CLOTURE DE « ZE FIESTIVAL » DE MARSANNE AVEC LES WAMPAS.

Bonjour les Brillantes, bonjour les Brillants.

Ce week-end c’était donc la clôture de « Ze Fiestival » à Marsanne, avec sur trois jours une programmation éclectique qui avait en point d’orgue la venue du groupe Les Wampas, samedi soir.

Petit rappel pour celles et ceux qui méconnaîtraient la formation, Les Wampas sont un groupe parisien qui existe depuis 1983, qui prodigue un punk rock autour de Didier Wampas (de son vrai nom Didier Chappedelaine), un chanteur qui a cette particularité d’avoir très longtemps combiné ses activités de chanteur rock avec son « vrai » métier qui était électricien à la RATP. Les Wampas sont connus pour leurs performances scéniques survoltées et pour leurs textes vraiment poétiques et faussement juvéniles. Ils se sont fait connaître du « grand » public en 2006 avec la chanson « Chirac en prison », mais surtout en 2003 avec la chanson « Manu Chao ». Ils comptent à leur actif pas moins de treize albums.

Didier Wampas, c’est lui :

Et en exclusivité pour lebrillant.fr, Didier, le chanteur des Wampas a accepté de se livrer à une interview express, un quart d’heure avant de monter sur scène, et puisque le groupe se définit comme « simple et tendre » comme le nom de l’un de leur plus fameux album, je lui ai proposé un questionnaire très enfantin :

