CARNAVAL DE CREST: MI-FESTIF, MILITANT.

Bonjour les Brillantes, bonjour les Brillants. Tout a commencé par une rumeur, le Carnaval allait revenir investir les rues de Crest.

Puis il a y eu cette affiche, comme une confirmation.

Vous avez noté, ce n’est pas un Carnaval, c’est un C RN V L.

Enfin, il y a eu cette info, ce regroupement festif n’avait pas fait de demande en préfecture, et de fait, devenait littéralement « hors la loi ».

C’était donc, hier, le samedi 2 avril, et je vous invite à me suivre dans cette immersion joueuse sous haute surveillance.

J’ai commencé ce reportage par traverser le centre-ville, pour me diriger vers la Place du Génaral de Gaulle, plus connue sous le nom de « Place de l’église », et pendant ma traversée, je fûs interpellé par des consommateurs qui prenaient l’apéro au bar « La Caverne », visiblement ils avaient une grande envie d’échange.

Je leur tends donc mon micro.

  • Bonjour, je m’appelle Patrick, moi je me dis que si sur l’affiche du carnaval, il n’y a pas de « A », c’est parce que : « ah, ah, ah… »…
  • Ça, c’est pour les andouillettes… ! Ah, non je me trompe pour les andouillettes, il y a cinq « A »…
  • Bonjour, moi c’est Dominique, et en fait le « A A A », c’est une référence au système de notation des pays, qui sont fixés suivant si tu rembourses bien tes prêts. C’est une façon de mettre en avant le côté anticapitaliste. Tu voudrais que je te donne la définition historique des romains du carnaval ? C’est le moment où on peut être quelqu’un d’autre, donc les jeunes peuvent être vieux, les pauvres peuvent être riches, et réciproquement… voilà, on peut être quelqu’un d’autre l’espace de quelques heures. Bon, maintenant, ici à Crest il y a une polémique sur le Carnaval depuis assez longtemps, et je sais que la Municipalité est contre parce que, apparemment, une fois ça c’est mal passé (Selon nos sources, effectivement, il y eu par le passé un participant du Carnaval qui aurait tenté de subtiliser l’arme d’un policier, et une fois arrêté et mis en garde à vue, d’autres « carnavalistes », auraient tenté d’investir la Gendarmerie pour tenter de libérer leur camarade. NDLR), et depuis… alors que c’est sensé être « bon enfant », il y a toujours une tension sur le mot Carnaval à Crest. Ce sont deux mots qui ne vont plus ensemble en fait. Donc, du coup, ça a créé une sorte de revendication sous-jacente, un Carnaval non déclaré c’est un signal pour dire « on n’en a rien à foutre de la Mairie ». On le fait quand même.
  • Mais d’après ce que je sais, ce que redoute la Mairie ce n’est pas tellement l’existence d’un carnaval festif dans son centre-ville, mais plutôt les « dommages collatéraux », du type dégradations diverses, et surtout les messages sous forme de tags sur les murs de la ville…
  • Mais il faut arrêter avec cette parano, il y a des agents municipaux qui bien entendu vont devoir nettoyer après le Carnaval, mais je te le dis, ils ne vont que balayer des confettis… ! Ça fait partie de la fête non ?
  • C’est Patrick, je reprends juste la parole pour dire une chose, s’il n’y a pas de Carnaval, les gens ont tendance à s’emmerder, et s’emmerder dans une petite commune, est-ce que c’est pas aussi un dommage collatéral d’une Municipalité qui ne veut pas faire vivre la culture ?
  • Moi je m’appelle Nazim, et je pense que le capitalisme crestois réside essentiellement dans le marché des maisons de retraite, bien plus qu’une économie, il s’agit d’une réelle industrie… j’ajoute qu’un Carnaval doit être par définition, libre et gratuit. Il n’y a pas de revendication, c’est juste un moment pour se défouler, c’est normal que ce soit le chaos pendant une après-midi, non ? Moi je ne te parle pas de politique, il s’agit juste d’un défouloir, lâcher la bribe pendant une après-midi, je ne te parle que de ça. T’es pas d’accord Patrick ?
  • Carrément. Un Carnaval n’est pas là pour faire des gagnants ou des perdants…
  • Vous êtes j’imagine, au courant que les forces de sécurité ont été renforcées par le Préfet…
  • Mais c’est bien parce que plus les gens viennent au Carnaval, et notamment la police, et bien, plus on est de fous, et notamment avec la police, plus on s’amuse.
  • Et puis eux, ils sont déjà déguisés, donc c’est pratique, et puis ils sont rigolos, parce que moi je les ai vu se garer, donc comme ils sont passés sur une zone piétonne entre les barrières, et du coup, ils ne voulaient pas rayer leur bagnole, et donc ils ont super galéré : 10 minutes pour garer la bagnole, alors je me suis dit « si il y a un gars qui fait un délit de fuite, et bien ils vont remettre 10 minutes pour lui partir au cul… », non mais… ! (éclat de rire général).
  • Vive le Carnaval, et vive la vie !

