fait bi-départementales puisque la Drôme et l’Ardèche pratiquent l’athlétisme sous l’égide d’un même comité, le comité d’athlétisme drôme-ardéchois, on participe aux compétitions régionales, interrégionales et aux compétitions nationales… On n’a pas encore l’internationale, mais ça viendra peut-être un jour (rires).

  • Quel a été votre dernier grand rendez-vous ?
  • Alors on vient de participer au championnats départementaux en salle à la Halle Diagana, et le prochain rendez-vous ce sont les championnats départementaux de Cross Country, puisqu’on est en hiver et que c’est la saison des Cross, qui se déroulera le 9 janvier à l’Aveyron, puis nous aurons les championnats régionaux qui vont se dérouler en région lyonnaise, on parle toujours de Cross, puis les championnats inter-régionaux qui vont se dérouler fin février, on espère que des jeunes du club vont être qualifiés pour ce rendez-vous, et ce qu’il faut savoir c’est que donc là on est en hiver et que la saison est particulièrement axées sur les Cross, donc des efforts d’endurance, mais que s’intercalent entre ces Cross des compétitions en salle d’athlétisme généraliste, des sauts, des lancers, des courses. Et il y a une chose que je voudrais préciser c’est que si ces championnats départementaux d’athlétisme en salle, se déroulent à Lyon, c’est parce qu’il n’y a pas de salles en Drôme ni en Ardèche pour pratiquer l’athlétisme. Et s’il n’y a pas de salle en Drôme et en Ardèche, c’est l’affaire des départements, voir de la région, voir de l’état… Mais vous m’amenez sur un autre terrain, celui des équipements sportifs sur les territoires, et là c’est sûr qu’il y a à tous les niveaux un manque criant sur tout le territoire, il faut dire qu’il y a un très grand nombre d’associations sportives et un faible nombre d’équipements sportifs, dont certains sont utilisés par des clubs qui ont un grand nombre de licenciés et qui monopolisent les équipements.
  • Comment sont financés ces équipements, vous êtes obligés de mettre la main à la poche ?
  • Moi je ne suis pas politique, je ne sais pas comment on pourrait financer des équipements manquants, nous, club athlétique, nous utilisons deux stades, le stade Charreyre et le Stade Armorin, et il y a un manque principal sur ces deux stades, c’est le fait que étant donné que les stades dépendent d’établissements scolaires, ils n’ont pas vocation à être utilisés en soirées et ils ne comportent donc pas d’éclairages, ça c’est assez dramatique pour nous, ce qui occasionne une perte de licenciés depuis cette année puisqu’il faut que je précise que nos entraîneurs sont tous bénévoles, qu’ils sont actifs, ils sont quatre, et les changements professionnels qu’ils subissent font que nous aurions besoin de nous entraîner en soirée, mais comme on ne dispose pas d’éclairage, on ne peut pas le faire, et nous avons été obligés de stopper l’accueil des jeunes de 6 à 9 ans, ce qui est assez dramatique en terme de licenciés, on en a perdu 30 sur cette tranche d’âge, et puis on a aussi perdu des moins jeunes qui ne peuvent pas s’adapter aux nouveaux horaires qui ont été mis en place cette année, du fait des changements professionnels des entraîneurs.
  • Le sport à Crest, c’est : « peut mieux faire » ?
  • Je ne peux pas me plaindre de ce que la Mairie apporte au club d’athlétisme puisqu’elle paie l’utilisation des stades qui nous sont mis à disposition, mais ça c’est une manière payante, donc je ne vais pas m’en plaindre. Maintenant c’est clair qu’il y a un manque criant, maintenant je le répète, il y a un très grand nombre d’associations sportives sur le territoire et un petit nombre d’équipements, ça c’est clair.

