À GERVANNE, « CAMPING », C’EST COMME AU CINÉMA… EN MIEUX!

Bonjour les Brillantes, bonjour les Brillants.

Vous l’avez remarqué, nous vivons un temps où il fait « un froid de canard »…

Hum… Allez, plaisanterie mise à part, la chaleur est presque caniculaire (et il se dit que ce n’est qu’un début, que les mois de juillet / août vont être accablants…).

Je vais commencer à stocker des Mister Freeze.

Aujourd’hui lebrillant.fr s’est intéressé à cette saison estivale qui, climat oblige, a pris une sacrée avance. Nous sommes à la mi-mai et les touristes commencent déjà à déferler… Des touristes, mais aussi des voyageurs, des curieux, qui s’installent provisoirement dans notre département, pour éviter la déferlante des juilletistes et des aoûtiens et donc, pour « prendre du bon temps »…

Alors, conscients que certainement nous allons faire des jaloux parmi celles et ceux qui bossent encore, nous avons choisi le Camping de Gervanne pour connaître « le thermomètre »… non pas celui de la température, mais celui du pourcentage des fréquentations de ce camping connu de tous, à ce moment de l’année.

Je m’approche de la réception, je pénètre dans le lieu. Climatisé. Et j’échange avec l’une des responsables du camping…

L’endroit est saturé de prospectus et autres produits, plutôt dérivés…

L’une des responsables, submergée de travail, m’accorde cinq minutes d’entretien. Je la remercie en lui donnant 3 Bitcoins… Rhôôô… Si on ne peut même plus plaisanter…

  • Bonjour, je m’appelle Catherine, je suis la sœur de Jean-François, et tous les deux nous nous occupons du « Gervanne Camping », qui est un lieu d’accueil et de vacances, situé à Mirabel les Blacons. Alors notre capacité d’accueil est de 142 emplacements de camping, et 32 locations.
  • Vous êtes avec votre frère. Dois-je en déduire qu’il s’agit d’une « affaire de famille » ?
  • Oui tout à fait. Le camping a été créé en 1965 par nos parents, et depuis 25 ans maintenant, nous travaillons tous les deux, mon frère et moi.
  • Quelle sont les conséquences de ces chaleurs un peu prématurées sur le fonctionnement et la fréquentation du camping ?
  • Nous on est ravis, ça a provoqué chez les gens une réelle envie de bouger, on l’a notamment vu sur les week-ends, on a des fréquentations qui ont augmenté de façon vraiment significative.
  • Sur vos 142 places de camping disponibles, aujourd’hui le 23 mai, quel est votre pourcentage d’occupation ?
  • On est à peu près à 40% d’occupation. Mais ça va monter crescendo, on va avoir plus de monde sur le mois de juin. Déjà pour le week-end de l’ascension, on est « overbookés », on a énormément de demandes, pour la Pentecôte se sera pareil… Alors, nous le savons, il y aura un « petit creux », fin juin, début juillet, avant de réattaquer fort sur la saison, parce que les gens ont envie de partir… ça se sent. Et je peux vous le confier, en été nous sommes à 100% d’occupation, et nous devons refuser des clients, du 10 juillet au 15 août… Nous affichons complet (rire).
  • Quel est le portait type du client du camping ? J’imagine que par définition, votre clientèle est très variée…
  • Alors oui, effectivement, on a « de tout »… On a des « locaux », qui viennent de pas très loin, et qui ont découvert à travers le Covid, que finalement, il n’y a pas besoin d’aller trop loin pour prendre du bon temps, parce qu’on a la chance d’être bien situé, près de deux rivières, on a une piscine, on a un environnement qui est juste fantastique, avec la nature que le Drôme nous offre, avec tous ces sites qui nous environnent, ce qui implique des activités sportives ou de pleine nature… donc d’une certaine manière, les gens ont « redécouvert » leur région, et ils ont aussi redécouvert que les campings permettaient de se dépayser sans aller forcément loin, tout en restant au contact de la nature. Ensuite, nous avons aussi des français qui viennent « d’un peu partout », et puis bien sûr il y a des étrangers, des néerlandais… plus d’allemands cette année… et puis un peu plus d’anglais qui reviennent mais c’est plus réduit… sinon nous avons des belges et des suisses.