Je laisse « les caverneux » terminer leur apéro, et je me dirige vers la Place de l’Église, et effectivement la présence policière est présente, premières impressions en arrivant sur place.

Le ciel de Crest était gris, mais il y avait du bleu. Maintenant, et puisque les membres des forces de l’ordre ont refusé de répondre à mes sollicitations, droit de réserve oblige, je plongeais dans cette foule qui commençait à se former, et je tendais mon micro à celles et ceux qui étaient là pour faire la fête.

  • Bonjour, je m’appelle Panthère Noire. Alors comme vous le constatez, pour l’instant il est à peine 13h 30, les gens se rassemblent, s’amassent progressivement, pour pouvoir « carnavaler » à partir de 14h.
  • Quel est le message de ce Carnaval ?
  • Alors le Carnaval est une tradition millénaire qui est fondamentale, qui renie tout ce qui est pénible, pour devenir magnifique au moment du printemps. Tout ce que je sais c’est que par essence, le Carnaval est un mouvement populaire, c’est tout simple, on se déguise, on se débarrasse de l’hiver, et puis on renaît… pour la venue du printemps.

Bon, nous allons faire une pause photo, parce que ce Carnaval, l’ayant vraiment vécu de l’intérieur, je vous l’affirme ici, avait parfois des allures de « Cosplay », vous savez ces réunions, où les participants se déguisent et reprennent leurs personnages préférés de super-héros, ou de Manga, en passant des heures de préparation, de maquillage, pour juste offrir « une autre version d’eux-mêmes ».

Galerie de photos :

A ce moment, il est environ 15h 30. Je furète, je chine des personnes qui acceptent de répondre à mes questions, et comme tout le monde est masqué, le problème d’exposer son visage sur un média Internet comme le brillant.fr, ne se pose plus du tout… Le masque de Carnaval libère la parole, alors que paradoxalement, le masque chirurgical l’a contrainte… Bon, je n’irai pas jusqu’à dire que le premier aurait du se substituer à l’autre… Quoique…

  • Bonjour, je m’appelle Noé. Si je devais résumer le Carnaval en trois mots, je dirais « haut en couleurs », il y a de la joie, de la musique, de la danse, du bruit, des feux d’artifices, des clowns, voilà… c’est ça ma définition du Carnaval.
  • Tu le sais, ce Carnaval a lieu sans la validation, l’autorisation de la Préfecture, or, si je t’ai bien écouté, il semble que nous n’avons pas besoin d’autorisation préfectorale pour être « haut en couleurs »…
  • Mais oui… nous sommes dans un pays de liberté d’expression, donc on fait ce qu’on a envie de faire et après les forces de l’ordre sauront encadrer s’il y a des débordements. Mais vous verrez… il n’y aura pas de débordements, parce que les débordements leurs donneraient raison.

Je quitte Noé, je prends un peu de champ, un peu de large, et je le constate, la foule, petit à petit prend de l’ampleur.

Les musiciens font résonner leurs instruments :

La musique et les chants fanfaronnent… L’annonce d’une arrivée: Celle d’un personnage d’environ trois ou quatre mètres de haut, l’emblème du Carnaval fait son entrée :

  • Bonjour, je m’appelle Denis. Je suis ici pour le Carnaval, ce moment qui est aussi un moment exutoire pour la population… en fait, ce n’est pas qu’une simple fête, il y a une fonction carnavalesque : les pauvres à la place des riches, les riches à la place des pauvres, les femmes à la place des hommes, les hommes à la place des femmes, on change de statut quoi… ! Que ce soit le genre ou la classe sociale, voilà c’est ça…
  • Mais alors, pourquoi une telle présence des forces de l’ordre si comme tu le dis, tout ça n’est qu’une manifestation bienveillante et joyeuse ?
  • Ben… il ne savent pas, et je pense qu’ils veulent tout contrôler. Ils ont peur, ça c’est sûr, après de quoi ont-ils peur, je ne le sais pas, mais oui, l’impression qui se dégage c’est que les pouvoirs publics ont peur du peuple, surtout quand il est joyeux.