  • Quelle a été votre plus grande satisfaction sportive ?
  • Ma satisfaction, elle est là, sur le stade, à chaque entraînement, de voir ces jeunes et moins jeunes qui prennent un plaisir à s’entraîner, avec des entraîneurs dévoués et très compétents. Ma satisfaction elle vient de la chance qu’on a eu de trouver des entraîneurs aux qualités indéniables.
  • Quelles conséquences le Covid a t-il eu sur votre façon de fonctionner ?
  • Le Covid… Selon les étapes que nous avons eues à affronter, a été parfois très compliqué à vivre, parce qu’on a eu des changements incessants de possibilités d’accès aux stades, de possibilité de se retrouver tout simplement. Ceci dit, on s’en n’est pas trop mal sortis de ce point de vue là, puisqu’on pratique un sport d’extérieur, et qu’on a été privilégiés par rapport à pas mal de sports qui se pratiquent en intérieur, ceci-dit ce que je constate cette année, depuis septembre, c’est que (silence), j’ai l’impression que les gens ont beaucoup souffert, les adultes plus que les enfants, puisque ce que je remarque depuis septembre c’est que… Bon, quand on communique auprès des parents de ces jeunes, pour des entraînements spécifiques, des compétitions, on a quand même nettement moins de retours qu’on en avait auparavant. Moi ce que je constate c’est que les gens depuis la rentrée ils sont pris dans un retour à la vie normale, et je pense qu’ils avaient perdu le rythme, et ils ont beaucoup de mal à se remettre dans le rythme qui était le leur auparavant, et puis il faut dire aussi que le Covid a eu quand même pas mal de conséquences professionnelles ou personnelles, et j’ai le sentiment que les activités non essentielles, dont le sport fait partie, elles passent au second plan. Aujourd’hui les gens, plus qu’avant la pandémie, ils sont pris dans un rythme de travail et d’obligations familiales qui les mettent à rude épreuve.
  • Comment s’y prend on pour rejoindre votre équipe de sportifs ?
  • Oh, mais c’est très facile, vous nous contactez, via notre mail, notre site internet, ou notre numéro de téléphone qui sont tous accessibles, mais vous pouvez également tout à fait intégrer le club en temps que sportif ou en temps que personnel encadrant, parce que l’encadrement des jeunes athlètes ne nécessite pas une formation insurmontable, nous la prenons en charge de manière pratique et financière.
  • Donc l’année 2022 se profile bien ?
  • Elle se profile bien, en tous cas sportivement elle a très bien débuté, et puis elle se profile bien d’un point de vue de la structure du club, puisque le nombre de licenciés a été réduit par le fait qu’on a perdu une catégorie d’âge, donc on est moins débordés, et oui… On se porte bien !
  • Je marche sur le stade, et c’est plutôt pratique et évident : il y a une piste de course circulaire, et donc je n’ai qu’à suivre cette ellipse pour rencontrer d’autres interlocuteurs en tenue moulante et en sueur.

  • Bonjour je m’appelle Hervé Galliano, donc je suis coureur au CAC depuis quatre ans.
  • Fondamentalement, que vous apporte la pratique du sport ?
  • Alors fondamentalement, c’est quelque chose de très important, même indispensable. Une grosse pression au travail, une grosse pression en famille, et le sport permet vraiment de s’équilibrer mentalement et physiquement, et d’améliorer sa condition physique ce qui n’est pas négligeable.
  • On dirait que vous parlez du sport comme d’un exutoire pour le corps mais aussi pour la tête…
  • Oh oui, c’est tout à fait ça, ça régule vraiment les sautes d’humeurs, et sur le plan physique, comme on dit « y’a pas photo ».
  • Pourtant le sport c’est aussi de la souffrance ?
  • Oui, mais en fait, quand on arrive à passer ce seuil de souffrance, on devient ultra apaisé, on est fier de ce qu’on a fait, on essaie de faire mieux à chaque fois. Et puis il y a l’émulation du groupe, ça c’est très important, et comme on dit : « Plus on souffre à l’entraînement, plus c’est facile en compétition ».
  • Quelle est votre spécialité ?
  • Alors moi je suis spécialisé dans le 800 mètres piste, et je fais à côté du triathlon, donc voilà, c’est assez complémentaire, le triathlon permet de vraiment travailler la partie foncière en fait.
  • Sur 800 mètres, c’est à partir de quelle distance qu’intervient la dopamine, et que la souffrance fait place au plaisir ?
  • Ça va dépendre de la distance et de la durée de l’effort, tout simplement. Quand on est sur un 800 mètres, on a la souffrance à partir de 600 mètres, et les 400 premiers mètres on est carrément dans du pur plaisir, on a l’impression de voler, on est frais, et puis après, à partir de 600 mètres, là c’est dur, on est vraiment on va dire, dans la partie « mentale » du 800 mètres, alors que par exemple sur du triathlon, on va être plus sur une notion de gestion, avec du plaisir tout le long, pendant plusieurs heures, et la souffrance a lieu sur la partie course à pied, c’est à dire la dernière heure de course.
  • Vous avez des enfants ?
  • Oui, trois enfants, et les trois font du sport.
  • Le sport, vous leur avez imposé, ou c’est venu naturellement ?
  • En fait au début je leur ai proposé sous forme de jeu quand ils avaient 4 ou 5 ans, sous forme de kit d’accélération en extérieur, avec des espèces de parcours, un petit peu comme les courses de chevaux finalement, mais au lieu que ce soit sur la table, c’était sur la route à l’extérieur, et puis il y a aussi une forme de mimétisme, ils me voient courir tous les jours, donc pour eux c’est la normalité.
  • Est-ce qu’en temps que « papa-coach », vous ne vous substituez pas aux manques de l’école ?
  • La question est un petit peu tronquée dans la mesure, où en fait mes enfants sont dans une section sportive, donc ils font beaucoup de sport, mais sur ma fille qui est en CM2, non, non… depuis deux ou trois ans, ils ont l’obligation de faire une demie-heure de sport par jour, c’est le programme scolaire classique pour toutes les classes, donc non, ils font, je pense, suffisamment de sport et puis il reste le mercredi et le week-end, si on veut compléter.
  • Est-il possible de faire trop de sport ?