Je laisse Catherine à ses occupations qui m’ont l’air infinies, et après autorisation de sa part, je quitte le local de réception pour visiter, pour m’engager, sur le théâtre des opérations, l’air de camping.

Suivez-moi… Ça commence plutôt bien…

Et très vite, je rentre dans le cœur du camping. Bon, je vais la faire, parce que là c’est vraiment devenu un passage obligé : « Hey… Le Monsieur à vélo… On n’attend pas Patrick ? ».

Ouf… Je me sens comme libéré… Comme délivré, de m’être débarrassé de cette vanne. Hum. Maintenant, reprenons. Après tout il s’agit du Mégaphone, l’article du mardi du brillant.fr, qui, vous le savez, donne la parole à ceux qui ne sont pas nous.

Donc, d’abord il me faut vous dire que je ne maîtrise pas trop la langue de Shakespeare, j’ai des notions, mais vraiment, je manque de pratique. Tout ça pour en venir à la coulisse de ce reportage. Vous allez lire quatre témoignages, mais pour ma part, sur le terrain, dans le camping, il y eu au moins une vingtaine d’invitations à la conversation, mais la barrière de la langue a donc seulement retenu ces quatre qui soient étaient français ou francophones.

Le camping est un état dans les états qui n’ont pas de frontière.

  • Bonjour, je suis Diane, je suis des Pays-Bas, voilà, je suis hollandaise.
  • Diane, pourquoi la Drôme séduit-elle autant les hollandais ?
  • Ahhh… Ça c’est difficile à expliquer… D’abord avant la Drôme, nous aimons la France… Mais c’est vrai qu’ici, dans la Drôme, il y a cette nature, cette tranquillité… Là, à côté, il y a la rivière… Je n’oublie pas le vin, le fromage… les marchés… Et puis, il y a la possibilité de faire du camping, comme vous pouvez le constater (rire)…
  • C’est amusant. Vous me parlez de nature, de rivière, de tranquillité et de camping, mais vous ne me parlez pas des habitants de la région, les drômoises et les drômois…
  • Les habitants… On ne connaît pas beaucoup d’habitants de la Drôme parce que nous n’habitons pas ici, pour nous c’est juste un moment… un moment de vacances… Mais nous sympathisons avec les gens des campings, des magasins… Alors oui, moi j’arrive à créer le contact puisque moi je suis une hollandaise qui est venue en France à l’âge de onze ans… Mais vous savez, je ne parle français qu’en vacances, quand je suis ici en France, en Hollande, je ne parle pas français, jamais.
  • Ça vous a traversé l’esprit d’imaginer devenir acquéreur d’une maison ici dans la Drôme ?
  • Non. Non. Jamais. (rire), nous sommes trop vieux pour faire ça je crois. Vous savez, dans une semaine, on file vers le sud… vers Saint-Raphaël, Fréjus… Nous aimons ça aussi… Alors qu’avoir une maison ici, c’est toujours « être ici », mais nous, nous avons la caravane, et on peut aller… dans toute la France (rire) !

Et là… je prends la confiance, je ne me l’explique toujours pas, je me retourne vers le mari de Diane. Erreur grave. Il ne cause pas un mot de français. Allez, quand on ne maîtrise pas, on bricole…

  • Bonjour je me l’appelle Hantz…
  • Hantz, why do you like Drôme ?
  • Yeah, maybe because… the rivers of course… that’s number one for us because, we spend a lot of time in the river and « sodiaréainnaïce » and the people are also very friendly people, more than others parts of the France…

Hey, on est pas mauvais… ! Bon à part le «sodiaréainnaïce » qui m’a un peu glissé des doigts, je trouve qu’avec Hanz, on s’en sort plutôt bien…

  • Diane, pour vous, intimement, où se trouvent les différences qu’il y a entre les Pays-Bas et la France ?
  • La différence est énorme !!! D’abord en Hollande il pleut beaucoup, beaucoup trop… Mais c’est difficile à expliquer, en fait, tout est différent… ! Mais vous savez, en Hollande moi j’aime faire de la bicyclette, mais pas ici en France (éclat de rire), c’est trop dur… !
  • Nous allons nous quitter, mais toutefois, je me permets de noter que vous tenez un carnet de notes, une sorte de « carnet de bord »…
  • Oui, oui, je note des impressions. Mais je les écris en hollandais (rire)…

Je me sépare de Diane et Hantz, en  me promettant, un jour de comprendre ce qu’il a voulu nous dire avec cette phrase «sodiaréainnaïce » imprononçable même dans l’école de Poudlard. Mais, après tout, sans mystère, il n’y a pas de vie.