Je continue mon slalom entre les participants, parfois je me fraie un chemin en jouant des épaules, tant la foule est compacte, je me rapproche des escaliers de l’Église et constate que se joue une sorte de pièce de théâtre. Personne n’entend vraiment ce qu’il s’y dit, tant la foule est enthousiaste et surjoue l’exaltation.

Trop drôle.

Certain(e)s vont jusqu’à se prosterner devant cette prestation. Même si avouons-le, leur ferveur elle-aussi, est un peu… hum, « carnavalesque » ?

Ensuite, le cortège bigarré quitte la Place de l’Église, et remonte la rue Archinard, qui va les amener vers la Place des Moulins.

Sous le regard fasciné de quelques habitants restés en hauteur. Enfin, un habitant…

  • Bonjour, je m’appelle Heu.
  • Alors cher Monsieur Heu, hors micro, vous venez de me révéler un scoop, vous êtes l’enfant illégitime de deux personnalités politiques de premier plan, alors la question je vous la pose à nouveau maintenant que mon micro est allumé : qui sont vos parents, votre géniteur et votre génitrice ?
  • Ma maman s’appelle Christine B. et mon papa est le Maire d’une commune de la Drôme qui commence par un « C »…
  • Hum… Quel mystère… Bon commençons par votre maman, vous dites Christine B… Je réfléchis… Ah, tiens, j’ai une proposition… Me vient à l’esprit le nom de Christine Boutin, est-ce que vous validez ma réponse ?
  • Oui, je la valide.
  • Ok. Maintenant passons à votre papa… Donc il s’agit d’un Maire d’une ville dromoise dont l’initial est un « C »… Bon, alors je vais jouer à l’instinct, nous sommes à Crest, donc je pense à Monsieur Hervé Mariton… Est-ce que là encore vous validez ma réponse ?
  • Oui, je valide !
  • Donc, si je résume. Vous vous prétendez être le fils illégitime de Christine Boutin et de Hervé Mariton ?
  • Oui, alors, en revanche il ne faut pas le répéter, nous sommes bien d’accord ?
  • Ça va de soi, chaque lecteur du brillant.fr gardera cette info stupéfiante pour lui et jamais au grand jamais, ne la divulguera…
  • Bon, voilà, il faut tout de même que je vous confie que papa et maman, m’ont chacun dit « tu as le droit de sortir ce week end, mais si tu fréquentes les gauchistes… Attention… ! ». Mais, je vous le dis de toi à moi, plus personne n’ose lire la Bible… et pourtant… dans la bible il y a tellement de belles choses, Maman, Christine, me l’a lit tous les soirs au bord du lit. Il y a plein de bougies. Papa Hervé vient me raconter le nouveau Testament, Maman Christine, elle c’est l’Ancien, est c’est tellement beau.
  • C’est formidable, tant de tendresse…
  • Tant de quoi ? Tendresse dites-vous ? Vous m’excuserez, mais je ne connais pas ce mot là…
  • Merci Monsieur. Comment dois-je vous appeler ?
  • Appelez-moi Monsieur Mariton, dans une société moderne on ne porte pas le nom d’une femme.
  • Merci Monsieur Heu.

Je quitte cet héritier et son sens de l’humour si particulier pour me joindre au cortège maintenant en marche.