  • Bonjour Monsieur Wampas, je m’appelle Pablo, j’ai neuf ans et mon père m’oblige à écouter votre musique que je trouve trop vieille par rapport au rappeur Jul qui est quand même plus de la balle. Que dois-je dire à mon père pour qu’enfin il comprenne que le rock c’est une musique de vieux ?
  • Bah, nom, c’est le contraire… C’est Jul qui fait une musique de vieux, c’est ringard… Regarde, le rap ça à quoi ? Ça a quarante ans, non vraiment le rap c’est une musique de vieux qui vieillissent, alors que Les Wampas restent une musique de jeunes, et puis c’est ça qui est bien avec le rock, c’est qu’il n’y a pas de mise à la retraite, tu sais Pablo, ton père a raison, le rock c’est juste une forme d’expression, après c’est ce qu’on met dedans qui fait toute la différence, le rock est aussi intemporel que le clavecin !
  • Je continue. Bonjour Monsieur Didier, je suis Émilie, j’ai 8 ans, et ma mère me dit que vous êtes complètement mégalo, mais comme moi je ne sais pas trop ce que ça veut dire, elle m’a expliqué que vous avez donné votre nom à votre groupe comme l’a fait Carlos Santana… et si c’est vrai je trouve ça très chaud je veux dire…
  • Comme Carlos Santana, une de mes idoles en effet… Non, en fait c’était pour faire comme le groupe The Ramones, voilà, dans ce groupe ils s’appellent tous Ramones. Alors au départ on s’appelaient tous Wampas, et puis après ça a changé, tous les membres sont partis, et comme il n’y a plus que moi qui suis resté, voilà… c’est juste ça.
  • Poursuivons. Monsieur Wampas bonjour, je m’appelle Jeanne, j’ai 11 ans, vous avez écrit une chanson d’enfance qui s’appelle « Les bottes rouges », et mes parents m’en ont donc acheté une paire qu’ils m’obligent à porter à l’école. Du coup c’est la honte, tout le monde se moque de moi, pouvez-vous me dire comment le convaincre de m’acheter une paire de Nike ou d’Adidas ?
  • Alors, ça c’est pas sympa quand même, des bottes rouges… encore c’est une fille, si c’était un garçon ce serait pire. Allez papa, achète des baskets, elle sera plus à l’aise pour faire du sport plutôt qu’avec des bottes. La pauvre… pauvre petite… Oui, d’une manière générale j’ai tendance à plaindre la jeunesse en bottes rouges, bon, on peut les mettre pour sortir, mais pas pour aller à l’école quand même, voyons…
  • Bonjour Monsieur Wampas, je m’appelle Pierre-Gustave Chao, je suis le fils de Manu Chao, auriez-vous retrouvé le portefeuille de mon père ?
  • Alors Pierre-Gustave, tu es un des fils caché de Chao, parce qu’il en a beaucoup (rire), je suis désolé de le dire… Non, je cherche toujours son portefeuille, je suis toujours à la recherche du portefeuille perdu… Une quête sans fin…
  • Bonjour Monsieur Wampas, je m’appelle Céline, j’ai 8 ans, je suis scolarisée au couvent des Moineaux à Brive-la-Gaillarde, pourquoi vous obstinez-vous à produire cette musique sataniste ?
  • Heu… ma pauvre petite… Alors pas du tout, je ne fais absolument pas une musique sataniste, c’est même tout le contraire. Parles-en à tes sœurs, à ta Mère Supérieure, elle t’expliquera. Et je le jure sur la Bible !
  • Bonjour Monsieur Wampas, est-ce que Eiffelo est bien votre frère, ou votre cousin, votre fils ou votre père ? Et est-il jaloux de vous ?
  • Alors en fait Eiffelo joue avec mon fils sans être lui-même mon fils, on croit que c’est mon fils, mais non… en fait c’est plutôt le chef de mon fils, voilà. Mais je le dis, il n’y a pas là de trahison familiale, pas du tout, il joue aussi avec moi, je joue avec mon fils, tout le monde joue ensemble.
  • Bonjour Monsieur Wampas, je m’appelle Jean-Marie Chappedelaine, j’ai 19 ans, et après avoir fait des recherches généalogiques, je suis aujourd’hui convaincu que vous êtes mon père, je travaille actuellement sur une plateforme pétrolière, dois-je continuer à creuser ?
  • Creusez, creusez, mon fils… Au prix du pétrole, continuez à creuser, d’ailleurs si tu peux m’en fournir un petit peu mon fils, ce sera très gentil.
  • Bonjour Didier Wampas, je m’appelle Régine, mais on m’appelle aussi « la grande Zoa », et je ne donnerais pas mon âge puisque je suis décédée, cependant peux-tu me rendre mon boa ?
  • Ma Régine… (les deux ont chanté ensemble « la grande Zoa ». ndlr), non mais Régine il n’empêche que c’est l’une des femmes les plus punk que j’ai rencontrée, il y a plein de punks ou de groupes punks qui ne le sont pas du tout, mais Régine était beaucoup plus punk que tous les punks de France. Sérieusement. Elle est venue une fois, on jouait avec « les producteurs de porcs », qui est un groupe de Groland, et elle devait faire une chanson, elle a pris un hôtel, a demandé un coiffeur et elle s’est fait décolorer une crête sur la tête juste pour faire une chanson avec ce groupe. Alors bravo Régine, elle était très très rock ‘n’ roll. Bon c’est sûr que le mot « punk » ne veut plus dire grand-chose aujourd’hui, mais en principe c’est pouvoir faire un peu ce qu’on veut et s’amuser comme on veut, voilà être punk c’est la liberté totale, alors qu’aujourd’hui c’est tout le contraire, être punk est devenu un petit mouvement codifié où il faut faire telle musique, parler de tel sujet, ce n’est plus du tout l’esprit de départ, alors que Régine oui.
  • Bonjour Monsieur Wampas, je fais partie de la majorité présidentielle, une question taraude l’ensemble du parti « Renaissance » que j’incarne à travers cette question : le gouvernement a mis en place un bouclier tarifaire pour limiter la consommation d’électricité, comptez-vous vous y plier et sortir un album acoustique ?
  • Ce serait bien en effet parce qu’au prix de la journée de studio aujourd’hui… Non, mais je vais peut-être sortir un album piano-voix, voilà c’est un scoop que je livre au brillant.fr, l’album est déjà enregistré avec donc les chansons des Wampas en version piano-voix. Voilà c’est Élise qui est au piano et c’est moi qui chante. On a fait des concerts delà, une quinzaine, et peut-être que l’album va sortir.
  • Bonjour, Didier, j’ai 12 ans et je m’appelle aussi Didier, pensez-vous qu’il s’agisse d’un hasard ? Au fait mon nom de famille c’est Super.
  • Oh non… Oh la la… Non pas Super… Pitié… Déjà il faudrait qu’il revienne de Tahiti… Mais, non, c’est Didier tout à fait ordinaire… Mais tu sais qu’il n’y a presque plus de Didier, l’autre jour on a regardé et bien il n’y a plus d’enfants qui s’appellent Didier et qui naissent aujourd’hui. C’est fini, les Didier sont en voie d’extinction… Alors faites des Didier ! C’est un super prénom Didier, allez-y ! Il faut que ça revienne à la mode !
  • Bonjour Didier, je m’appelle Sébastien, j’ai 5 ans et je suis scolarisé à Marsanne, je sais que tu joues ce soir dans mon village, peux-tu ne pas jouer trop fort, ce soir je dois me coucher tôt, demain j’ai un tournois de foot…
  • (il chuchote) On ne va pas jouer trop fort, on va jouer tout doucement, et pas longtemps, ça va bien se passer mon petit Sébastien, mais arrête le foot, c’est pas bien le foot. Le vélo c’est mieux, fais du vélo mon petit.
  • Enfin, et ce sera l’ultime question de notre rencontre, elle nous vient de Éric M. ancien technicien sur France Inter, qui m’a demandé de te poser cette question : « où est ton chien ? »
  • Mon chien, il est resté à la maison avec sa maman, je ne l’ai pas amené pour une fois. Oui, j’ai un chien depuis un an et demi, je n’ai jamais eu de chien de ma vie, mais là j’ai une chienne qui s’appelle Susie, mais elle est déjà venue avec moi sur scène en concert, elle vocalise, mais là non, là c’est au lit Susie !
  • Merci Didier, bon concert…
  • Merci à toi Mathias.