  • Pour un adulte… oui. On peut être accro, y’en a même qui détruisent leur relation familiale en faisant trop de sport, donc il faut vraiment veiller quand on est sportif à faire des sacrifices sur un temps donné quand on prépare une grosse compétition, et puis, et puis toute l’année vraiment, de trouver des phases pour s’entraîner, et des phases pour la famille. Et il y a aussi un gros problème au niveau de l’alimentation, quand on est excessif dans le sport, souvent on a tendance à se priver vraiment de tout, et ça, ça peut se sentir au niveau des relations sociales quand on est avec des amis, ça peut être vraiment problématique. Donc des fois, on est finalement obligés, quand on a une hygiène de vie assez bonne de se forcer d’aller boire une bière avec les copains, pour se socialiser un petit peu. C’est important.
  • Je continue mon tour de piste, en marchant, doucement et je rencontre un jeune athlète.
  • Bonjour je m’appelle Antoine, je suis au club depuis environ deux mois, j’ai 16 ans.
  • Comment vous définiriez votre amour du sport ?
  • C’est pour me sentir mieux dans mon corps, me sentir mieux dans ma tête, tous les jours, ça me fait beaucoup de bien. Alors c’est beaucoup de souffrance pendant la séance, mais c’est à la fin de la séance qu’on se sent vraiment bien, on est content de nos performances.
  • Quelle est votre spécialité Antoine ?
  • Moi c’est le sprint, du 100 mètres au 400.
  • Combien vous faites au 100 ?
  • Ca tourne à un peu moins de 14 secondes.
  • Ah oui, on est proche de Usain Bolt !
  • (rires), pas vraiment, il me reste beaucoup de boulot ! Mais je m’entraîne ici deux fois par semaine, et hors du club je m’entraîne tous les jours avec des exercices de musculation.
  • Et si vous étiez totalement privé de pratique sportive, ce serait une frustration pour vous ?
  • Une frustration ouais… Parce que s’entraîner tout seul c’est très dur, vraiment l’équipe c’est très important, on se motive mutuellement.
  • Mais vos potes d’entraînement, est-ce que se sont aussi vos adversaires ?
  • Heu… Très bonne question… Heu, non, ils ne sont pas mes adversaires, si je fais des compétitions c’est avant tout pour moi, pour me challenger, pour améliorer mes temps, donc mes adversaires ce sont ceux que je ne connais pas, voilà. Ce ne sont pas mes collègues.
  • Vous savez quoi ? A force de faire des tours de pistes à la recherches d’interlocuteurs, j’ai presque l’impression d’être aux J.O… J’ai dis « presque ».

  • Bonjour je m’appelle Alain Curtil, je suis le créateur du club d’athlétisme de Crest depuis 2017, je suis aussi le Président de l’Union Sportive Crestoise qui s’occupe et fédère 27 clubs, et je suis trésorier du club d’athlétisme.
  • C’est un boulot à plein temps ?
  • Oh, à plein temps, non… Parce que les clubs sont indépendants quand même, nous on aide les clubs, on leur prête du matériel, voilà… Mais chaque club est indépendant, et autonome, c’est eux qui gèrent leur club, leur trésorerie, leur logistique… J’en profite pour annoncer que nous allons faire une grande manifestation en vue des Jeux Olympiques, se sera sur la ville de Crest et on va appeler ça « Les Olympiades », et là on est plutôt vers le printemps 2023… C’est en prévision… !
  • Votre fils est en ce moment sur le stade pour s’entraîner, c’est important pour vous que les jeunes générations s’impliquent dans le sport ?
  • Oui depuis toujours, bon avant il venait du rugby, moi aussi d’ailleurs, j’ai été entraîneur de rugby à Crest, mais là mon fils est passé à l’athlétisme, il est devenu champion Rhône-Alpes de 100 mètres et de saut en longueur, et là il est toujours sprinteur, il est là… !
  • On vous sent très fier !
  • A vrai dire, je suis surtout fier de son entraîneur !
  • Qui est gendarme !
  • Oui, absolument. La carotte et le bâton ! (éclats de rires).
  • Vous savez quoi, je me retrouve comme lorsque je suis sur mon canapé et que j’assiste à une épreuve sportive, je suis épuisé par tant d’efforts ! Même s’ils ont été accomplis par d’autres que moi. Allez, je vous laisse dans les confortables tribunes du lecteur du brillant, et je vous souhaite à toutes et tous un joyeux Noël et de bonnes fêtes de fin d’année.
  • On se retrouve le 2 janvier !
  • Mathias Deguelle.

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