  • Bonjour je m’appelle Pascal et je participe à ce Carnaval, car pour moi il porte en lui la fin d’un événement majeur, c’est la fin de l’hiver, il est donc la symbolique du renouveau. Mais c’est surtout l’occasion de faire la fête, de sortir et de se retrouver. Surtout par ces temps moroses, c’est bien de voir des gens dans la rue. Alors ce matin j’ai regardé l’arrêté municipal, bon c’est assez timoré puisque l’interdiction était de 6 heures à 14 heures 30… Ça paraissait ubuesque. Surtout qu’il y avait le marché. Je pense moi que quand on est Maire d’une ville, il faut fédérer, il faut animer, il faut réunifier les citoyens, et s’ils veulent faire leur Carnaval, il faut les laisser faire. En fait j’ai l’impression que depuis que la Mairie existe ici, enfin il y a eu des Carnavals depuis vingt ans… et c’est assez particulier de faire des histoires pour un Carnaval, moi ça m’effraie un peu… par rapport à la position du Maire. Alors s’il faut avoir des autorisations à chaque fois… je pense qu’il y a suffisamment de caméras dans les villes de France… s’il faut faire des dérogations pour aller faire son petit pipi à droite ou à gauche, moi c’est non… non. J’y trouve plus ma place quoi…
  • Bonjour, moi c’est Raph’, là il y a des gens, c’est la fête… Et on est tous un peu énervés finalement… Ça va pas très bien en ce moment et ça ne va pas s’améliorer, on va se faire déglinguer là, tu as vu le prix de l’essence, l’électricité va augmenter, la bouffe aussi… Carl Schmitt disait « il faut nommer l’ennemi », alors nommons-les… Quand aux élections Présidentielles, j’en parle même pas… Tu sais quoi ? Moi j’aimerais bien un second tour Zemmour / Mélenchon tu vois… Mais je pense qu’avec les deux on va se retrouver dans la merde. Mais bon, avec Mélenchon ce sera la merde, mais ce se sera un peu plus participatif tu vois ? A mon avis qui que se soit, ce sera le bordel, avec les enjeux géopolitiques qu’il y a actuellement, c’est chaud… !
  • Salut, je me permets d’intervenir, moi c’est Rémy, moi je trouve marrant qu’il y ait des personnes qui arrivent à écouter le programme de Mélenchon, parce que moi dès que j’en parle, c’est à dire souvent, les gens me disqualifient. En fait il y a une grande différence entre Mélenchon et les idées de Mélenchon. Le problème de La France Insoumise c’est la personnalité de celui qui l’incarne, c’est évident. Ce qui serait bien c’est que ce soit un inconnu qui puisse porter un tel programme. Moi c’est très simple, je suis un artisan, donc je vote pour les gens qui représentent mon milieu… bon, il y a Poutou, il a été ouvrier, même s’il est derrière un gros parti, il n’empêche qu’il est plus proche de mes idées que n’importe quel autre candidat, sur la question sociale et économique. En fait, tous les candidats sont des capitalistes.
  • Rémy, est-ce que tu vas voter ?
  • Bonne question. Par principe j’aimerais ne pas le faire, parce que je ne donnerais aucun crédit à cette élection, et, plus il y a de votants, plus on donne du crédit à « tout ça », c’est une mascarade, moi je ne vote pas pour un maître, je vote pour des lois. L’abstentionnisme est là pour signifier que les candidats ne sont ni crédibles, ni représentatifs… c’est pour ça que les gens s’abstiennent massivement, ils ne vont même pas voter « blanc », parce qu’il n’est pas reconnu. Moi j’ai 32 ans et c’est ce que je vois avec tous les gens de ma génération, et pour tous ceux de mon âge, c’est soit tu fais ta boîte, soit tu bosses « vite-fait » dans le social, si tu t’intéresses aux autres, mais sinon… les gens s’en foutent… Faut être réaliste à un moment.
  • Tu me fais penser à cette chanson de Mylène Farmer, tu es « désenchanté »…
  • Désenchanté ? Non, c’est la fin du rêve. Il y a une génération qui est née dans les années 50, ils étaient majoritaires par rapport à leurs parents, du coup ils ont eu la politique qui allait dans leur sens. Ils pouvaient faire taire leurs parents parce que eux, le poids de leurs votes marquait… Ils ont fait toute leurs vies en prenant la planète pour eux, et du coup, nous on doit payer les pots-cassés parce que on est moins nombreux qu’eux. Je te le dis, c’est la fin du rêve, et nous, on ne veut plus participer à tout ça, quand on a 30 ans, je te le dis, les cinquantenaires, on ne les écoute même pas. Ça sert à rien qu’ils parlent, on dit « Ok boomer, reste avec tes idées et ton ancien monde, nous on a un monde à construire, mais ce qui est sûr, c’est que tes lois elles ne valent rien ». Il y a clairement une fracture qui est faite là-dessus, une fracture générationnelle. Mais c’est aussi parce que ces gens n’acceptent pas qu’on leur dise que c’est de leur faute.

Et bien, voilà il faut se plonger dans le Carnaval de Crest pour apprendre que l’origine du fossé des générations est aussi démographique. Évidemment, n’ayant pas la moindre prétention littéraire, je me dois de vous le confesser, je prends conscience des limites de l’écriture, car ce Carnaval s’il était multicolore, il était aussi très sonore, entre fanfare et chants entonnés par toute la foule, vraiment c’était… c’était vivant. C’est ça, c’était vivant.