Je quitte Didier Wampas, et je déambule dans la foule plutôt conséquente qui patiente pour sonder leurs âmes et leur esprit rock ‘n’ roll…

  • Salut moi c’est Arnaud. Les Wampas c’est un groupe que je connais depuis que j’ai quinze ans, donc c’est une vieille histoire d’amour. Ils font du rock, du rock tout ce qu’il y a de plus rock ‘n’ roll quoi !
  • Mais en même temps, ils ont un petit côté enfantin…
  • Ouais et ce qui nous plaît, c’est ce que j’aime aussi. Ils me font penser à des groupes comme les Toy Dolls, c’est un peu le même genre en français, moi ça me parle, ça me ramène à mon enfance, à mon adolescence. Et puis il ne se prennent pas au sérieux, ils sont drôles, avec Les Wampas, on se marre !
  • Salut moi c’est comme toi, je m’appelle Mathias.
  • Et moi c’est Benjamin.
  • En fait je connais qu’une musique des Wampas (les deux se mettent à chanter), Si j’avais le portefeuille de Manu Chao, je partirais en vacances au moins jusqu’au Congo… (rire)
  • J’adore, pour moi c’est un rock festif, convivial…
  • Oui, ils sont à mi-chemin avec le punk et autre chose… Mais en fait nous on est fidèles au « Ze Fiestival », donc on vient tout le temps…
  • Ouais, on vient de Roynac, et ils nous font découvrir chaque année des artistes différents, donc voilà on vient vraiment pour l’atmosphère du festival… On regarde même pas la programmation en fait
  • Et si il y avait eu Jul en concert ?
  • Et bien on ne serait pas venus (rire)…
  • Si si, moi je serais venu, on écoute de tout en vrai.
  • Bonjour, je m’appelle Claire. Alors moi j’ai zéro culture musicale mais je faisais confiance à la programmation du festival. Je suis plus là pour la musique que pour la musique que font les groupes, mais je n’essaie pas d’avoir la mémoire des noms, je leur suis juste reconnaissante de faire de la musique, moi c’est la musique vivante que j’aime.
  • Et chez toi, à la maison, est-ce que tu écoutes des albums live ?
  • Alors j’écoute de la musique, mais jamais d’album live, parce que c’est tous les inconvénients du live sans les avantages, on entend le bruit des gens, les applaudissements, des cris… Alors que là, je le vis parce que j’y suis !
  • Bonjour, je m’appelle Georges.
  • Quel âge avez-vous Georges ?
  • J’ai passé l’âge.
  • Quand vous étiez adolescent vous écoutiez quel genre de musique ?
  • Les Beatles et les Rolling Stones, et c’est vrai que je retrouve un peu de cet esprit rock dans les Wampas. Je les ai déjà vu, mais vous savez je viens chaque année ici au « Fiestival », parce que je suis très rock et très jazz. J’adore Jimi Hendrix, Led Zeppelin, et en jazz c’est Miles Davis…
  • Avec l’album « kind of blue » j’imagine…
  • Entre autre, mais pas que, il y a aussi la période où il aurait dû jouer avec Hendrix justement, la période du jazz fusion…
  • La musique comme un remède anti vieillesse ?
  • Ah, mais je ne veux pas vieillir (sourire) et Les Wampas sont très intéressants pour ça.
  • Bonjour, moi c’est Emma, pour moi Les Wampas c’est quarante ans d’histoire, je les ai déjà vu, j’ai adoré et là je suis ici pour eux, j’aime le côté fou qu’ils avaient au début de leur carrière et qu’ils ont su conserver, et moi la musique en général, ça me maintient en forme, ça parle au corps, et moi j’ai besoin de bouger…

Une fois le concert terminé, je quitte les lieux, rincé et heureux, et je constate autour de moi que le rock peut parfois avois des effets secondaires sur le métabolisme des plus fragiles.

Un grand merci aux organisateurs et organisatrices. À l’année prochaine !

Textes et photos : Mathias Deguelle.

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