Vous en voulez de la vie ?

Alors, let me present you…

  • Bonjour, je m’appelle Irène, alors moi j’ai beaucoup voyagé… La Drôme… l’Isère… Mais sinon, je suis dans le Rhône actuellement, à Vaulx-en-Velin. Alors, je vais tout vous dire, ici au camping de Gervanne, pour nous c’est la première fois. Alors, pourquoi Gervanne, pourquoi la Drôme? Parce qu’en fait nous ne connaissions que la Drôme Provençale, et particulièrement la région de Nyons, mais nous avons aussi beaucoup visité et sillonné l’Ardèche… Et comme nous sommes et en vacances et en retraite, nous voulions connaître cette autre partie de la Drôme…
  • J’imagine donc que vous allez en profiter pour jouir des beautés du Vercors…
  • Oui, sauf que là… nous n’avons plus que nos deux vélos, car nous sommes en panne de voiture (éclat de rire)…
  • Vous me dites que votre voiture est « hors-service », dites-moi… il ne vous est rien arrivé de grave ?
  • (toujours mdr), oh… non, c’est juste qu’en fait, j’ai un mari qui aime bien bricoler, et là, il a tellement bricolé que il a cassé… heu, tous les fusibles en fait…!

Pour l’instant invisible, mais à portée de voix. Le mari : « C’est pas les fusibles, c’est le boitier ! ».

  • Voilà, il a cassé un boitier de fusibles… Donc la voiture est à Valence, parce qu’il n’y a aucun mécanicien dans le coin, qui a voulu prendre notre voiture, parce qu’ils sont tous « blindés », ils manquent de personnel soi-disant… Alors nous sommes le 13, et la voiture devrait nous être rendu le 30 mai…
  • Le 30 mai… ? Mais de quelle année ?
  • Arrêtez… (éclat de rire), vous n’êtes pas drôle… !
  • Irène, vous me permettez de donner la parole à « Gaston Lagaffe »… ?
  • Très drôle… Bonjour, je m’appelle George.
  • George. Vous venez d’entendre l’accusation. Pour elle, il n’y a pas de doute : Vous êtes l’homme de « la boite noire », pire, vous êtes l’homme « de la boite à fusibles »… Quelle va être votre défense ?
  • (rire inextinguible, souffle et… ouf). Moi je n’ai rien à dire, j’ai fait une ânerie et je l’assume. Alors évidemment la question qui interroge tout le monde c’est : y’a-t-il un mobile ? Bah, je vais vous le dire : le mobile il est simple, fallait pas la toucher cette boite à fusible, du coup j’ai un boitier à changer, je vais en avoir pour 400 Euros. Verdict : je suis très content… (rire jaune).
  • Hey… Irène et George, si j’étais un gentil lutin qui vous amenait un bon gros paquet d’oseille, vous l’achèteriez cette maison en Drôme… ?
  • Oh non. D’abord parce qu’il fait trop chaud. Alors, nous on vit en appartement à Vaulx-en-Velin, et en plus on a la chance d’avoir un petit studio à la montagne, alors… Et puis, moi, je vais vous dire, je n’en veux plus des maisons… Maintenant, j’ai ma caravane, et ça me va très bien… !

Quand je m’éloigne de Irène et George, j’ai comme le sentiment que c’est l’environnement qui recule. Comme un tapis de marche qui roulerait dans le mauvais sens. Alors, je marche en avant pendant que défilent en arrière mes souvenirs personnels de camping d’une jeunesse passée qui avance en flash-back… Vous suivez? Vous me précédez? Ouf.. Merci… Comme ça fait plaisir d’être compris… !