Je suis donc d’humeur badine, quand je tombe sur ce « panneau » :

  • Bonjour moi c’est Francis.
  • Francis, je veux juste que tu me confirmes une chose, la pancarte que tu portes est une caricature de Hervé Mariton ?
  • C’est probable. Mais, ce n’est pas moi qui l’ai faite, et on me l’a refilé tout à l’heure (rire), ça se voit que c’est lui, mais je ne sais pas si c’était l’objectif de ceux qui ont fait cette pancarte…
  • Bon, est-ce que tu l’aimes bien Monsieur le Maire ?
  • Ah, pas des masses, non… Je lui reproche un certain nombre de choses, d’abord sur sa politique climatique, il n’hésite pas à aller vers de grands projets inutiles comme le Centre Aquatique, et puis il n’y a qu’à regarder le nouveau PLU (Plan Local d’Urbanisme NDLR) de Crest, c’est vraiment n’importe quoi, notamment en termes d’artificialisations des sols, pour moi c’est un Maire d’un autre siècle, qui est juste en train de vivre comme si on pouvait rien changer… alors que pour moi il faut des objectifs beaucoup plus ambitieux, bref… j’ai un gros dissensus politique avec lui et il me sort un peu par les trous-de-nez le Hervé…
  • Ok. Tout ça a le mérite de la clarté. Alors puisqu’aujourd’hui c’est Carnaval, je te nomme ici et maintenant Maire de Crest, quelle est ta première décision ?
  • On annule le PLU de Crest, et on le refait ensemble, avec une vraie participation citoyenne, pas le truc « bullshit », en mode petits conseils de quartiers… on fait les choses bien, on tire au sort des citoyens qui essaient de co-porter avec les élus, ce PLU, et on pense les choses collectivement, pour faire face aux enjeux climatiques, sociaux qu’il peut y avoir aujourd’hui. Il faut vraiment le savoir, un PLU c’est quelque chose de profondément politique, un PLU ça peut être très ambitieux suivant les objectifs qu’on se donne, et je dirais même que c’est une des dernières choses, à l’échelle de la Commune, qu’on peut vraiment gérer de la bonne manière, parce qu’après, tout part à l’Interco’ et là, c’est beaucoup plus difficile de trouver des marges de négociations démocratiques, écologiques et sociales… Donc, pour moi, le fait d’avoir choisi d’avoir fait un PLU, et pas un PLUI (avec un « i » comme intercommunal NDLR), là on aurait pu faire des choses beaucoup plus intéressantes, et beaucoup plus ambitieuses.
  • Et bien, ça alors… Si je m’attendais… Ce Carnaval est donc aussi politique ?
  • Oh oui, pour moi oui… Il n’y a qu’à voir les réseaux qui sont représentés ici… Il y a beaucoup de gens politisés, il y a beaucoup de personnes qui sont dans pleins de luttes différentes… alors on est ici pour se déguiser, pour faire la fête, pour se retrouver et autre… mais c’est aussi pour porter des revendications qui sont du Monde d’après !

Voilà, le Carnaval arrive à sa fin, le cortège se sépare, il se délite, et je rentre chez moi. Je note au passage la seule marque visible des dommages collatéraux :

Et j’ai une pensée pour cet homme qui déjà « efface les preuves »…

Ça va, je plaisante… !

Et bien, vraiment je vais vous le dire, il eut été dommage que ce Carnaval n’ait pu avoir lieu, car moi je m’y suis retrouvé, l’espace d’un après-midi, j’étais comme l’ambiance générale : j’étais bon-enfant.

Alors que d’habitude, c’est vrai, je suis plutôt un sale gosse.

Mathias Deguelle.

2 réflexions sur “CARNAVAL DE CREST: MI-FESTIF, MILITANT.

  • 14 avril 2022 à 8h00
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    Bonjour,

    Suite à votre article et au plaisir de lire les mots des participant.e.s et la fidélité avec laquel vous redonnez à vivre cette folie carnavalesque auquel nous sommes nombreux et nombreuses à y ajouter notre grain de sable, et ceux depuis des années. Nous aurions été honoré de pouvoir publier votre article sur le site internet de Ricochets. Ou tout du moins le début pour qu’ensuite le/la lecteur.trice puisse être renvoyé vers lebrillant.fr
    Dîtes moi ce que vous en pensez?
    Cordialement,
    L’équipe de Ricochets.

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    • 14 avril 2022 à 10h43
      Permalien

      Merci pour cette proposition. Les articles sont et doivent rester la propriété du brillant.fr.
      Journalistiquement votre!

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