Et là bim… ! Je tombe sur un couple qui coche toutes les cases.

Bon en fait il n’y a que trois cases.

Jeunes, pas cons et sexy.

  • Bonjour, je m’appelle Marion, je viens d’un petit village au-dessus de Chartreuse, au nord de Grenoble, et vraiment on est venus pour les rivières, c’est pas très loin de chez nous, et c’est vraiment dépaysant.
  • Bonjour, moi je m’appelle Nathanael, et je confirme ce que je viens d’entendre : je viens, moi aussi, passer du bon temps avec ma chérie dans les rivières…
  • Alors… imaginons… imaginons que votre attirance soit la conséquence d’un de ces trois éléments : le premier : le minéral, et nous sommes aussi ici, dans une région entourée de roches, le deuxième élément, serait l’aquatique, vous l’avez dit, il y a ici de magnifiques rivières, et le troisième et dernier élément, serait le végétal ou les végétations… Marion… ?
  • Alors, du fait qu’on vient de la montagne… Ici, ce n’est pas du tout le même type de végétation, et même… (elle tape le sol du pied droit, NDLR), c’est pas le même type de sol… et même, ce ne sont pas les mêmes types de rivières, ici c’est « baignable »… En fait ici, c’est un peu un mélange de tout, il y a du relief, il y a des arbres, on peut se baigner, les rivières sont belles et différentes… il fait beau… Bref, voilà quoi… T’es pas d’accord Nathanael ?
  • Si, absolument, et personnellement je suis moi à la recherche de lieux tranquilles, dépaysants, qui ne soient pas surpeuplés… Et puis l’équation : soleil, végétation, rivière, je trouve ça très agréable, oui…
  • Vous êtes tous les deux amoureux, ça crève les yeux… Vous avez imaginé, fantasmé… De pouvoir un jour, peut-être, fonder une famille, et faire l’acquisition d’un habitat, ici, dans la Drôme ? Marion ?
  • Non. D’abord parce qu’on aime bien bouger, et on a déjà une maison, et ça c’est déjà… c’est beaucoup… (un temps), c’est beaucoup de travail…
  • Marion, Nathanael… nous nous rencontrons ici dans un camping, sorte de bivouac, ou peut-être une étape, mais vous avez derrière-vous une maison qui elle, est une sédentarisation. Alors, Nathanael, ça veut dire quoi « le nomadisme » ?
  • Mais en fait, le nomadisme peut très bien être « oui » et « non »… Tu sais, il y a juste le plaisir « de bouger ». Et « bouger », ne veut pas forcément dire bouger très loin. Alors nous on vient ici parce qu’on a eu plaisir à découvrir le lieu, mais l’ensemble du Massif des Alpes est à mes yeux aussi absolument grandiose. Et c’est pour ça que j’y reviens.
  • Marion… Nathanael… La nature vous réunit… ! Nathanael… que penses-tu de mon diagnostic… ?
  • Je confirme. Nous avons plusieurs lieux de convergences.

Je salue mon interlocutrice, et mon interlocuteur.

Plus tard, je me pose quand même la question : est-ce que le mot « convergence » est un mot en trois ou quatre syllabes?

Et puis, vous savez quoi? Je suis passé à autre chose…

Je m’apprête maintenant à quitter « Le Camping de Gervanne », 1175 Avenue des Trois Becs, 26400 Mirabel et Blacons. +33 (0)4.15.40.00.20

info@gervanne-camping.com

www.gervanne-camping.com

Voila, alors tous ces contacts si je vous les transmets, c’est juste pour une raison, c’est que si moi j’ai été si bien reçu, alors vous… ça va être Elvis à Las Vegas… !

Et puis si les images de camping sont votre madeleine de Proust, si la vue d’une caravane vous met la larme à l’œil, alors rendez-vous ce jeudi pour un Photogram que j’ai envie d’appeler : « Si ma tente avait des roues, on l’appellerait ma caravane ».

Un bon mot que j’ai piqué à mon très cher Olivier de Kersauzon.

Textes et Photos : Mathias Deguelle.

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